Impressionné par la place, immense, qu’occupe le Liban hors de ses frontières, j’ai toujours œuvré à tracer des traits d’union et des « plus » dans tout ce que j’entreprenais.
Ces derniers temps, la carence du personnel et de l’infrastructure dans nos ambassades, l’excès de lenteur sont cause d’un tourment inexplicable dès lors qu’il s’agit d’entreprendre des formalités comme le simple fait de vouloir inscrire ou de reconnaître la nationalité de nos émigrés d’Amérique.
Pour tout cela, Je sens que les deux Liban se séparent de plus en plus. Pourtant, dans les discours des autorités du pays, l’intention de l’intégration est latente et sérieuse.
J’ai quitté un Liban qui comptait 3 millions et trois fois plus d’émigrés aux quatre coins du globe. Neuf millions qui n’avaient qu’amour pour une mère patrie et pour qui les grands-parents étaient les seuls héros de cette bienheureuse transfusion.
Ces vrais messagers du Liban universel s’étaient rués sur l’Amérique pour fuir l’oppression des occupants ottomans. Le Nouveau Monde était à la portée de leur extraordinaire capacité à entreprendre pour relever le défi qui se posait à eux. Hommes et femmes tout fiers de leur ascendance. Leur seul trésor, celui qu’ils allaient transmettre, et de génération à génération était cet amour incommensurable pour leur patrie. Un amour d’enfant, pur et conservé intact avec le temps. Un amour sincère, inaltérable, intègre, présent à jamais dans le tréfonds de leur être. Celui pour un Liban, un vrai, tel qu’il devrait être. Et le voici aujourd’hui négligé et oublié. Sur les rives de la Méditerranée, qui s’en souvient encore ?...
Là-bas, c’est un autre Liban, un Liban déchiré par la haine, la politique, le confessionnalisme, l’arrivisme, les ambitions mesquines, une nature lacérée par le désordre, l’indifférence et le désir du gain facile. En fait, un Liban malade des convoitises des autres.
Seul remède à ce fléau : la joie de vivre des Libanais, les rares espaces verts qui restent de la nature, la famille et ce « Hi, bonjour, kifak » qui te transporte à chaque visite, l’accueil incomparable qu’on reçoit de tous.
Au fond, dans ce berceau des civilisations, vous prenez du temps pour fouiller les ruines, pour retrouver le passé glorieux des Phéniciens, des Romains et d’autres cultures qui ont fusionné avec les nôtres et pour convaincre le monde de notre passé illustre.
Vous avez oublié, Libanais du Liban, que les racines intactes se trouvent aussi à l’autre bout du monde, chez ceux qui sont les plus proches, les plus évolués. Et ils sont vivants.
C’est dans les veines de chacun que vous verrez flotter cette identité conservée à travers le temps. Cela, c’est le miracle de l’amour.
Rapprochez-vous d’eux. Faites-leur savoir qu’ils sont des vôtres. Ne leur promettez rien ! Agissez. Reconnaissez leur identité sans ambiguïté ni préférences. Ils en seront fiers.
Sachez qu’il y a un Liban orgueilleux et solide, caché en chacun, un Liban qui a dépassé les frontières. Un Liban décomplexé et sans tabous.
D’autres cultures les ont bien vite adoptés. Rattrapez-les. Ils sont un capital
précieux.
Si, des Phéniciens, nous avons appris à fondre notre identité dans celle de nos conquérants, alors corrigeons l’histoire qui nous a gardés trop longtemps éloignés de ses pages. Laissons au monde, celui de demain aussi, le vrai témoignage d’un peuple vainqueur et non soumis, un peuple conquérant et non
subordonné.
Par amour pour ce Liban qu’on voudrait libre, consolidez les bases de la nation, équipez nos ambassades, nommez des émissaires, favorisez les plus qualifiés, renforcez les liens, constituez un vrai lobby.
C’est là que tout commence, c’est là qu’on crée les traits d’union, que l’on retourne aux origines.
Oscar K. NADER
Guayaquil – Équateur


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
Le libanais a bien entendu évolué en 42 ans de guerres, d’après-guerres, de trêves et d’aventures, mais sans doute pas dans le « bon » sens par rapport à ses émigrés qu’il a tendance à oublier ou plutôt à reléguer au second plan. Le libanais est devenu tellement narcissique, concentré sur lui-même, sur ses problèmes personnels, son nombril, son « moi », son quotidien, sa petite personne, qu’il ne regarde plus autour de lui. Le libanais a malheureusement et effectivement oublié ses racines, il est perdu à la recherche d’une image, d’un statut, d’une nouvelle identité. Il veut frimer pour vivre, il n’a pas envie de s’encombrer d’états d’âme. Bien que très fier de tous ses émigrés, ceux qui ont eu le courage de partir et ceux qui ont été contraint à le faire, le Libanais est complètement détaché de tout si qui s’éloigne de son périmètre carré. Le rapprochement, le flirt entre la mère patrie et ses enfants d’ailleurs sont à refaire, mais par qui et par où commencer ? Situation alambiquée. Les ambassades ? Les consulats ? Le corps diplomatique ? Lobby ? C'est là que le bât blesse ….
13 h 16, le 22 octobre 2013