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Liban

« Quelle est l’utilité de l’initiative Berry tant que le Hezbollah pose des lignes rouges ? » s’interroge Geagea

Samir Geagea au cours de l’interview accordée au journaliste de la revue égyptienne « Rose el-Youssef ». Photo ANI

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a minimisé l’importance de l’initiative de règlement du président de la Chambre, Nabih Berry, en estimant que les conditions posées par le Hezbollah représentent un obstacle à tout dialogue fructueux.
« Toutes les parties politiques libanaises ont tendance à vouloir réagir positivement à l’initiative Berry, sauf le Hezbollah qui n’est pas encore prêt. Il y a lieu de s’interroger dès lors sur l’utilité de cette initiative. Le Hezbollah considère ses armes comme une ligne rouge et ne veut d’aucun débat sérieux autour de l’État. Il est attaché à son idéologie, à ses idées, à son projet politique et à ses engagements extérieurs qui le poussent à hypothéquer les décisions stratégiques de l’État libanais. De quoi devrons-nous alors débattre ? De ce qui reste de l’État libanais ? Nous voulons engager avec lui des pourparlers autour de ce qu’il a pris de l’État. Or il ne veut pas en entendre parler sous prétexte que ses armes sont hors de tout débat », a déclaré M. Geagea dans une interview à paraître samedi dans la revue égyptienne Rose el-Youssef.
Interrogé au sujet de la possibilité d’une prolongation du mandat du chef de l’État, Michel Sleiman, il a rappelé que le président a catégoriquement rejeté une telle option, avant de plaider en faveur de l’organisation d’une présidentielle « sérieuse, loin de toute complication, d’autant que, depuis la fin de la guerre, les présidentielles au Liban étaient soumises aux pressions assadistes qui en faisaient de simples nominations ».
Prié de dire s’il était candidat à la magistrature suprême, M. Geagea a affirmé qu’il était prématuré de soulever la question. « Huit mois nous séparent de la présidentielle. Au Liban, il est encore tôt d’en discuter d’autant que nous sommes habitués aux candidatures présentées huit heures avant la date de l’élection », a affirmé le chef des FL.
Il a par ailleurs appelé à la formation d’un nouveau gouvernement capable de prendre ses propres décisions et qui ne tienne pas compte des intérêts iraniens dans la région. Il a critiqué le gouvernement démissionnaire actuel pour sa gestion du dossier des déplacés syriens et pour « l’ensemble de son action », en estimant qu’il a « échoué sur tous les plans ». Selon M. Geagea, l’expédition des affaires courantes ne devrait pas empêcher le gouvernement démissionnaire d’assumer ses responsabilités.
À propos de la crise syrienne, il a estimé que le maintien du président Bachar el-Assad à la tête du pouvoir était désormais impossible, prévoyant que Genève 2 favorisera son départ et la formation d’un gouvernement transitoire ayant des prérogatives exécutives. « Genève 2 répartira le pouvoir entre les deux camps modérés auprès du régime et de l’opposition syrienne », a-t-il analysé, avant d’écarter, en réponse à une question, la possibilité de frappes occidentales contre la Syrie.
Concernant les craintes exprimées au sujet de l’éventualité d’une infiltration de combattants des mouvements extrémistes tels al-Nosra ou el-Qaëda au Liban, M. Geagea a jugé qu’elles étaient infondées, « dans la mesure où les services de sécurité libanais et l’ensemble de la classe politique sont opposés à ces groupuscules et sont déterminés à leur faire face et à les combattre ».
Le chef des Forces libanaises a enfin salué l’initiative du gouvernement égyptien de reconstruire des églises détruites par les extrémistes.
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a minimisé l’importance de l’initiative de règlement du président de la Chambre, Nabih Berry, en estimant que les conditions posées par le Hezbollah représentent un obstacle à tout dialogue fructueux. « Toutes les parties politiques libanaises ont tendance à vouloir réagir positivement à l’initiative Berry, sauf le Hezbollah qui n’est pas encore prêt. Il y a lieu de s’interroger dès lors sur l’utilité de cette initiative. Le Hezbollah considère ses armes comme une ligne rouge et ne veut d’aucun débat sérieux autour de l’État. Il est attaché à son idéologie, à ses idées, à son projet politique et à ses engagements extérieurs qui le poussent à hypothéquer les décisions stratégiques de l’État libanais. De quoi devrons-nous alors débattre ? De ce...
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