Lors de la rencontre, les participants ont passé en revue les conséquences de la guerre en Syrie sur l’économie libanaise qui souffrait déjà de plusieurs maux.
Dans les détails, Fouad Zmokhol est revenu sur le bras de fer des grandes puissances au milieu duquel le Liban est pris en otage. « Ce n’est un secret pour personne que le Liban passe par une des périodes les plus difficiles de son histoire politique, économique et sociale », a-t-il rappelé.
Reprenant les mots du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon selon lequel « le printemps arabe s’est transformé en hiver arabe », M. Zmokhol a toutefois souligné que malgré « les tensions sécuritaires, l’instabilité constante, le recul dramatique du tourisme, la baisse des échanges commerciaux, la difficulté des exportations terrestres et bien évidemment le nombre croissant de refugiés syriens qui devient insoutenable, aucune issue ou solution ne serait possible sans accord et plan international ».
« Le rapport “Miles” de la Banque mondiale nous a donné des chiffres inquiétants et une topographie alarmante sur l’emploi au Liban mais ceci malheureusement n’a pas pu réveiller toutes les consciences et les pousser vers la mise en place d’une stratégie ou un plan national de secours », a-t-il ajouté.
Parallèlement, le président du RDCL a indiqué qu’il est aujourd’hui crucial pour les entreprises libanaises de se restructurer à tous les niveaux pour faire face à cette crise sans précédent, notamment en termes de rééchelonnement de leurs dettes avec l’aide du secteur bancaire qui ne ménage pas ses efforts pour aider les entreprises en difficulté, une baisse des coûts, de développement de nouveaux marchés grâce à « la capacité des Libanais à trouver des solutions innovantes et à montrer de la résilience face aux nouveaux marchés ».
Farid Belhaj et les problèmes domestiques
L’intervention de Farid Belhaj a notamment porté sur la lenteur institutionnelle exacerbée par la crise syrienne, deux éléments qui ont mené à un manque d’appétit des investisseurs pour la prise de risque.
« En plus, il faut mettre le point sur le fait que la situation régionale a son impact : en premier lieu, les décisions ne sont pas prises au Liban, mais à l’étranger. En deuxième lieu, la crise syrienne a un impact sur le Liban, mais il faut noter que les difficultés de l’économie libanaise prédatent la crise syrienne, vu que la paralysie se trouve au niveau des secteurs de l’eau, de la santé, des transports et des infrastructures. La paralysie et la situation régionale ont poussé à la régression du Liban », a-t-il ainsi résumé.
Il a rappelé à cet égard que le Liban se trouve à la 123e place dans le rapport « Doing Business in Lebanon »
Pourtant, le directeur de la BM a loué les compétences libanaises qui sont bien reconnues de par le monde. Il a en outre insisté sur l’importance que le Liban profite de la reconstruction de la Syrie une fois que la guerre sera achevée. « Les opportunités à l’horizon sont le pétrole et le gaz, à condition qu’ils soient bien gérés » a-t-il indiqué.
De son côté, Éric Le Borgne a présenté en exclusivité les derniers chiffres de la BM sur le « Lebanon Economic Monitor » qu’ils viennent de clôturer. Cette étude présente une prévision de cette économie pour les 3 années à venir.
Les chiffres obtenus sont négatifs pour les années 2012-2013 et ont été aggravés par la crise syrienne. La croissance est en chute libre et la BM prévoit pour l’année 2013 une croissance avoisinant 1,5 %, notant que 1,3 % de cette croissance est engendrée par les dépenses publiques, à savoir la hausse des salaires du secteur public et la hausse de l’aide aux réfugiés, et uniquement 0,2 % de cette croissance est due aux dépenses privées et provient essentiellement de l’exportation et des services. La consommation privée représente 0,5 % du PIB. Si le secteur industriel montre des signes positifs, celui des services est très affecté et ne représente plus que 0,1 ou 0,2 % de la croissance prévue.
« Le déficit public
libanais avait chuté depuis 2006 de 180 % du PIB, jusqu’à 2012 de 134 % du PIB, mais malheureusement, nous allons retourner à la case départ à cause d’une augmentation des salaires du secteur public et à cause de l’augmentation des dépenses gouvernementales aux réfugiés syriens », a-t-il déploré, citant également au passage la dégradation des services urbains : eau, électricité, etc.
Selon l’expert, une stratégie a été mise en place par la Banque mondiale pour redresser la situation après la crise, selon 4 voies principales : demander de fournir des dons pour les projets existants.
C’est la voie avec l’impact le plus rapide. Bien que la situation soit difficile il y a 11 projets qui sont prêts à être appliqués si les donneurs veulent intervenir tout de suite, lutter contre la pauvreté, avoir un appui financier direct et mobiliser le secteur privé sur des projets de PPP.


C'EST AUX LIBANAIS... ET AUX SEULS LIBANAIS... DE SE DONNER LA MAIN POUR SAUVER LE PAYS DE LA NOYADE !
10 h 15, le 01 novembre 2013