L’office divin a été célébré par le père Antoine Rajeh qui a indiqué dans son homélie que si le souvenir du 13 octobre 1990 est commémoré, « ce n’est pas dans un esprit de provocation, mais pour nous rappeler que nous devons nous unir ». Il a salué la mémoire des martyrs et rappelé la disparition, ce jour-là, des deux moines Albert Cherfane et Sleiman Abi Khalil.
Au terme de la messe, M. Aoun a prononcé une allocution dans laquelle il a notamment déploré « l’esprit milicien » qui prévaut toujours, selon lui, au sein de la classe politique gouvernante, après avoir salué la mémoire des martyrs du 13 octobre 1990. « Nous continuons d’honorer les promesses que nous leur avons faites. Nous ne sommes rentrés au pays qu’une fois que celui-ci a été libéré de tout soldat étranger. La terre a été libérée mais pas les esprits de ses gouvernants qui restent occupés et qui ont contribué à hypothéquer les décisions nationales », a déclaré le général Aoun.
« Ce que nous vivons aujourd’hui est le drame que représente leur façon de gouverner. Les dirigeants libanais sont issus de milices adversaires, mais qui ont fini par former une alliance entre elles ainsi qu’avec l’autorité de tutelle pour accéder à des postes à partir desquels ils peuvent se partager les ressources du pays », a-t-il ajouté. Et de poursuivre : « Aujourd’hui encore, ils restent soumis à de nombreuses tutelles. Ils reçoivent des instructions et des ordres et sont incapables de se soustraire à l’assujettissement dans lequel ils se sont placés. Il ne leur est plus possible de se libérer de leur soumission à des maîtres étrangers dont ils exécutent les ordres. »
Les frustrés
Le général Aoun a ainsi jugé indispensable de « libérer l’homme pour pouvoir préserver une terre devenue libre, réédifier l’État et assurer un avenir décent aux familles de ceux qui ont donné leur vie pour le pays ». « C’est de cette réalité que nous tirons notre pensée réformiste. La mentalité milicienne, que nous croyions disparue, reste ancrée dans l’esprit des gouvernants, domine le pays, corrompt les institutions, hypothèque ses ressources et assujettit son peuple toujours à travers la peur et le besoin », a déploré le chef du CPL.
Poursuivant sur sa lancée, il a considéré que « le pouvoir se fonde aujourd’hui sur la transgression des lois et le népotisme qui sert à couvrir la corruption ». « Telles sont les coutumes et les traditions en vigueur dans le secteur public. La société s’y est habituée et s’y est soumise. Si cette situation se maintient, il ne sera pas possible d’entreprendre la moindre réforme », a-t-il regretté, avant de juger « nécessaire de réunir toutes les forces frustrées et capables pour briser les chaînes qui barricadent les capacités du peuple et l’empêchent de se libérer d’une situation mauvaise destinée à le maintenir prisonnier du féodalisme politique, sectaire et financier, traînant sa frustration à travers une démocratie dénaturée au sein de laquelle il mendie ses droits aux portes des parties influentes ».
M. Aoun a conclu son intervention, en promettant de « poursuivre la lutte pour édifier un État dont les
dirigeants respectent la Constitution et les lois et sont à l’écoute des souffrances du peuple ».
Hier, une délégation de la jeunesse du CPL s’est rendue à Deir el-Kalaa, à Beit-Mery, où elle a déposé une couronne de fleurs et un rocher sur lequel le slogan, donné par le général Aoun à la commémoration de cette année, a été gravé : « Les martyrs ont l’honneur du sacrifice. Nous devons rester fidèles. »
Plusieurs civils et militaires avaient été massacrés le 13 octobre 1990 par les soldats syriens entrés ce jour-là dans les régions chrétiennes.
La délégation s’est associée aux prières élevées par le supérieur du couvent Saint-Jean de Deir el-Kalaa, le père Nagib Baaklini, à la mémoire des victimes, avant que des déclarations ne soient faites pour la circonstance.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
IL A RAISON MAIS... IL AIME À ESSAYER DE SE POSITIONNER TOUJOURS HORS DU GÂTEAU... QU'IL AVALE LE PREMIER !
13 h 34, le 14 octobre 2013