Le général Sissi est vice-Premier ministre et ministre de la Défense de ce gouvernement intérimaire, mais en réalité considéré comme le véritable homme fort du pays, adulé par une grande majorité de la population. Son portrait orne depuis juillet la plupart des boutiques et administrations, d’innombrables panneaux et murs dans les rues et de nombreuses chansons chantent ses louanges.
Depuis le 14 août, le gouvernement a lancé une répression implacable des manifestations qui réclament le retour de M. Morsi, soldats et militaires tuant plus d’un millier d’entre eux en une semaine à partir de cette date. Parallèlement, les Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi, a été systématiquement réprimée depuis le 14 août : plus de 2 000 de ses membres ont été arrêtés, dont la quasi-totalité de ses dirigeants, ses activités ont été interdites et ses avoirs gelés.
Procès Morsi
C’est dans ce cadre-là que le président islamiste destitué Mohammad Morsi sera jugé à partir du 4 novembre pour « incitation au meurtre » de manifestants. L’ex-président comparaîtra devant un tribunal du district du Caire aux côtés de 14 autres personnes pour la mort de manifestants le 5 décembre 2012, a rapporté l’agence officielle MENA.
Ce procès pourrait attiser encore davantage les tensions en Égypte, théâtre d’une nouvelle série de violences meurtrières depuis dimanche où des heurts opposant des islamistes aux forces de l’ordre et des habitants ont fait 57 morts en marge de manifestations réclamant le retour du premier président élu démocratiquement en Égypte.
En effet, sur le terrain, une bombe a endommagé hier des bureaux désaffectés des services de renseignement de l’armée à Rafah, dans la péninsule égyptienne du Sinaï, où des islamistes multiplient les attaques depuis la répression sanglante visant les pro-Morsi, ont indiqué des responsables de la sécurité.
Lundi, des attaques visant l’armée ou la police, notamment dans la ville d’al-Tur, avaient tué neuf soldats et policiers. Dans un communiqué diffusé sur des sites islamistes, un groupe jihadiste basé dans le Sinaï, Ansar Beit al-Maqdess, a revendiqué hier cet attentat. Selon le groupe, « un kamikaze a mené l’attaque en représailles à l’assassinat de milliers de musulmans » le 14 août.
Dans ce contexte, les États-Unis comptent suspendre la majeure partie de l’aide militaire qu’ils fournissent à l’Égypte en représailles à la sanglante répression contre les partisans de Mohammad Morsi, ont indiqué des responsables américains hier, alors que la veille la Maison-Blanche s’était refusée à confirmer ou infirmer ces informations.
(Source : AFP)

