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À La Une - Réformes

Turquie : le voile fait son entrée dans l'administration

Une précédente disposition de 1982 obligeait les femmes à se présenter au travail la tête découverte.

Sur la place Beyazit, à Istanbul, des Turques voilées. Mardi 8 octobre 2013 est entrée en vigueur une mesure initiée par le Premier ministre turc Erdogan abolissant une disposition interdisant aux femmes de porter le foulard islamique dans la fonction publique. AFP/MUSTAFA OZER

La Turquie a officiellement aboli mardi une disposition interdisant aux femmes de porter le foulard islamique dans la fonction publique, une mesure initiée par le Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan et perçue par l'opposition comme une atteinte à la laïcité.

 

"Nous avons abrogé aujourd'hui une disposition archaïque qui était contre l'esprit de la République, c'est un pas vers la normalisation", a dit M. Erdogan lors de son discours hebdomadaire au Parlement devant les députés de son Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste).

 

Fortement ovationné par ses députés sur cette mesure inclue dans un train de réformes présentées le 30 septembre dernier et visant à démocratiser la Turquie, M. Erdogan est apparu très satisfait. La libéralisation du voile constitue en effet une revendication emblématique de l'islam politique en Turquie depuis plusieurs décennies.

 

Parlant d'une réforme "historique", le chef du gouvernement, dont la femme est voilée comme celle de la plupart des épouses des dirigeants de son parti, a estimé que "la République (turque) est la République des 76 millions d'habitants de la Turquie. (...) Les femmes voilées sont des membres à part entière de cette République, tout autant que celles qui ont la tête découverte".

 

(Pour mémoire: Dans la Turquie d'Erdogan, les symboles islamiques ont la cote)

 

La mesure est officiellement entrée en vigueur après sa publication mardi matin dans le Journal officiel, dans le cadre d'un nouveau règlement vestimentaire pour les fonctionnaires qui autorise aussi les hommes à porter la barbe.

La précédente disposition, rédigée en 1982, deux ans après un coup d'Etat militaire, astreignait les femmes à se présenter au travail "la tête découverte", en l'occurrence sans être coiffées du voile islamique, et les hommes à être soigneusement rasés.

L'armée et la police ainsi que la magistrature continueront d'être soumises à l'interdiction du foulard et de la barbe.

 

"Une période sombre touche enfin à son terme", a insisté M. Erdogan, qui a estimé que l'interdiction du voile violait le droit de culte, un délit passible d'une peine de prison.

 

Jugée inconstitutionnelle et contraire au principe de laïcité, qui est un des fondements de la République turque, la mesure libéralisant le port du voile dans les universités, en 2008, avait déjà fortement divisé la société turque. Mais l'AKP au pouvoir depuis 11 ans a toujours défendu le port du voile dans tous les domaines.

Le journal pro-gouvernemental Sabah jubilait mardi en "Une" : "La honte du voile rejetée dans les limbes de l'Histoire".

 

(Pour mémoire: Erdogan anti-alcool jusqu’au bout)

 

L'opposition et les cercles pro-laïcité turcs ont, de leur côté, dénoncé cette mesure, estimant qu'elle constitue une nouvelle brèche dans le symbole de la Turquie musulmane mais laïque voulue par le fondateur de la République, Mustafa Kemal Atatürk.

 

Le principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) ne s'est pas clairement opposé à la libéralisation du voile dans l'administration. Mais il a estimé que cette liberté pouvait rapidement dégénérer, si elle venait par exemple à s'appliquer au niqab, le voile couvrant tout le visage à l'exception des yeux.

"Erdogan veut faire de la Turquie un pays qui vit selon les seules règles du coran", a estimé un influent député de cette formation, Muharrem Ince. Le parlementaire s'est en particulier inquiété de "la pression du quartier" sur les femmes, estimant que l'autorisation du hijab pourrait bien vite se transformer en une obligation de fait, certaines femmes préférant se couvrir afin de se mettre à l'abri des critiques.

 

Accusé de vouloir "islamiser" la société avec des références de plus en plus visibles à l'islam, le parti gouvernemental avait déjà suscité une vague de contestation au sein des milieux pro-laïcs après plusieurs dispositions surtaxant l'alcool et restreignant sa vente et sa consommation, bannie par l'islam.

En juin dernier, 2,5 millions de personnes ont protesté dans les rues contre la politique autoritaire de M. Erdogan, une fronde sans pareille depuis que l'AKP a pris les rênes de la Turquie en 2002.

 

 

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Quand Erdogan fait son Atatürk... à rebours

 

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"Nous avons abrogé aujourd'hui une disposition archaïque qui était contre l'esprit de la République, c'est un pas vers la normalisation", a dit M. Erdogan lors de son discours hebdomadaire au Parlement devant les députés de son Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste).
 
Fortement ovationné par ses députés sur cette mesure inclue dans un train de réformes présentées le 30 septembre dernier et visant à démocratiser la Turquie, M. Erdogan est apparu très satisfait. La libéralisation du voile constitue...
commentaires (8)

OU QUAND LES EUROPEENS L'ONT ECHAPPE BELLE !

SAKR LOUBNAN

19 h 22, le 09 octobre 2013

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Commentaires (8)

  • OU QUAND LES EUROPEENS L'ONT ECHAPPE BELLE !

    SAKR LOUBNAN

    19 h 22, le 09 octobre 2013

  • Ils veulent devenir comme les Iraniens ces Turcs ou quoi ? !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    14 h 34, le 09 octobre 2013

  • Et puis c'est gag,non? Libéralisation(sic!)...du voile(resic!) ah il,est fort l'Erdo,il est fort....c'est comme libéralisation....de l'excision,par exemple;..ou de la lapidation...fallait y penser,il l' a fait !Devrait travailler pour Nike...le jihad de la nike!

    GEDEON Christian

    12 h 23, le 09 octobre 2013

  • Transparents? Yes......

    GEDEON Christian

    12 h 19, le 09 octobre 2013

  • Et ils pensent ainsi augmenter leurs chances d'entrer dans l'Europe ??? Bon débarras.

    Robert Malek

    19 h 49, le 08 octobre 2013

  • OHHH !!! pas grave la Turquie fait partie des "mignons gentils" par opposition aux "mechants" salafowahabites !! ca passe pour les credules , obstines et obtus .

    Jaber Kamel

    18 h 05, le 08 octobre 2013

  • CIAO ! CIAO ! BAMBINA... PLUS D'EUROPINA...

    SAKR LOUBNAN

    16 h 56, le 08 octobre 2013

  • Encore un pays qui retourne au moyen age . Triste . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    16 h 38, le 08 octobre 2013

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