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Nos lecteurs ont la parole

Les équivoques meurtrières

Par Paul Ph. EDDÉ
L’odysée onusienne de notre président de la République libanaise est achevée. Elle fut tout à son honneur. Sa lucidité, sa vision, sa fermeté et ses espoirs ont impressionné et convaincu ses pairs, qui l’ont assuré de leur soutien. Le Liban – tout le Liban – doit lui en être reconnaissant sans réserve.
Commence à présent l’entame indispensable de l’iceberg gouvernemental. Serait-ce la partie la plus délicate de son mandat et de sa mission ? Le président Sleiman, aureolé de son prestige international, sera confronté à nos médiocrities, notre nanisme politique, nos égoïsmes confessionnels, notre incorrigible myopie nationale et notre cancer endémique des compromissions assassines. Sur la base – à bétonner – de la neutralité positive du Liban et de son non-ingérence dans les conflits où se consument nos contagieux voisins, ainsi que de notre indispensable souveraineté sur la totalité de notre territoire national, le Hezbollah – décidément bien remuant – peut-il faire partie de notre futur gouvernement (en bien douloureuse gestation) sans retirer ses combattants de Syrie ? De plus, un dialogue national décisif et exécutoire devrait se tenir sur les armes détenues par quelque partie que ce soit, en contradiction flagrante avec le privilège exclusif de l’armée nationale. Or c’est précisément là que se situe le nœud du problème. En l’occurrence, la décision n’appartient guère au Hezbollah siégeant à la table d’un éventuel dialogue existentiel, mais bien à son mentor iranien. On se retrouverait donc face à une question d’ordre stratégique mondial sans aucune visibilité au stade actuel : quelle serait la latitude, la marge opérationnelle, l’éventuelle ligne à ne pas franchir, que la communauté internationale laisserait à l’Iran dans notre région du Proche et Moyen-Orient ? (Question d’ailleurs liée à de nombreux problèmes irrésolus).
Détenons-nous une réponse quelconque ?...
Si l’on choisissait de constituer temporairement un gouvernement apolitique qui aurait pour mission de faire redémarrer les institutions étatiques et s’occuperait des indispensables besoins du peuple et de notre économie durement éprouvée, cela ne poserait pas problème dans l’immédiat. Mais dans le cas où l’on souscrirait aux exigencies répétitives du Hezbollah pour un gouvernement politique s’octroyant des décisions majeures, l’État libanais ne peut pas lui laisser ses armes et missiles prétendument « destinés exclusivement contre Israël et jamais contre l’intérieur du Liban ». De qui se moque-t-on ? Nous resterions dans le mensonge, l’équivoque, l’insécurité, les assassinats, la peur, et une « cosmétique » meurtrière et anxiogène qui maintiendraient irresponsablement les Libanais en humiliante dépendance et en avenir incertain. Cette intolérable monstruosité, les Libanais n’ont jamais cessé de la marteler. Il est grand temps que la chirurgie radicale et réparatrice se substitue aux inopérants analgésiques d’apothicaire. Prenons garde ! L’histoire tragique des peuples aveugles ou résignés est impitoyable.
L’odysée onusienne de notre président de la République libanaise est achevée. Elle fut tout à son honneur. Sa lucidité, sa vision, sa fermeté et ses espoirs ont impressionné et convaincu ses pairs, qui l’ont assuré de leur soutien. Le Liban – tout le Liban – doit lui en être reconnaissant sans réserve.Commence à présent l’entame indispensable de l’iceberg gouvernemental. Serait-ce la partie la plus délicate de son mandat et de sa mission ? Le président Sleiman, aureolé de son prestige international, sera confronté à nos médiocrities, notre nanisme politique, nos égoïsmes confessionnels, notre incorrigible myopie nationale et notre cancer endémique des compromissions assassines. Sur la base – à bétonner – de la neutralité positive du Liban et de son non-ingérence dans les conflits où se consument...
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