Des rebelles syriens s'apprêtent à tirer une roquette vers une position du régime dans la région d'Alep, le 30 octobre 2013. REUTERS/Saad Abobrahim
Les installations de production d'armes chimiques en Syrie ont été rendues inutilisables avant la date butoir du 1er novembre, a indiqué jeudi l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).
L'organisation basé à La Haye a annoncé que ses inspecteurs, arrivés en Syrie il y a un mois, avaient placé des scellés "impossibles à briser" sur l'ensemble du stock de 1.000 tonnes d'agents chimiques et 290 tonnes d'armes chimiques déclaré par Damas.
La Syrie s'est conformée à la décision du conseil exécutif de l'OIAC, qui l'enjoignait d'avoir procédé à cette "destruction fonctionnelle aussi rapidement que possible et pas plus tard qu'au 1er novembre 2013", a souligné une source au sein de l'organisation chargée de la destruction de l'arsenal chimique syrien.
Le pays a soumis le 24 octobre son programme général de destruction, permettant d'établir les plans visant une "destruction systématique, intégrale, et vérifiée" des armes chimiques. Ce programme doit être examiné par le conseil exécutif de l'OIAC qui doit se réunir le 5 novembre et qui utilisera ce document pour fixer d'ici au 15 novembre les différentes dates butoir pour la destruction définitive de l'arsenal chimique de la Syrie, devenue officiellement État partie à la convention le 14 octobre.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon avait indiqué lundi que le régime de Bachar el-Assad reste dans les temps pour détruire ses moyens de production d'armes chimiques.
Les inspecteurs de l'OIAC ont "confirmé la destruction des capacités de production, de mélange et de remplissage (des produits) dans tous les sites" où ils se sont rendus, a souligné M. Ban dans un rapport transmis au Conseil de sécurité de l'ONU. Il a également évoqué la "coopération totale" du gouvernement syrien dans cette affaire.
L'OIAC avait cependant annoncé le même jour que ses équipes n'avaient pas pu, "pour des raisons de sécurité", accéder dans les délais à deux des 23 sites déclarés par les autorités syriennes.
L'organisation, qui avait reçu le prix Nobel de la paix début octobre, est chargée de superviser la destruction de l'arsenal chimique syrien à la suite d'une résolution historique des Nations unies. Cette résolution 2118 ordonne la destruction de l'arsenal chimique syrien d'ici la mi-2014.
La résolution de l'ONU avait été adoptée dans la foulée d'un accord russo-américain sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien, qui a éloigné la menace d'une frappe américaine, brandie après une attaque chimique meurtrière le 21 août près de Damas. Cette attaque a été imputée par les Etats-Unis et leurs alliés au régime syrien. Damas, soutenu par la Russie, nie en être responsable et déclare qu'il s'agit d'une provocation de la rébellion.
La mission de désarmement chimique de la Syrie est extrêmement ambitieuse et dangereuse : pour la première fois dans l'histoire de l'OIAC, une mission est effectuée dans un pays en pleine guerre civile.
Amnesty demande à Amman de garder ses frontières ouvertes
Sur le terrain, 800 civils ont été évacués mercredi de Mouadamiyat al-Cham, une banlieue au sud-ouest de Damas tenue par les rebelles et assiégée depuis un an par l'armée. Le 12 octobre, 3.000 civils avaient déjà été évacués de cette ville.
C'est également à Mouadamiyat al-Cham, ainsi que dans la Ghouta orientale, qu'avait eu lieu, le 21 août dernier, l'attaque chimique perpétrée près de Damas.
Toujours à Damas, l'armée syrienne a bombardé mercredi Hajar al-Aswad, dans les faubourgs sud-est de la capitale, tuant six personnes dont trois enfants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
En outre, onze personnes ont été tuées lors d'une attaque des rebelles contre un village alaouite, communauté à laquelle appartient le clan Assad, dans la province centrale de Homs, selon l'OSDH, qui s'appuie sur un large réseau de militants et sources médicales.
Amnesty International a, par ailleurs, appelé jeudi la communauté internationale à aider la Jordanie et les autres pays accueillant des réfugiés syriens à mettre un terme aux restrictions imposées aux civils fuyant le conflit, dont des centaines sont repoussés aux frontières. Selon les Nations unies, le nombre total de réfugiés devrait atteindre 3,5 millions d'ici la fin de l'année.
Marcin Suder échappe à ses ravisseurs
Par ailleurs, le ministère polonais des Affaires étrangères a annoncé jeudi que le photographe polonais Marcin Suder, enlevé en juillet en Syrie, a réussi à échapper tout seul à ses ravisseurs et est rentré en Pologne. Marcin Suder, 34 ans, avait été enlevé fin juillet par des hommes armés lors d'un raid contre le centre des médias de Saraqeb dans la province d'Idleb (nord-ouest de la Syrie).
Eclairage
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L'organisation basé à La Haye a annoncé que ses inspecteurs, arrivés en Syrie il y a un mois, avaient placé des scellés "impossibles à briser" sur l'ensemble du stock de 1.000 tonnes d'agents chimiques et 290 tonnes d'armes chimiques déclaré par Damas.
La Syrie s'est conformée à la décision du conseil exécutif de l'OIAC, qui l'enjoignait d'avoir procédé à cette "destruction fonctionnelle aussi rapidement que possible et pas plus tard qu'au 1er novembre 2013", a souligné une source au sein de l'organisation chargée de la destruction de l'arsenal chimique syrien.
Le pays a soumis le 24 octobre son programme...


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21 h 32, le 31 octobre 2013