Lors d’une conférence de presse tenue à la municipalité de Baabdate (Metn), la famille du père Labaki a dénoncé le non-respect par les médias du « secret pontifical », assurant que le décret émis par la Congrégation pour la doctrine de la foi n’était pas censé être divulgué au public.
Tout en assurant respecter la décision de l’Église, la famille a dénoncé l’atteinte à la dignité du père Labaki ainsi qu’à celle de « ses enfants spirituels ». « À partir du 3 août 2010, les portes de l’enfer ont été ouvertes et le père Labaki a été victime de diffamation (dans les médias et sur les réseaux sociaux). Nous n’envisagions pas de répondre si l’affaire n’avait pas été rendue publique », a-t-elle assuré.
Le quotidien La Croix avait rapporté mardi dernier que le père Mansour Labaki, 73 ans, a été reconnu coupable, le 19 juin dernier, par la Congrégation pour la doctrine de la foi, d’abus sexuels sur trois mineures, ainsi que de « crime de sollicitation (NDLR : sexuelle) à l’occasion de la confession à l’égard d’une victime ».
En conséquence de quoi ce prêtre du diocèse maronite de Beyrouth, connu au Liban et en France pour son action en faveur de l’enfance en détresse, « a été condamné (par décret) à une vie de prière et de pénitence loin de tout mineur et privé de son office ecclésiastique », a précisé le quotidien français.
Le père Labaki avait interjeté appel après une première condamnation prononcée le 23 avril 2012 par la Congrégation pour la doctrine de la foi. Cet appel a donc été rejeté par Rome le 19 juin dernier.
Selon sa famille, la défense n’a pas été équitablement assurée du fait qu’elle n’avait pas eu accès au dossier, et le père Labaki a été privé de son droit à un nouveau recours en appel. Le neveu du père Labaki, l’avocat Arz Labaki, a dénoncé également « la non-vérification des témoignages présentés au tribunal du fait que le procès n’a pas eu lieu en deux étapes », assurant que certains documents ont été retirés du dossier. L’ingénieur Georges Nakhlé a également relevé que la campagne de diffamation contre le prêtre avait commencé sur la Toile, avant même le jugement, dénonçant « certains faibles d’esprit qui ont succombé à la pression et sont tombés dans le piège du mensonge ».


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