« Vous avez légitimé notre meurtre. Dès lors, votre sang est “halal” pour nous (il est permis de vous tuer, NDLR) », a-t-il lancé à l’adresse des FSI. De plus, il a promis de « trancher la tête wahhabite-saoudienne présente à Jabal Mohsen ».
« Il semble que l’Arabie saoudite s’est infiltrée dans l’armée à travers quelques officiers en liaison avec le chef des services de renseignements des Forces de sécurité intérieure, Imad Osman », a-t-il dénoncé.
« L’enquête, un projet de discorde »
Non seulement le double attentat de Tripoli serait le résultat d’un travail « de services de renseignements libanais, saoudiens et israéliens, que les habitants de Jabal Mohsen ont mis en échec », mais également l’enquête qui s’est ensuivie. « L’enquête sur le double attentat de Tripoli n’est plus une affaire juridique, mais un projet de discorde, a-t-il déclaré, et si les trois présidents se taisaient sur cette affaire, ils seraient des complices du crime contre le Liban. »
Rappelons que le premier juge d’instruction militaire Riad Abou Ghida avait lancé jeudi un mandat d’amener contre le leader alaouite Ali Eid (père de Rifaat Eid) pour l’interroger demain. Le chef du Parti arabe démocratique (PAD) est aussi sous le coup d’un mandat de recherche. Il est soupçonné d’avoir aidé Ahmad Merhi, le principal suspect dans le double attentat, à fuir en Syrie. Ahmad Mohammad Ali, chauffeur de Rifaat Ali Eid, aurait avoué lors de son interrogatoire avoir aidé Ahmad Merhi à fuir en Syrie à la demande de l’ancien député. Ali Eid avait affirmé une semaine plus tôt qu’il ne répondrait pas à la convocation que lui ont adressée les services de renseignements des FSI.
À la mi-octobre, Rifaat Eid avait également rejeté les accusations portées contre des habitants de Jabal Mohsen dans le double attentat de Tripoli.
Lors de la conférence de presse samedi, il a indiqué que les services de renseignements de l’armée « ont imposé à Ahmad Ali, sous la torture qui a duré toute une semaine, de citer les noms de Ali Eid ou de Rifaat Eid » comme acteurs dans ce double attentat. « Et le héros Sakr Sakr (le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, NDLR) a ensuite transféré Ahmad Ali aux services de renseignements des FSI au lieu de le transférer au juge », a-t-il poursuivi.
De plus, il est revenu sur « le document que les services de renseignements des FSI avaient laissé filtrer sur une soi-disant altercation entre Ahmad Ali, le chauffeur de Ali Eid, et l’armée, lors de l’arrestation du premier, et qui s’est révélée erronée ». Il a appelé le commandant en chef de l’armée et le directeur des services de renseignements de l’armée à enquêter sur ces deux affaires qu’il a soulevées. Et de poursuivre : « Ils veulent nous impliquer dans un conflit avec l’armée, mais cela n’arrivera pas. » Répétant qu’il est « interdit à l’armée d’entrer à Bab el-Tebbaneh », il a déploré « le siège imposé à Jabal Mohsen depuis plusieurs jours ».
Charbel dénonce « un langage takfiriste et criminel »
S’adressant également à son père Ali, au nom de la communauté alaouite, il a lancé : « Nous sommes avec toi. Sois certain que nous ne permettrons pas à l’Arabie saoudite de te poignarder dans le dos. »
S’adressant enfin au ministre sortant de l’Intérieur, Marwan Charbel, il a déclaré : « Vous êtes responsable de tous les détenus jusqu’à leur comparution devant la justice. » Selon lui, « ce qui s’est passé n’est pas dangereux pour Ali Eid uniquement, mais aussi pour la paix civile ».
Plus tard en soirée, le bureau du ministre Charbel a répondu à Rifaat Eid, assurant dans un communiqué que « la légitimation, par n’importe quelle partie, de l’assassinat des autres est un langage takfiriste et criminel passible de poursuites judiciaires ».
Les propos du leader alaouite seraient les plus clairs et les plus violents depuis la reprise des combats à Tripoli, selon certains observateurs. Alors que nombre d’analystes parient sur le rapprochement irano-saoudien, qui viendrait décanter la situation de crise, précisément au Liban, Rifaat Ali Eid a mené une attaque indirecte à l’intérieur du pays, relèvent les observateurs.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Oh lala...qu'est ce que nous avons comme ennemis...l'As,le Qatar,Israël,les USA,les occidentaux en général,la Syrie,l'Iran...c'est toujours la faute des autres...jamais celle des Libanais...ce qui est formidable avec nous,c'est que nous sommes les rois de l'auto-absolution...un pot de fleurs tombe d'un balcon?(je rigole,on déteste les fleurs et la nature),c'est la faute de l'ennemi extérieur.Une histoire d'amour tourne mal? c'est Israël. Un produit est avarié? C'est,euh,je ne sais plus...nous sommes devenus un pays de gens mineurs,au sens juridique du terme...irresponsables,à défaut d'être non-responsables.
11 h 52, le 12 novembre 2013