Le viol, arme « psychique » de destruction massive...

Les ONG tirent la sonnette d’alarme

Rima Abi Nader, chef du Centre d’accueil et d’écoute de KAFA, dévoile le nombre de victimes de violence domestique qui ne cesse de croître.

L'État ne possède aucun mécanisme de prise en charge et de soutien des femmes battues et abusées. Les Libanaises en situation précaire au sein de leurs foyers n'ont bien souvent d'autres recours que de se tourner vers leurs familles, sans être sûres que celles-ci les accueilleront : la mentalité qui prévaut veut qu'une femme « comme il faut » encaisse le coup et reste au sein de la maison pour sauver les apparences. Des associations de solidarité féminine ont vu le jour pour combler ce vide. Elle sont sollicitées par des femmes seules, démunies, exploitées, victimes de violence domestique. À l'issue d'une entrevue, la responsable de l'association KAFA, Rima Abi Nader, chef du centre d'écoute et d'accueil, dévoile le nombre de victimes de violence domestique (viol conjugal, agressions sexuelles), qui ne cesse de croître. « Les chiffres parlent d'eux même : 172 demandes d'aide en 2011, 200 en 2012, pour atteindre 245 nouvelles en 2013 », précise-t-elle.
« Pour ces personnes désemparées, KAFA ouvre ses portes, souligne Mme Abi Nader. Elles peuvent se présenter au centre, où elles seront en mesure d'obtenir des conseils d'ordre social, des services psychologiques et de bénéficier de consultations juridiques, les informant sur les lois et sur leurs droits. En collaboration aves des maisons d'accueil, elles seront dirigées vers des refuges, malheureusement trop peu nombreux au Liban : refuges dont la capacité est limitée, vu le gonflement régulier de la liste des demandes et le défaut de financement de la part du gouvernement. Ces refuges sont tenus par des équipes multidisciplinaires spécialisées, tant professionnelles que bénévoles. »
KAFA a pour mission également d'assurer un service d'écoute afin d'évaluer les besoins des personnes agressées et d'élaborer avec elles un plan d'action qui les aidera à se libérer de la manipulation et de l'emprise de leur bourreau.


L'État ne possède aucun mécanisme de prise en charge et de soutien des femmes battues et abusées. Les Libanaises en situation précaire au sein de leurs foyers n'ont bien souvent d'autres recours que de se tourner vers leurs familles, sans être sûres que celles-ci les accueilleront : la mentalité qui prévaut veut qu'une femme « comme il faut » encaisse le coup et reste au sein de...