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À La Une - Egypte

Les Etats-unis n'ont pas rompu avec l'Egypte, assure Kerry

Le Caire qualifie de "mauvaise décision" le gel d'une partie de l'aide américaine.

"En aucune manière, il ne s'agit d'un retrait de notre relation ou d'une rupture de notre engagement à aider le gouvernement" intérimaire égyptien, a déclaré le secrétaire d'Etat John Kerry, le 10 octobre 2013, après l'annonce du gel d'une partie de l'aide militaire américaine à l'Egypte. AFP/POOL/Jacquelyn Martin

Washington a clarifié jeudi, via le secrétaire d'Etat John Kerry, sa décision de geler une partie de son aide militaire à son allié du monde arabe.

Lors d'un bref point de presse à Kuala Lumpur, M. Kerry a assuré que les Etats-Unis souhaitaient poursuivre leur relation avec l'Egypte. "En aucune manière, il ne s'agit d'un retrait de notre relation ou d'une rupture de notre engagement à aider le gouvernement" intérimaire égyptien, a déclaré le chef de la diplomatie américaine. 

Après des mois d'atermoiement, les États-Unis ont officiellement gelé mercredi une partie de leur aide à l’Égypte, en représailles à la répression visant les partisans du président islamiste destitué Mohamed Morsi, dont le procès pour "incitation au meurtre" s'ouvrira le 4 novembre.

Le "recalibrage" de l'aide américaine -1,5 milliard de dollars dont 1,3 milliard d'aide militaire chaque année- passe par l'arrêt de la fourniture d'équipements lourds et de son assistance financière au gouvernement "en attendant des progrès crédibles vers un gouvernement civil démocratiquement élu", a indiqué mercredi la porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki.


Interrogé sur une éventuelle levée de ce gel, M. Kerry a répondu que cela serait évalué "sur la base des performances" du gouvernement intérimaire égyptien, notamment en ce qui concerne sa "feuille de route" qui doit conduire à des élections démocratiques l'an prochain. "Nous allons continuer à faire en sorte que cette feuille de route reste l'objectif premier du gouvernement, parce que je crois qu'ils veulent poursuivre leur relation avec les Etats-Unis de façon positive", a plaidé le secrétaire d'Etat.

 


"Une mauvaise décision"
En Egypte, la réaction du gouvernement n'a pas tardé : le ministère des Affaires étrangères a diffusé jeudi un communiqué dans lequel il a critiqué la décision de Washington.
"C'est une mauvaise décision tant dans son contenu que dans le moment choisi et cela soulève de sérieuses questions sur la volonté des États-Unis de fournir un soutien stratégique à l’Égypte dans le cadre de ses programmes de sécurité", indique-t-on dans le communiqué. "Elle intervient au moment où le pays fait face à des défis périlleux en matière de terrorisme".

Au moins cinq attentats et attaques visant les forces de sécurité ont causé la mort de 13 soldats ou policiers en quatre jours. Des attaques menées en représailles, selon des groupes jihadistes qui en ont revendiqué certains, à la répression meurtrière qui s'abat sur les partisans de M. Morsi depuis près de deux mois.

Mohamed Morsi, premier président élu démocratiquement en Egypte, a été destitué et arrêté par l'armée le 3 juillet, après que des millions d'Egyptiens eurent manifesté pour réclamer son départ, l'accusant de vouloir islamiser la société à marche forcée et d'accaparer les pouvoirs au profit de sa confrérie, les Frères musulmans.


Depuis la mi-août, plus d'un millier de pro-Morsi ont été tués et plus de 2.000 islamistes arrêtés, dont la quasi-totalité des dirigeants des Frères musulmans.


Les Etats-Unis, manifestement gênés par le fait que l'Egypte est leur allié-clé dans la région, n'ont jamais qualifié la destitution de M. Morsi de "coup d'Etat", ce qui les aurait légalement contraints à mettre fin à leur aide, mais ils ont condamné une répression "regrettable".

Ils ont également demandé la libération de M. Morsi --dont le procès pour "incitation au meurtre" de manifestants quand il était au pouvoir doit débuter le 4 novembre-- ainsi que des élections démocratiques en 2014, comme l'a annoncé l'armée égyptienne.


L'Egypte, le pays arabe le plus peuplé, "continuera à prendre ses décisions en matière de politique nationale en toute indépendance et sans subir de pression étrangère", a souligné le ministère égyptien.

 

 

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