Malala Yousafzai, la pakistanaise devenue symbole de la lutte pour le droit à l’éducation, a exprimé à l’ONU son appui pour un plan visant à scolariser près de 400 mille enfants syriens réfugiés au Liban. Photo AFP
Saluant dans ce cadre « les efforts des Amis du Liban qui se réunissent pour examiner les moyens d’assister le Liban dans la gestion de sa crise », le 14 Mars a souhaité en même temps « un appui international clair et concret pour une mise en œuvre à la lettre de la résolution 1701 ». Il a également appelé la communauté internationale à « considérer la déclaration de Baabda comme le fondement du principe de la neutralité du Liban par rapport aux crises régionales, nécessaire pour résoudre notre crise intérieure ». Pour le secrétariat général du 14 Mars, en effet, cette résolution constitue « une feuille de route détaillée qui vise à redonner à l’État libanais son entière souveraineté (...), puisqu’elle prévoit notamment le tracé des frontières terrestres sud, est et nord, en vue d’interdire le trafic des armes et le passage illégal d’éléments armés ».
Le secrétariat général du 14 Mars a révélé dans ce cadre « être dans l’expectative d’un progrès concret pour la mise en œuvre de cette résolution, à travers une transition subtile, sous le parrainage des Nations unies, de la phase de l’arrêt des agressions à celle du cessez-le-feu aux frontières est et nord du Liban ».
C’est dans ce contexte que se situerait en outre la déclaration de Baabda du 11 juin 2012, qui consacrerait l’obligation de « ne pas utiliser le Liban comme base, passage ou moyen de circulation des armes et des éléments armés, dans le respect des résolutions internationales, y compris la 1701 », comme l’a rappelé le communiqué.
Mais le terrain continue de révéler la complexité de la gestion de la présence des réfugiés, à tous les niveaux, et surtout l’absence de l’État que des initiatives ponctuelles tentent de combler.
C’est le Liban-Sud qui a été hier le théâtre de plusieurs incidents. Ainsi, les Forces de sécurité intérieure ont arrêté deux Syriens (Mahmoud Abdallah et Fadi Sleimane Ali Hmad) au village frontalier de Rmeich pour être entrés sans permis dans une zone régie par la résolution 1701. Pareil accès pour des Libanais nécessiterait une autorisation délivrée par les services de renseignements de l’armée.
L’exemple de Jabal
el-Cheikh
En outre, une altercation a eu lieu dans le village frontalier al-Mari entre un groupe de réfugiés syriens, d’une part, et la famille d’Ahmad Osman, d’autre part. Nadira Osman a été grièvement blessée et transportée à l’hôpital gouvernemental de Marjeyoun, selon des sources sécuritaires citées par l’agence d’informations al-Markaziya. Ce serait à la suite de nombreux incidents similaires que des municipalités du Sud ont décidé d’imposer un couvre-feu aux réfugiés syriens entre 20 heures et 5 heures.
Par ailleurs, la perméabilité des frontières pose le problème d’un trafic peu contrôlé. Le cas du couloir de Jabal el-Cheikh en est révélateur, puisqu’il aurait permis jusque-là un afflux ininterrompu de réfugiés vers les villages de Chebaa, Arkoub, Hasbaya, qui comptent actuellement près de 6 000 Syriens, selon des sources d’al-Markaziya.
Par exemple, neuf réfugiés syriens sont arrivés hier au village de Chebaa à travers le couloir de Jabal el-Cheikh en provenance du village syrien de Beit Jin, tandis que 17 autres, présents à Chebaa, sont rentrés à leur village par la même route. Si les forces de sécurité ne peuvent fermer les couloirs pour des raisons humanitaires, elles comptent renforcer le contrôle des trafics illégaux par cette voie.
Le problème
de la scolarisation
Un autre problème qui se pose est celui de la scolarisation des enfants syriens. L’absence d’un plan officiel à ce niveau est compensée, tant bien que mal, par des initiatives privées. Ainsi, l’association caritative Ichraq Nour, dirigée par cheikh Mohammad Zoghbi, s’est entendue avec l’école privée al-Iman, à Chebaa, pour prendre en charge les après-midi 130 élèves syriens qui suivraient le programme de leur pays avec des enseignants syriens. Le reste des 600 enfants syriens présents à Chebaa doivent être inscrits dans des écoles publiques, à la charge de l’association, quand bien même les établissements publics sont dans l’incapacité de les accueillir tous.
Le message de Malala
Il est important de s’attarder dans ce cadre sur le plan pédagogique onusien visant à permettre à près de 400 000 enfants syriens réfugiés au Liban d’être scolarisés. Ce plan, avancé par Gordon Brown, ancien Premier ministre britannique et actuel envoyé spécial des Nations unies pour l’éducation globale, prévoit « au plus vite » que les établissements scolaires « observent un horaire double, le matin, l’après-midi et, si besoin est, le soir ». C’est par une extension des heures d’ouverture que « plusieurs centaines de milliers d’enfants syriens pourront suivre le cursus scolaire, au lieu des 30 000 seulement qui en bénéficient actuellement ». Précisant que la mise en œuvre de ce plan nécessiterait 175 millions de dollars US, il a appelé les États donateurs à y contribuer.
Cette initiative a été appuyée par la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai dans un discours prononcé lors des travaux de l’Assemblée générale de l’ONU. Cette adolescente est devenue un symbole de l’émancipation des femmes face aux talibans, après avoir survécu à une tentative d’assassinat en 2012.


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