Pour le ministre libanais des AE, Adnane Mansour, le seul danger militaire dans la région vient d’Israël.
L'accord préliminaire sur le nucléaire iranien à peine conclu, les réactions libanaises se sont multipliées. Pour l'instant, les deux camps estiment qu'il aura des répercussions positives sur la situation interne. Cela pourrait être un point d'accord, mais, en réalité, chacun l'interprète à sa façon et selon son point de vue. Le premier commentaire officiel est venu du ministre des Affaires étrangères du gouvernement démissionnaire Adnane Mansour qui a estimé que cet accord est positif, ajoutant qu'il faut que les pays arabes se penchent désormais sur le programme nucléaire israélien. Selon Mansour, cet accord aura pour première conséquence d'assainir les relations tendues entre l'Occident et l'Iran et constitue un pas important vers la réalisation d'un Moyen-Orient sans armes de destruction massive. Il a aussi estimé que l'Iran a montré « sa bonne volonté » par le biais de cet accord. Mansour a estimé que le seul danger nucléaire pour la région vient du programme israélien et il a rappelé qu'Israël avait exigé le report de la conférence sur un Moyen-Orient sans armes de destruction massive qui devait se tenir à Helsinki en 2012, alors que tous les autres États concernés avaient accepté d'y participer. Toujours selon Mansour, cet accord pourrait aider à trouver des solutions pour les dossiers en suspens dans la région, d'autant qu'il a permis de préciser les positions de nombreux pays et que le seul perdant est Israël.
De leur côté, des députés du 14 Mars, Nabil de Freige et Fady Karam, ont estimé que la conclusion de l'accord est positive, d'autant qu'elle n'aurait pas pu avoir lieu, selon de Freige, si les sanctions économiques contre l'Iran n'avaient pas donné leurs fruits. De Freige a aussi précisé que le seul fait que le secrétaire général du Hezbollah soit apparu à deux reprises en public, tenant des propos de vainqueur, est un signe de faiblesse et montre combien le Hezbollah est inquiet de la conclusion d'un accord sur le nucléaire entre la communauté internationale et l'Iran. « Ses apparitions successives montrent que sayyed Nasrallah veut à tout prix mobiliser ses partisans ». Il a ajouté que le Hezbollah s'est impliqué dans une trop grosse affaire, qui est la guerre en Syrie, et, selon lui, une fois la bataille de Qalamoun terminée, il retirera probablement ses troupes de Syrie.
Le député membre des Forces libanaises Fady Karam s'est montré plus prudent, estimant qu'il est encore trop tôt pour analyser les détails de l'accord de Genève, ajoutant que ce type d'accords n'est pas technique mais politique et il exige une concession de l'Iran, d'autant qu'économiquement, ce pays traverse une grave crise. Sur quel dossier la concession a-t-elle été faite ? Fady Karam ne le dit pas, se contentant d'ajouter qu'il se peut que cet accord n'ait été signé par l'Iran que pour gagner du temps. Il a espéré que le Liban n'en fasse pas les frais, rappelant que la revendication des Forces libanaises et du 14 Mars est de se tenir à l'écart du dossier syrien. Il a aussi ajouté que l'ère des tuteurs est terminée et il n'est donc pas possible que l'Iran soit le tuteur du Liban à travers le Hezbollah.
Par contre, dans une déclaration au site Nowlebanon, un député du Hezbollah qui a requis l'anonymat a estimé que l'accord sur le nucléaire iranien serait « une perte de plus pour le 14 Mars, qui a montré une fois de plus qu'il fait les mauvais paris ». Selon Nowlebanon, le député aurait aussi déclaré que les conséquences de cet accord seront bientôt visibles à travers l'échéance présidentielle libanaise, par le biais de l'élection « d'un président fort ». Le député aurait aussi estimé que c'est la première fois que les États-Unis ont une approche réaliste des dossiers de la région en reconnaissant le rôle régional de l'Iran. Selon ce député, cet accord devrait être suivi d'autres, notamment sur le dossier syrien, dans un processus qui met l'accent sur l'importance du double rôle irano-russe dans la région.


CHACUN LE VOIT DE SON ANGLE DE VUE... PERSONNE NE LE VOIT D'UN ANGLE GÉNÉRAL QUI POURRAIT, SI BONNE VOLONTÉ EXISTE DES DEUX CÔTÉS, ROFITER À TOUTE LA RÉGION !
19 h 27, le 25 novembre 2013