Jean-Louis Sourioux, tyrien de France.
Le Pr Jean-Louis Sourioux est une véritable légende à l’USJ, où il a débarqué comme coopérant dans les années 60. Son assiduité d’enseignant lui vaut d’avoir enseigné à ce jour deux générations de juristes. Le doyen sortant de la faculté de droit, Fayez Hage-Chahine, a été l’un des ses élèves.
Mais le plus surprenant, c’est que ce Libanais de cœur va jusqu’à affirmer qu’il est aussi « libanais d’origine ». « D’après une étude faite par un linguiste familier de l’araméen, mon nom de famille se décompose en Sour, qui désigne la ville de Tyr, et “you”, qui veut dire “originaire de”, dit-il. Plus tard, je devais apprendre que la lettre “x” qui figure à la fin de mon nom de famille s’explique aussi : en France dans l’ancien droit, au bout d’un certain temps, on ajoutait un “x” au nom des personnes qui venaient d’ailleurs, comme signe d’intégration. Je suis du centre de la France, d’une ville près d’Aubusson. »
« Mon attachement vraiment total, entier, au Liban a été scellé non pas durant mon premier séjour, au terme duquel je devais administrativement rentrer en France, mais lorsque je suis venu pendant les heures sombres du pays, reprend le juriste. J’avais déjà été marqué par la grande hospitalité que mon épouse, moi-même et notre petite fille avions rencontrée durant mon premier séjour, de sorte que lorsque le Liban a connu des heures sombres, en apprenant que l’université continuait à fonctionner, j’ai décidé d’y venir enseigner. Là, j’ai été extrêmement touché par le courage de ce peuple, de ses jeunes qui venaient assister au cours envers et contre tout. J’ai été frappé par la chaleur des Libanais et leur sourire par-delà tous les problèmes, leur hospitalité de tous les instants, leur délicatesse, leur ouverture à l’international, leur très grande richesse intellectuelle, culturelle, linguistique. »
« J’enseignais le droit dans une salle et j‘entendais les coups de feu, reprend le Pr Sourioux. Là, je me suis posé la question des limites du droit. » « Non, enchaîne-t-il, je n’y ai pas trouvé de réponse institutionnelle, Mais sur le plan individuel, si. Pour moi, le Liban est une grande leçon de vie. Comme français venant d’un État hypertrophié, le Liban m’a appris qu’il n’y a de richesse que d’homme. C’est l’essentiel. De ce point de vue-là, le Liban est un message pour de nombreux pays. Et je suis persuadé qu’il le restera toujours. Je crois à la pérennité des Libanais
parce que le cœur et l’humanité, en dépit de toutes les difficultés et les drames, ressortent toujours. »
F. N.


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