C’était la mi-août tout simplement. Croyante mais pas dévote, j’avais accompli le matin même mes devoirs envers Dieu et les hommes.
Une nouvelle journée s’annonçait et m’enchantait tout à la fois. Bientôt le tapis vert, des partenaires de choix, sans oublier les petits biscuits trempés dans un délicieux café qui embaumait et que je humais déjà.
À 21h30, sans raison apparente, allongée à même le sol de la cuisine, sans doute à la suite d’une chute, je tentais d’appeler à l’aide.
Agir vite et sans réfléchir, tenir bon, loin de moi l’image d’une « has been » vacillante.
De la main gauche qui commençait à se raidir, j’avisai des bouteilles d’eau entassées au coin du frigidaire, de quoi m’abreuver, ne pas sombrer dans l’inconscience, et de quoi me servir d’oreiller jusqu’au petit matin.
Des sonneries de tout genre résonnaient dans la maison illuminée et rappelaient mon infortune.
Cela faisait des heures que je luttais pour rester réveillée. Des émissions sur TV5 se succédaient au rythme des génériques qui me situaient dans le temps, les flashs d’information, les rubriques culturelles, les séries à succès Plus belle la vie, Tout le monde veut prendre sa place, ironie du sort, pas la mienne en tout cas.
Et puis la voix bien connue du fringant William Lemergie me fit sourire, le Télématin m’annonçait un jour nouveau.
Je repris espoir et le bruit d’une clé dans la serrure fut pour moi le signe d’une vie sauve. Il était 11h00 du matin.
J’étais une rescapée, je n’en dirai pas davantage.
Que c’est beau la vie !


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