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Économie - Subprime

Des milliards de dollars d’amendes dompteront-ils les excès de Wall Street ?

JPMorgan accepte de payer le record de 13 mds USD aux États-Unis.

Les 13 milliards de dollars, que JPMorgan a accepté de verser pour mettre fin aux poursuites sur les subprimes des États-Unis, pourraient marquer un tournant pour le secteur. Reuters/Mike Segar/Files

L’accord annoncé mardi entre les États-Unis et JPMorgan témoigne de la multiplication des très lourdes amendes imposées par les autorités américaines aux banques dans l’affaire des « subprimes », mais il n’est pas sûr qu’elles parviendront à changer les pratiques à Wall Street.
Les banques avaient racheté, regroupé et vendu à des centaines d’investisseurs des titres dérivés de prêts hypothécaires accordés à des ménages insolvables.
Elles sont poursuivies pour avoir dissimulé à ces banques, fonds de pensions ou organismes publics le caractère très risqué de ces produits, dont la valeur s’est effondrée pendant la crise immobilière entre 2007 et 2009, plongeant les États-Unis dans la récession et propageant une grave crise du crédit sur les marchés du monde entier.
Pour Erik Oja, analyste de S&P Capital IQ, les 13 milliards de dollars que JPMorgan a accepté de verser pour mettre fin aux poursuites sur les subprimes des États-Unis, au civil du moins, pourraient marquer un tournant pour le secteur.
Bank of America a déjà payé 11,6 milliards de dollars en janvier à Fannie Mae, un organisme de refinancement hypothécaire sous tutelle de l’État.
Chez les autres grandes banques généralistes, Wells Fargo pourrait voir amendes et règlements de contentieux liés aux subprimes se multiplier, et « chez Citi ça continue », note M. Oja.
« Mais étant donné que le plus gros de ces litiges semble dorénavant derrière Bank of America et JPMorgan Chase, les autres règlements à l’amiable devraient être plus petits », estime M. Oja.
Wall Street a d’ailleurs salué l’accord de mardi avec le département américain de la Justice : l’action de JPMorgan Chase a pris 0,70 % à 56,13 dollars, celles de Bank of America 1,91 % à 15,21 dollars, Citi 0,73 % à 51,16 dollars et Wells Fargo 0,32 % à 43,55 dollars, dans un marché en légère baisse.
Pour Jacob Frenkel, avocat spécialisé dans les affaires boursières, les récents accords à l’amiable avec le gouvernement américain représentent toutefois, « un précédent dangereux », « une course aux milliards ».
« Au cours du mois passé, nous avons eu JPMorgan Chase, l’accord à 1 milliard de dollars avec le fonds spéculatif SAC Capital, un accord à 2 milliards de dollars avec » le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson qui doit encore être officialisé, argumente-t-il.

Zones de fragilité
« Il est malsain de penser qu’il est permis de pénaliser les actionnaires » en punissant les entreprises, « quand l’accent devrait être mis sur les poursuites contre les individus qui ont permis ces » conduites illicites, insiste M. Frenkel, tout en soulignant que l’absence de poursuites pénales jusqu’ici est en grande partie due à « la difficulté d’apporter les preuves » d’une intention criminelle.
Malgré les additions de plus en plus lourdes pour les banques et les amendes de plusieurs milliards imposées par les autorités, ces accords à l’amiable où de rares banquiers sont condamnés – souvent des petits poissons comme le Français Fabrice Tourre chez Goldman Sachs – ne parviendront pas à décourager les opérateurs de Wall Street de se lancer à nouveau dans des conduites risquées, estime M. Frenkel.
Erik Oja ne pense pas non plus qu’un montant record comme celui de mardi puisse changer les comportements du secteur financier.
« De nouveaux dirigeants arriveront aux commandes » des banques, « l’histoire sera oubliée et Wall Street trouvera d’autres manières de s’engager dans des comportements risqués » mais potentiellement très lucratifs comme l’ont été un temps les titres « subprime », explique-t-il.
M. Oja note qu’il est important que la règle de Volcker, destinée à limiter les investissements en propre des banques, notamment dans les dérivés, soit mise en œuvre, mais il estime qu’elle ne suffira pas non plus.
Pour l’analyste de S&P Capital IQ, des zones de fragilité subsistent dans « les cartes de crédit et les prêts commerciaux, moins bien régulés que ne l’étaient les prêts hypothécaires ».
Le scandale des manipulations du taux interbancaire du Libor, sujet d’une enquête internationale qui vise plusieurs grandes banques, n’a pas non plus fini de faire parler de lui.
JPMorgan Chase et Citi sont en outre visées par une enquête internationale pour manipulation de taux de change, qui pourrait s’avérer « extrêmement conséquente », selon le ministre de la Justice Eric Holder.

(Source : AFP)

L’accord annoncé mardi entre les États-Unis et JPMorgan témoigne de la multiplication des très lourdes amendes imposées par les autorités américaines aux banques dans l’affaire des « subprimes », mais il n’est pas sûr qu’elles parviendront à changer les pratiques à Wall Street.Les banques avaient racheté, regroupé et vendu à des centaines d’investisseurs des titres dérivés de prêts hypothécaires accordés à des ménages insolvables.Elles sont poursuivies pour avoir dissimulé à ces banques, fonds de pensions ou organismes publics le caractère très risqué de ces produits, dont la valeur s’est effondrée pendant la...
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