Rechercher
Rechercher

À La Une - Cinéma

« Mon Dieu, qui suis-je ? »

Dans « Blue Jasmine », Woody Allen fait sombrer Cate Blanchett dans la folie.

Cate Blanchett, sur les épaules de qui « Blue Jasmine » repose presque entièrement, avait abandonné toute idée de travailler avec Woody Allen. « Je pensais qu’il n’était pas intéressé », déclarait-elle avant la sortie du film.

Renouant brillamment avec sa veine dramatique, Woody Allen dresse dans Blue Jasmine le portrait « absurde et tragique » d’une femme sombrant dans la folie et fait entrer l’Australienne Cate Blanchett dans son panthéon d’héroïnes aussi névrosées qu’attachantes. Le nouvel opus du maître new-yorkais marque aussi son retour aux États-Unis, après un long détour en Europe où il a tourné sept de ses huit derniers films, notamment Minuit à Paris (2011), son plus gros succès public à ce jour (56,8 millions de dollars).
Blue Jasmine, sorti fin juillet dans six salles à New York et à Los Angeles, avant une sortie nationale le 23 août, a déjà rapporté près de 30 millions de dollars aux États-Unis, se rapprochant des scores de Manhattan et Annie Hall (respectivement 39,9 et 38 millions de dollars). Le film, tourné à New York et San Francisco, repose presque entièrement sur les épaules de Cate Blanchett, qui avait pourtant « abandonné toute idée de travailler avec (Allen). Je pensais qu’il n’était pas intéressé », déclarait-elle à la presse avant la sortie américaine du film. Elle incarne Jasmine, l’épouse comblée d’un richissime investisseur financier à la Bernard Madoff (Alec Baldwin), qui perd sa fortune et son rang dans la haute société new-yorkaise lorsque son mari est arrêté pour fraude. Complètement déstabilisée et psychologiquement fragile, elle décide de refaire sa vie à San Francisco et s’installe chez sa sœur (Sally Hawkins), avec laquelle elle n’a aucun point commun.

 


« C’est un privilège de jouer le rôle principal dans un film de Woody Allen. Il a influencé la culture populaire d’une façon dont nous n’avons même pas idée », estime l’actrice, oscarisée en 2005 pour Aviator. « À la minute où j’ai lu le scénario, je l’ai trouvé fantastique. C’est parfaitement construit, c’est absurde et tragique à la fois », ajoute-t-elle. « Je pense que (Woody Allen) méprise Jasmine autant qu’il la vénère. Elle le fascine. Quand on pense à tous les extraordinaires portraits de femmes qu’il a créés avec tant d’actrices merveilleuses, on voit qu’il aime et qu’il est fasciné par les femmes, leur exubérance, leur intelligence, leurs craintes et leurs phobies », dit-elle.

Vodka et pilules
Cate Blanchett incarne à merveille l’instabilité chronique de Jasmine, sa fuite en avant désespérée et son obsession de retrouver son rang et un confort illusoire, entre vodka et antidépresseurs. Elle « n’a pas eu besoin d’aimer » Jasmine pour l’incarner, mais a éprouvé pour elle une forme de « compassion ». « Je ne pense pas que vous ayez besoin d’aimer (vos personnages). C’est la porte ouverte à la sentimentalité. Particulièrement avec quelqu’un comme Jasmine, qui fait beaucoup de choses désagréables », dit-elle. « Mais si vous comprenez pourquoi un personnage fait ce qu’il fait, pourquoi il agit d’une certaine manière, alors votre travail (d’acteur) est de le montrer », explique-t-elle.
L’actrice, que l’on a pu voir dans la trilogie du Seigneur des anneaux, L’étrange histoire de Benjamin Button ou Robin des Bois, a en outre bénéficié de quelques indications de Woody Allen, pourtant allergique aux grandes discussions avec ses acteurs. « Il répondait quand il trouvait les questions intéressantes. Dans le cas contraire, il m’ignorait et retournait à son Blackberry », ironise-t-elle.
Pour l’actrice, un destin à la Jasmine est malheureusement une réalité pour beaucoup de gens. « Cela arrive partout. Quand la conscience de soi est liée à une relation sentimentale, un statut financier, un groupe social, et que ces derniers viennent à disparaître, on peut se retrouver devant le miroir, souvent à mi-chemin de son existence, et se demander : mon Dieu, qui suis-je ? dit-elle. Et si vous n’avez pas une sécurité financière, une structure pour vous soutenir, alors la folie peut s’installer très vite. »


Renouant brillamment avec sa veine dramatique, Woody Allen dresse dans Blue Jasmine le portrait « absurde et tragique » d’une femme sombrant dans la folie et fait entrer l’Australienne Cate Blanchett dans son panthéon d’héroïnes aussi névrosées qu’attachantes. Le nouvel opus du maître new-yorkais marque aussi son retour aux États-Unis, après un long détour en Europe où il a tourné sept de ses huit derniers films, notamment Minuit à Paris (2011), son plus gros succès public à ce jour (56,8 millions de dollars).Blue Jasmine, sorti fin juillet dans six salles à New York et à Los Angeles, avant une sortie nationale le 23 août, a déjà rapporté près de 30 millions de dollars aux États-Unis, se rapprochant des scores de Manhattan et Annie Hall (respectivement 39,9 et 38 millions de dollars). Le film, tourné à...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut