Et au bout d’un siècle et demi de complots, de guerres internes, de haines confessionnelles, de batailles fratricides et de lâches assassinats, nous qui nous prétendons éminemment intelligents, nous n’avons toujours rien fait, rien compris. C’est pathétique !
Nos aïeux avaient déjà commencé à prendre le chemin de l’exil, puis nos grands-parents. Notre génération, échaudée depuis 1975 par des affrontements barbares, a massivement suivi l’exemple, et voilà que nos propres enfants s’y mettent.
Où allons-nous et quand allons-nous assister à l’avènement du nouveau Liban ? Quand comprendrons-nous que le peuple, tout le peuple, est dégoûté, las, désabusé et démotivé ? Quand nous soulèverons-nous enfin pour éradiquer le pays de toute la classe dirigeante, tous ces produits du féodalisme politique, tous ces suppôts de nos bourreaux et tous ces oscarisés de la corruption ? Quand apprendrons-nous à devenir un peuple uni ? Quand émergerons-nous de l’anarchie, de la jungle et du Far West? Quand apprendrons-nous le respect d’autrui et la discipline caractérisant tout pays civilisé ? C’est déplorable !
Non, nous ne sommes plus ni des 14 ni encore moins des 8. Non, nous n’avons confiance en aucun des pays voisins, éloignés, amis ou alliés. Oui, nous aspirons à l’indépendance (la vraie), à la souveraineté (la vraie), à une seule armée puissante, à la coexistence, aux chances égales, et surtout à la laïcité car elle seule nous sauvera.
Nous ne lisons plus les journaux, nous n’écoutons plus les nouvelles, nous fuyons comme la peste les talk-shows ineptes et les déclarations vaseuses, ponctuées de débiles tirs de joie faisant toujours des victimes de balles perdues, comme si il ne nous suffit pas de mourir dans des attentats à la voiture piégée... Nous vivotons, nous survivons à coups de bouffées d’oxygène que nous procurent tant notre merveilleux climat que nos voyages vers des cieux civilisés et plus cléments.
Les touristes nous ont abandonnés et c’est à peine si les expats se souviennent de notre existence. L’économie est en berne, à l’instar de notre drapeau, de plus en plus rouge à force d’inutiles tueries et de martyrs. Notre système bancaire, le seul qui nous sauvait jusque-là, est sérieusement miné par des scandales et des opérations douteuses. Et notre passeport, qui déjà n’était pas une référence,
devient de plus en plus lourd à arborer.
Nous ne voulons plus de nos « chefs », tous nos chefs, où qu’ils se terrent. Nous ne voulons plus de religieux faisant de la politique ou de politiciens versant dans la religion, ni de militaires au pouvoir ou de pouvoir tributaire des armes. C’est d’une transfusion ex-sanguino totale que nous avons besoin, selon le diagnostic établi par la grande majorité des Libanais.
Nous voulons devenir (redevenir ?) un « grand peuple ». Voilà pourquoi c’est une révolution qu’il nous faut, un chambardement, une nouvelle Constitution, un nouveau système électoral et des personnes compétentes et méritantes à la tête de ce misérable petit pays... Avant qu’il ne soit trop tard, avant que nous partions tous, avant que nos enfants oublient leurs racines, avant que notre bêtise (et pas du tout notre brillante intelligence) nous perde à jamais.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
J'ai beaucoup aime ce dégonflement, si bien justifie, Danielle. Oui, cessons de nous croire intelligents, car nous ne sommes en réalité que des touche-à-tout. Nous sautons allégrement d'un sujet à un autre, sans jamais nous concentrer a achever notre œuvre de réflexion. D’ailleurs il suffit de lire les commentaires et les suggestions qui fusent de partout sur les pages de face book pour s’en rendre compte. Nous voulons tout faire à la fois et nous n’aboutissons malheureusement à rien, en fin de compte. Et pourtant il aurait été tellement plus facile de commencer par le commencement et de procéder, étape, par étape, afin de cerner le problème, quel qu’il soit, et en dénicher la solution. Mais non, ceci est trop ennuyeux. Ceci revient à tenter de couper le cheveu en quatre. Il est tellement plus intéressant de prétendre avoir une vue d’ensemble et laisser les détails au menu peuple. Mais le dicton ne dit-il pas : « tout est dans les détails » ?
09 h 39, le 07 novembre 2013