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Liban - Liberté De La Presse

Les agresseurs deviennent « agressés » : les dédouaneurs en grève, le carburant touché

Mardi, les images de journalistes puis de membres de la société civile qui se faisaient agresser devant le bâtiment de la Direction générale des douanes à Beyrouth indignaient le Liban. Hier, ce sont les dédouaneurs au port et à l'aéroport qui protestaient contre ce qu'ils ont appelé « l'agression contre la direction générale ». Des sit-in ont été organisés devant le bâtiment des douanes, au cours desquels le directeur des douanes par intérim, Chafic Merhi, et le responsable sécuritaire qui était en poste au moment des faits, le colonel Ibrahim Chamseddine, ont été traités en héros. Un contraste saisissant...


L'incident avait éclaté quand des journalistes de la chaîne al-Jadeed se sont déplacés devant le siège de la direction des douanes pour exiger, en utilisant un haut-parleur, de parler au directeur par intérim, Chafic Merhi, dans le cadre de leur enquête contre la corruption. Ils ont été agressés devant les caméras par des agents des douanes armés jusqu'aux dents. Des manifestants qui venaient plaider leur cause ont subi le même sort. Les quatre journalistes, Riyad Kobeissi, Ali Chraim, Ali Khalifé et Adib Farhat, avaient ensuite été entendus par la justice et relâchés vers 21 heures.

 

Images transmises à L'Orient-Le Jour par un témoin.


L'enquête lancée par le procureur général Samir Hammoud se poursuivait hier. Des manifestants ayant été victimes des violences le jour d'avant ont été entendus par les enquêteurs. Mais, a noté la chaîne al-Jadeed dans son bulletin d'informations hier soir, « aucun des agents de sécurité coupables de l'agression n'a été entendu par la justice ou arrêté ». À savoir que la chaîne a porté plainte contre les agresseurs dès mardi soir, nommant particulièrement le colonel Ibrahim Chamseddine, qui aurait, selon elle, donné les ordres.
La Direction générale des douanes, qui avait déjà publié un communiqué mardi soir déclarant que « les agents de sécurité ont été poussés à réagir » parce que les journalistes « voulaient prendre d'assaut le bâtiment », a poursuivi sa contre-attaque hier. Chafic Merhi a affirmé que « ce qui s'est passé hier (mardi) n'était pas du domaine du travail journalistique, mais un signe d'irrespect envers l'État, ce que nous n'acceptons pas, voilà pourquoi nous nous sommes défendus ».


Une source restée anonyme a indiqué à l'agence al-Markaziya que « l'incident, qui a eu lieu devant le bâtiment des douanes, avait tout l'air d'avoir été provoqué ». Toujours selon cette source, « Chafic Merhi a donné trois interviews à al-Jadeed et leur a proposé de donner suite à toute information que les journalistes lui soumettraient sur la corruption dans son service », assurant que « la chaîne n'avait pas obtenu d'autorisation du ministre (des Finances Mohammad Safadi) pour cette interview qui est à l'origine de l'incident ». Cette version est totalement contraire à celle de la chaîne, qui a assuré avoir obtenu une autorisation du ministre et que le directeur des douanes n'a jamais voulu répondre aux questions des journalistes.

 

 

Essence et mazout non livrés
La grogne des dédouaneurs, qui s'est matérialisée par une grève à l'aéroport et dans différents ports, a eu des conséquences économiques hier. Les fonctionnaires des douanes n'ayant pas regagné leurs bureaux aux sièges des compagnies pétrolières, celles-ci n'ont pu livrer leur marchandise au marché. Les compagnies ont effectué des contacts avec les responsables afin de trouver des solutions.


Du côté des grévistes, il y avait deux opinions, selon les sources d'al-Markaziya : l'une qui se suffisait d'une seule journée de grève et l'autre qui insistait pour que le mouvement se poursuive deux à trois jours supplémentaires. Le président du syndicat des agents de transport maritime, Hassan Jaroudi, a estimé qu'il « n'y a pas de nécessité de prolonger la grève ». Il a assuré que les dédouaneurs « compenseront le retard demain (aujourd'hui) lors d'une journée de travail normale ».


Malgré la contre-attaque des douanes, de multiples réactions de soutien aux journalistes agressés se sont poursuivies hier. Sur son compte Twitter, l'ambassade des États-Unis a exprimé « sa déception » concernant la manière dont Riyad Kobeissi et ses collègues ont été traités.


L'ancien Premier ministre Salim Hoss a estimé que l'agression « est contre la loi et menace la liberté d'expression et le droit des journalistes à l'information ». Il a déploré « les comportements miliciens de certains services de l'État ».
Le ministre démissionnaire de l'Information, Walid Daouk, s'est dit confiant que « la justice, qui s'est saisie de ce dossier, prendra les mesures qui s'imposent et pénalisera de manière stricte tous ceux qui ont enfreint la loi ».
L'ancien ministre Adnane Kassar, président des instances économiques, a jugé « inacceptable » la réaction des agents de sécurité contre les journalistes. Il a exprimé sa solidarité avec les journalistes, soulignant que la liberté de presse devait être protégée « afin que le Liban conserve sa spécificité ».
Le bâtonnier de Beyrouth, Georges Jreige, a déclaré que « le travail journalistique fait partie intégrante du concept des libertés ». L'Association libanaise pour la démocratie des élections (LADE) a trouvé que « les institutions de l'État ont prouvé une fois de plus qu'elles se transformaient en outils au service des intérêts individuels ». Elle a vu dans cet incident « un signe d'affaiblissement de la démocratie au Liban et de l'effondrement du concept des institutions de l'État ». Et de conclure : « Nous n'accepterons pas que le dossier soit refermé avec la libération des journalistes. Il faut que l'opinion publique soit informée sur les tenants et aboutissants de cet incident afin de demander des comptes aux coupables. »

Mardi, les images de journalistes puis de membres de la société civile qui se faisaient agresser devant le bâtiment de la Direction générale des douanes à Beyrouth indignaient le Liban. Hier, ce sont les dédouaneurs au port et à l'aéroport qui protestaient contre ce qu'ils ont appelé « l'agression contre la direction générale ». Des sit-in ont été organisés devant le bâtiment des douanes, au cours desquels le directeur des douanes par intérim, Chafic Merhi, et le responsable sécuritaire qui était en poste au moment des faits, le colonel Ibrahim Chamseddine, ont été traités en héros. Un contraste saisissant...
L'incident avait éclaté quand des journalistes de la chaîne al-Jadeed se sont déplacés devant le siège de la direction des douanes pour exiger, en utilisant un haut-parleur, de parler au directeur...
commentaires (3)

Pays de singes ou les voleurs sont rois et protestent toujours pour un meilleur butin

Sabbagha Antoine

14 h 48, le 28 novembre 2013

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Commentaires (3)

  • Pays de singes ou les voleurs sont rois et protestent toujours pour un meilleur butin

    Sabbagha Antoine

    14 h 48, le 28 novembre 2013

  • AU SERVICE DE LEUR "PROPRE COSA NOSTRA" ET NON AU SERVICE DE L’ÉTAT.... ET DANS QUEL ÉTAT ILS ONT EN FIN DE COMPTE FINI PAR METTRE CE PAUVRE EMBRYON "D'ÉTAT" POST-MANDAT ! MANDAT LUI, PRÉMATURÉMENT ET TROOOP TÔT PARTI.... YÂ HASSIRTÎHHH !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 10, le 28 novembre 2013

  • LA JUNGLE S'EST INSTALLÉE POUR DE BIEN DANS LE PAYS !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    01 h 22, le 28 novembre 2013

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