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Liban

Rapatriement des dépouilles mortelles des 34 Libanais naufragés des boat people d’Indonésie

Scène de deuil à Kabeiit dans le Akkar, hier.

Les dépouilles mortelles de 34 Libanais morts dans le naufrage, au large de l’Indonésie, d’un navire clandestin qui les transportait vers l’Australie ont été rapatriées hier et inhumées dans leurs villes et villages d’origine, à Tripoli et dans le Akkar.
Arrivés à bord d’un avion privé affrété, semble-t-il, par Nagib Mikati, les cercueils en forme de caissons contenant les dépouilles mortelles ont été accueillis par les parents des victimes, venus en foule, ainsi que par une délégation officielle formée des ministres Adnane Mansour et Ahmad Karamé et de Ali Bazzi, représentant les trois présidents, ainsi que des ministres de l’Information et de l’Intérieur. Le secrétaire général du courant du Futur, Ahmad Hariri, était également présent.
Les parents des victimes n’ont pas été autorisés à pénétrer dans le salon d’honneur de l’aéroport où, tirant la leçon de ce qui s’était passé lors de l’accueil des ex-otages de Aazaz, des mesures de sécurité spéciales ont été prises, dès mercredi, pour faire face aux pressions de la foule.
Cette mesure discriminatoire a été critiquée par M. Hariri qui y a vu un manque flagrant de respect pour les familles éplorées, faisant contraste avec le champ libre laissé à la foule venue deux semaines plus tôt. Nagib Mikati a vu dans cette réaction « l’exploitation politique d’un drame humain ».
Les victimes libanaises de ce drame de la misère sont au nombre de 35, mais le corps d’un nourrisson ayant péri dans le naufrage n’a pu être retrouvé et a été considéré comme définitivement perdu.
Au départ, 68 Libanais se trouvaient à bord de l’embarcation. 35 d’entre eux ont eu la vie sauve et ont été rapatriés il y a quelques semaines.
Le retour des corps a donné lieu à des scènes de deuil déchirantes, aussi bien à l’aéroport, à Tripoli, que dans les différents villages d’origine des victimes. Chacun des 34 cercueils a été individuellement transporté vers le Nord à bord d’une ambulance de la Défense civile. Des prières ont été récitées à tous les arrêts du convoi, notamment à Tripoli et Kabeiit, l’un des villages les plus affectés par la tragédie, puisque 16 des naufragés en proviennent, notamment Kawthar Taleb, qui a péri avec ses sept enfants. Le nourrisson porté disparu est également originaire de ce village.
Le naufrage du navire qui transportait ces « boat people » a révélé au grand jour l’existence d’une filière pour l’émigration clandestine des Libanais vers la riche Australie. Les candidats à l’émigration clandestine payaient jusqu’à 10 000 dollars le voyage. La filière avait auparavant bien fonctionné pour certains Libanais.
On ne peut pas ne pas dénoncer, dans cette tragédie, un drame du sous-développement, plus particulièrement celui du Akkar. Dans son éloge funèbre, cheikh Ali Khodr, mufti de Berkayel, devait demander aux responsables « de prendre la peine de réfléchir aux causes véritables qui ont conduit à l’émigration massive de ces familles ». Et au drame.
Cette conclusion avait déjà été tirée par le chef de l’État qui, en présentant ses condoléances aux familles des
victimes, avait demandé « qu’en conscience, la classe politique s’attelle à améliorer une situation économique et sociale désastreuse qui pousse les Libanais à l’émigration ».
Les dépouilles mortelles de 34 Libanais morts dans le naufrage, au large de l’Indonésie, d’un navire clandestin qui les transportait vers l’Australie ont été rapatriées hier et inhumées dans leurs villes et villages d’origine, à Tripoli et dans le Akkar. Arrivés à bord d’un avion privé affrété, semble-t-il, par Nagib Mikati, les cercueils en forme de caissons contenant les dépouilles mortelles ont été accueillis par les parents des victimes, venus en foule, ainsi que par une délégation officielle formée des ministres Adnane Mansour et Ahmad Karamé et de Ali Bazzi, représentant les trois présidents, ainsi que des ministres de l’Information et de l’Intérieur. Le secrétaire général du courant du Futur, Ahmad Hariri, était également présent.Les parents des victimes n’ont pas été autorisés à...
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