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Liban - Éclairage

Cherchez Joumblatt...

Alors que toutes les parties politiques réclament à cor et à cri la formation d’un nouveau gouvernement « dans cette période critique » (chacune selon ses conditions), toutes savent en fait qu’une telle formation est reléguée aux calendes grecques. Le Premier ministre désigné Tammam Salam est entré dans son septième mois d’efforts pour former son gouvernement et rien n’indique qu’il est sur le point d’aboutir à un résultat concret. Même s’il n’est pas pour autant prêt à se récuser. Les sources des deux camps sont donc convaincues qu’aucun déblocage n’est en vue, et Salam lui-même serait désormais à court d’idées, préférant garder les choses en l’État, laissant au 14 Mars le soin de prendre une initiative. Mais le 14 Mars non plus n’est pas en mesure d’imposer un gouvernement du fait accompli, tout comme il ne peut pas non plus faire accepter l’équation des 3 fois 8. Les sources proches de ce camp affirment pourtant qu’une formule était prête et elle aurait dû être annoncée dans le courant du mois, en tout cas après le retour du chef de l’État de New York. Toutefois, l’idée a été soudain abandonnée par le chef de l’État qui a commencé à nuancer ses précédentes déclarations sur sa détermination à former un gouvernement sans plus attendre un accord de toutes les parties.

 

Selon des sources diplomatiques arabes au Liban, c’est cette volte-face qui aurait entraîné l’annulation par les Saoudiens de la visite que le président Michel Sleiman devait effectuer à Riyad et qui a été suivie par une annulation similaire de la part des Émirats arabes unis. Selon ces sources diplomatiques, l’Arabie saoudite avait en effet donné son aval à la formation d’un gouvernement comprenant le Hezbollah, mais un Hezbollah affaibli, n’ayant pas avec ses alliés le tiers de blocage et ne pouvant pas imposer la fameuse équation « armée-peuple-résistance » dans la déclaration ministérielle. Ce nouveau gouvernement devait en fait refléter le nouveau rapport de force au Liban après les frappes américaines contre la Syrie et le coup dur qu’elles étaient censées porter au régime de Bachar el-Assad.


Mais rien ne s’est passé comme prévu, ni pour le 14 Mars ni pour les Saoudiens, qui, toujours selon les sources diplomatiques arabes, seraient encore sous le coup de la déception subie par la renonciation des États-Unis aux frappes en Syrie et par leur rapprochement avec la Russie et avec l’Iran. Le premier à avoir senti le vent tourner, c’est comme d’habitude Walid Joumblatt qui a commencé par lancer, par le biais de la chaîne du Hezbollah al-Manar, la proposition d’abandon de la formule des « trois fois huit », prenant tout le monde de court. Le chef de l’État s’est aussi rétracté, sans pour autant accepter la nouvelle proposition de Walid Joumblatt basée sur un nouvel équilibre « 9, 9 et 6 ». De toute façon, avec le lâchage du leader druze, le chef de l’État et le Premier ministre ne peuvent plus former un gouvernement en mesure d’obtenir la confiance au Parlement. Mais, selon les sources diplomatiques arabes, pour les Saoudiens ces explications ne comptent pas. Ils considèrent avoir essuyé une défaite au Liban et sont en pleine période de réévaluation des pertes et profits. Dans ce contexte, ils ne veulent pas faciliter la formation d’un gouvernement, ni donc recevoir le président du Liban parce que, pour l’instant, ils n’ont rien à proposer, se contentant de limiter les dégâts et de maintenir l’actuel statu quo. Le 14 Mars s’est d’ailleurs empressé de rejeter la nouvelle formule de Joumblatt, sans rien proposer à la place si ce n’est un retour aux précédentes idées d’un gouvernement de « 3 fois 8 » ou d’une équipe neutre, sans grande conviction, sachant que, dans le contexte actuel, elles n’ont aucune chance de se concrétiser.


Il est donc clair aujourd’hui qu’il est impossible dans le rapport de force actuel et avec la nouvelle donne en Syrie, où le régime progresse sur le terrain en même temps que les extrémistes rivaux de l’Armée syrienne libre, de former un gouvernement sans l’accord du 8 Mars et de ses alliés, et surtout si le leader druze Walid Joumblatt n’est pas d’accord. Une fois de plus, c’est donc ce dernier qui fait pencher la balance d’un côté ou de l’autre, tout en étudiant avec minutie les développements régionaux et internationaux pour ne pas commettre de faux pas. Il n’y aura pas de nouveau gouvernement sans une décision de sa part, laquelle reste à mi-chemin entre le 14 et le 8, puisqu’il empêche la formation d’un gouvernement aux conditions du 14 Mars, sans toutefois pousser vers un gouvernement aux conditions du 8.

 

De son côté, le Hezbollah, en dépit des déclarations de ses cadres, n’est pas pressé, estimant que les développements régionaux et internationaux servent ses intérêts et que le 14 Mars finira par accepter un gouvernement qui lui accorde, avec ses alliés, le tiers de blocage. À partir de là, l’adoption de la formule « armée-peuple-résistance » sera acquise puisque son camp aura la possibilité de paralyser le gouvernement si elle n’est pas prise en compte. D’ici là, le Liban est plongé dans l’attente, et toutes les déclarations sur la forme du gouvernement et les conditions et contre-conditions ne sont que de la poudre aux yeux, destinée à remplir le vide...

 

 

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commentaires (5)

Mais arrêtez de nous parler de cette formule nauséabonde qui n'est autre que le cercueil de notre pays ! Il n'y a de formule que l'Etat de droit et le bon sens. Et comme ces deux éléments semblent trop compliqués pour nos dirigeants, il n'y a pas de formule. Une formule doit représenter les valeurs du pays. Si l'existence d'une milice illégale, illégalement armée, composée de mercenaires et tueurs professionnels soumis aux ordres de l'ennemi et responsables de tous les dangers que nous encourons, fait partie des valeurs du Liban, alors ne vous étonnez pas que les gens aient envie de se barrer au plus vite et par tous les moyens. Même en boat people.

Robert Malek

14 h 33, le 09 octobre 2013

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Commentaires (5)

  • Mais arrêtez de nous parler de cette formule nauséabonde qui n'est autre que le cercueil de notre pays ! Il n'y a de formule que l'Etat de droit et le bon sens. Et comme ces deux éléments semblent trop compliqués pour nos dirigeants, il n'y a pas de formule. Une formule doit représenter les valeurs du pays. Si l'existence d'une milice illégale, illégalement armée, composée de mercenaires et tueurs professionnels soumis aux ordres de l'ennemi et responsables de tous les dangers que nous encourons, fait partie des valeurs du Liban, alors ne vous étonnez pas que les gens aient envie de se barrer au plus vite et par tous les moyens. Même en boat people.

    Robert Malek

    14 h 33, le 09 octobre 2013

  • Akel hawa...tout çà,ce sont des discussions sur le passé.les choses sont en train de changer,et vite.les entreprises américaines font leur retour en Iran...les rosbifs ont pour le cid Rohani les yeux de Chimène,et chez nous,tous les Don Diègue cacochymes,et leurs commentateurs patentés en sont sont encore à demander à nos Rodrigue à la petite semaine s'ils ont du coeur...ou du carreau....

    GEDEON Christian

    10 h 26, le 09 octobre 2013

  • ET SI ON ALLAIT À UN GOUVERNEMENT Où LES QUATORZISTES AURAIENT LE TIERS DE BLOCAGE ET AVEC LA FORMULE ARMÉE-PEUPLE-FORCES LIBANAISES ? QUE DIRAIENT CES " SOURCES " TANT CHANTÉES DANS TOUS VOS ARTICLES, MADAME SCARLETT HADDAD ? POURQUOI L'AUTRE FORMULE ET PAS CELLE-LÀ ? DONC, TRÊVE DE CONDITIONS IRRÉALISABLES... LE TIERS DE BLOCAGE ET LA FORMULE ARMÉE-PEUPLE-RÉSISTANCE SONT MORTS ET BIEN ENTERRÉS... QUOIQUE ON VEUT À COUPS DE CLAIRONS ET DE CORNEMUSES ESSAYER DE LES RÉSSUSCITER... LE CAMÉLÉON A BIEN DE FORMULES SOUS SA MANCHE... LA 9 - 9 - 6 ÉTANT UNE, PEUT-ÊTRE, DIGNE D'ÊTRE CONSIDÉE ET ÉTUDIÉE... L'HÉGÉMONIE DES UNS SUR LES AUTRES... RA7ÉT BALA RAJ3A !!!

    SAKR LOUBNAN

    07 h 14, le 09 octobre 2013

  • C'est des tiers de.... et des triptyques de.... qu'on devrait accorder aux uns et aux autres dans cette république d'hérésies, de mensonges, de manque de pudeur et de honte. Et puisqu'il s'agit de "chercher Joumblatt", eh bien il faut tenir compte du fait que l'homme juge que "Bachar al-Assad est un psychopathe". Alors il faut attendre la guérison du dictateur de sa psychopathie pour la formation d'un gouvernment. C'est encore bieeen plus long que le délai promis par Mohammad Raad dans le cas où son triptyque supercherie "armée-peuple-résistance" ne lui est pas accordé.

    Halim Abou Chacra

    05 h 39, le 09 octobre 2013

  • QU’ILS RETROUVENT donc la vertu première "d’intellectuel" éhhh, qui réside dans la réserve chafouine et le retrait du tout Baratin médiatique : ces "commentateurs" bon teint ! Qu'ils pratiquent alors l'art de la distance, qui est la source même de la Saine pensée du Sain libanais qui passe pour incarner un versant de l'esprit Sain éhhh éhhh libanais. Et il n'est pas ridicule après lui de faire leur ce Sain jugement, gage d'une Saine action qui progresse de certitude en certitude. Cette abdication chez eux de l'exercice de tout esprit, surtout critique, est peut-être aussi symptomatique de ce phénomène-là comme quoi aujourd'hui, toute lutte Vraie devrait capituler pour laisser la pleutrerie dicter les actes de toutes ces sortes de "Malsains" qui ne se sont pas remis de leur Collaboration défunte des années d’avant 05, de leur Adoubement de Mai 08, et qui vivent au plus intime de leurs structures mentales avec la nostalgie du Système Sécuritaire défunt Syro-libanais ante. Transformant ce patelin en un perpétuel affrontement des forces du Bien, le leur n’est-ce pas, contre les multiples Sains libanais et leurs programmes "totalitaires?"…. Cédraies ! S'imaginant pouvoir racheter ainsi leurs précédentes Très Grandes fautes en se bombardant premiers et derniers "intellects" de ce bled, des Nationaux-Sociaux "chrétiens" soi-disant anti-imbérialo-sahyounistes mahééék ; et des plus zélés ya hassértéhhh !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    01 h 39, le 09 octobre 2013

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