Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Fais-moi mal

Georges TYAN
Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté! Intemporelle, cette chanson de Guy Béart et combien porteuse de vérité dans ses refrains.
On dirait que les gens ont peur d’affronter la vérité, il y a toujours des subterfuges, des faux-fuyants pour contourner les difficultés, sinon on baisse les bras, on se tasse dans un coin, à ruminer sa désolation de ne pas avoir le courage d’agir, de faire quelque chose pour surmonter les problèmes.
Vous n’êtes pas un cas isolé, vous vous fondez dans la masse qui vous happe. Ensemble, vous ressassez à qui mieux mieux votre poltronnerie. Vous bâtissez des châteaux en Espagne, échafaudez des plans pour conquérir le monde qui vont crescendo à mesure que le ton du blabla augmente puis, d’un coup, le soufflé retombe, il n’y a pas de héros pour aller au casse-pipe.
La veulerie prend le dessus, que peut-on faire contre les puissants? Rien! Ils ont toujours raison, même quand ils ont tort, ils savent tout mieux que vous. Qui donne ordonne, pardi! Vos velléités de sortir du rang seront vite balayées. Qui penses-tu, être misérable, ver de terre, pour oser m’importuner avec tes remarques?
D’un regard cinglant, ils vous renvoient à votre strapontin. «Gardez votre rang», qu’ils disent, en se balançant dans de confortables fauteuils capitonnés tendus de cuir, vous toisent du haut de leur grandeur, l’index menaçant, la bave aux lèvres, vous vouant aux pires gémonies si le culot vous prend de recommencer.
C’est ainsi qu’est fait le monde. Encore heureux de ne pas vous faire passer à tabac par la bande de gardes-chiourmes qui les entourent et qui vous lancent des regards furibonds, chargés de haine pour avoir osé prendre le contre-pied des idées claires, précises et limpides de leur patron, buvant ses paroles comme si c’était de l’eau bénite.
Vous avez commis un crime de lèse-majesté. Pour vous, c’est du non-sens. Les inepties coulent à flots, au point de déborder sur la quintessence de l’hérésie la plus totale. C’est ainsi qu’ils fonctionnent, ils gèrent leurs troupes, pour ne pas écrire meutes, par un obscurantisme à outrance. Ils ont instauré la peur de l’autre, la suspicion, comme mode de gouvernance politique.
Qui n’est pas avec nous est contre nous. C’est le leitmotiv de toutes les parties en présence. Comme si notre ennemi séculaire, Israël en l’occurrence, ne faisait plus l’affaire, ils s’en vont maintenant inventer de nouveaux moulins à vent à qui, comme Don Quichotte, ils vont donner l’assaut. Compte non tenu des bisbilles, des chicaneries et des coups tordus qu’ils se font entre eux.
Fais-moi mal! Et l’autre de rétorquer tout heureux: avec joie. À ce petit jeu, il n’y a que des masochistes, les sadiques ont déclaré forfait, plus personne pour dire non et se vautrer dans la liesse orgiaque de contempler l’autre souffrir de ne pas souffrir.
En attendant, tout périclite. Le pays va à vau-l’eau. J’épargnerai au lecteur la sempiternelle litanie des matières essentielles qui font défaut à son quotidien, il en a soupé. Toujours est-il que ce qui manque au Libanais de base se trouve à profusion chez ses dirigeants qui, soit dit en passant, ne souffrent d’aucune pénurie, sauf peut-être d’un peu de bon sens pour juguler la tornade qui menace.
Qu’ils ne s’aiment pas n’est pas un problème. Qu’ils dénigrent le peuple, c’est naturel, à part que l’on n’a que ce que l’on mérite, ces visiteurs d’un soir tous les quatre ans, actuellement un peu (beaucoup?) plus, n’ont jamais brillé par leur présence à ses petits soins.
Sinon, où est donc cette armée forte que l’on appelle de tous nos vœux? La sécurité à l’étendue de tout le pays? Et ce n’est pas en optant tout les quatre matins pour un programme sécuritaire pour une région déterminée qu’on la réalise. La justice pour tous, le respect de la loi, alors que foisonnent les zones de non-droit, havres des hors-la-loi. C’est un euphémisme.
C’est une insulte à notre amour pour ce pays que l’on veut souverain, indépendant et libre de toute attache étrangère. Pour notre malheur, ceux qui se sont érigés en dirigeants, soit par la force des armes, soit en réminiscences d’un passé récent, tous venus à bord des cars de l’occupant, font de tout pour l’arrimer à des courants antagonistes et qui, dans le meilleur des cas, lui resteront hostiles.
Le Liban, messieurs, n’est pas un marche-pied. Son peuple n’a que trop souffert des ingérences étrangères. La leçon aurait dû maintenant être bien apprise. Aucune des puissances, quelle que soit sa taille, appelée à la rescousse par l’une ou l’autre partie n’a fait son bonheur; au contraire, à chaque fois, il s’enfonçait encore plus dans des clivages inédits mais mortels.
Ce jeu destructif doit immédiatement cesser. Nul d’entre vous ne parviendra à annuler l’autre ou le vaincre. Vous ne faites du mal qu’au bon peuple de mon pays; chaque jour qui passe, vous creusez plus profondément sa tombe.
De législateurs, vous êtes devenus les fossoyeurs patentés de la République.

Georges TYAN
Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté! Intemporelle, cette chanson de Guy Béart et combien porteuse de vérité dans ses refrains.On dirait que les gens ont peur d’affronter la vérité, il y a toujours des subterfuges, des faux-fuyants pour contourner les difficultés, sinon on baisse les bras, on se tasse dans un coin, à ruminer sa désolation de ne pas avoir le courage d’agir, de faire quelque chose pour surmonter les problèmes.Vous n’êtes pas un cas isolé, vous vous fondez dans la masse qui vous happe. Ensemble, vous ressassez à qui mieux mieux votre poltronnerie. Vous bâtissez des châteaux en Espagne, échafaudez des plans pour conquérir le monde qui vont crescendo à mesure que le ton du blabla augmente puis, d’un coup, le soufflé retombe, il n’y a pas de héros pour aller au casse-pipe. La...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut