Signé entre le Corps de production et de construction du Xinjiang (XPCC) et KSG Agro, une entreprise agricole ukrainienne, l’accord aurait permis initialement à la Chine d’exploiter 100 000 hectares de terre pour des récoltes et l’élevage de porcs. Prévu sur cinquante ans, le contrat aurait inclus jusqu’à trois millions d’hectares de terres. Une surface qui correspond à 5 % du pays, soit la taille de la Belgique.
Sur son site Internet, KSG Agro a donc publié un démenti dans lequel elle explique « avoir signé le 31 mai 2013 une lettre d’intention avec XPCC » notamment. L’entreprise ukrainienne a ensuite « travaillé avec ses partenaires chinois sur un accord de coopération » prévoyant « l’installation d’un système d’irrigation à goutte sur une zone de 3 000 hectares ». La « première étape d’un projet qui pourrait s’étendre graduellement dans le futur », espère la société agricole. Avant de déclarer qu’elle n’a « aucune intention ni même droit de vendre des terres aux étrangers, y compris aux Chinois ». La loi ukrainienne interdit en effet ce genre de pratique.
Il existe donc bien un accord entre les entreprises ukrainienne et chinoise mais rien de tel que ce qui a été décrit dans certains médias. Toutefois, au vu des besoins alimentaires de la Chine (en 2010, le pays a importé 1,5 million de tonnes de maïs), de tels accords pourraient rapidement se mettre en place. L’année dernière, Pékin a accordé un prêt de trois milliards de dollars à Kiev afin de favoriser les importations de maïs.
Cette « fumée » est très importante et révélatrice. Premièrement, est-ce une nouvelle forme de colonialisme de cette nouvelle puissance ? Deuxièment, on était habitué à ce genre de transactions pour les ressources naturelles rares comme le pétrole et le gaz. Est-ce que les terres agricoles sont les prochaines « ressources rares » dans lesquelles il faut investir ?


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