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À La Une - L'homme De La Semaine

Nick Sloane, l'expert marin qui a redressé le Concordia

Le spécialiste mondial du renflouement de navires a joué sa réputation dans l'opération de redressement du paquebot de croisière échoué sur l'île toscane du Giglio.

Nick Sloane à la fin des opérations de redressement du Concordia près de l'île Toscane du Giglio le 17 septembre 2013. AFP PHOTO / ANDREAS SOLARO

Voix douce, silhouette trapue, Nick Sloane, peu à l'aise en public mais charmant en petit comité devant un verre de Chianti dont il est friand, est de ces marins au long cours qui parlent peu mais de façon efficace.

 

"Le +parbuckling+ (rotation) du Concordia, est mon plus grand défi", avait-il reconnu en présentant l'opération à la presse il y a quelques jours.
"Tant par la taille du bateau (aussi long que trois terrains de foot et haut comme un immeuble d'une dizaine d'étages) que par la position dans laquelle il se trouve (couché sur des rochers)".

Des difficultés qui n'ont cependant pas empêché ce Globe-trotter amateur de risques de redresser lors d'une opération sans précédent qui a duré une vingtaine d'heure, le paquebot de croisière géant échoué le 13 janvier 2012 avec 4.229 personnes à bord près de l'île toscane du Giglio.

Cet exploit est très important pour Nick Sloane, qui a une tendresse particulière pour le Concordia : sur le chantier, il arborait un polo frappé de sa devise : "détermination et amour".

 

 

 

Sur toutes les mers de la planète
D'ailleurs, ce marin expert n'a pas été choisi par hasard pour cette mission presque impossible. Né le 5 juillet 1961 en Zambie, reçu capitaine de Marine en 1989, il se spécialise très vite dans le sauvetage des navires, et c'est ainsi que depuis près de trente ans, il est reconnu comme un expert mondial dans ce domaine.


Pakistan, Arabie saoudite, Yémen, Emirats arabes unis, Etats-Unis, Australie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Brésil, Mexique, Hong Kong... Nick Sloane a endossé son costume d'aventurier-sauveteur sur toutes les mers de la planète.

"Exposé à de nombreuses reprises à des pressions aussi bien politiques qu'environnementales" - c'est ce que précise sa biographie -, il passe du sauvetage d'un navire incendié par des pirates dans le golfe d'Aden au chantier d'une plate-forme pétrolière au large des côtes mexicaines.

Parmi ses faits d'armes, figure également son intervention sur des oléoducs et des infrastructures pétrolières endommagés en Afghanistan et en Irak après les interventions militaires américaines de 2002 et 2003.

(Pour mémoire : Costa Concordia : le capitaine aurait-il fait naufrage en voulant faire plaisir à un serveur ?)

Depuis 2011, il possède sa propre société, la Sloane Maritime Ltd, dont le siège est à l'île Maurice. Spécialisée dans la gestion de crises navales, elle s'occupe également de consulting dans le secteur pétrolier.

Le chantier du Concordia était donc un enjeu énorme pour sa réputation personnelle en tant que "senior salvage master" et un risque financier d'envergure pour sa toute jeune entreprise. Le montant de son contrat est inconnu mais l'opération de renflouement a déjà coûté plus de 600 millions d'euros.

 

 

Les choses n'ont pas été faciles

Jeudi, à quelques jours du point d'orgue de ce fabuleux projet, ce père de trois enfants, marié depuis 24 ans, s'est dit "optimiste, vraiment optimiste".

Et pourtant, les choses n'ont pas été faciles dans ce "Parbuckling Project", débuté il y a plus d'un an.

Ainsi, l'hiver dernier, Sloane et ses équipes ont dû affronter le climat spécifique de cette partie de la côte toscane - Sloane a dit redouter "un coup de sirocco, avec de grandes vagues, violentes" - qui avait engendré de nombreux retards.

Autre grosse difficulté désormais surmontée : le sol granitique très dur a rendu difficile le forage et la mise en place d'énormes plateformes qui recevront une partie de la quille du navire une fois redressé.

"On nous a posé beaucoup de questions à l'époque, du type +Etes-vous certain que ça va marcher ? C'est complètement dingue !+", se souvient-il.


A la tête d'une équipe "multiculturelle" de 500 personnes de près de 30 nationalités dont il a loué la "cohésion" , il a confié, avec un flegme de golfeur -- son sport favori avec la voile - que lui et ses hommes étaient "excités" et "avaient hâte que l'opération commence".

Pour célébrer cet exploit, Sloane aurait fêter l'évènement en allumant un cigare : "je m'imagine en train de le fumer sur le pont du Concordia pendant qu'il est remorqué au loin", avait-il confié à l'AFP quelques jours avant le début des opérations de redressement.



Pour mémoire
La tragédie du Concordia, un an après...

Voix douce, silhouette trapue, Nick Sloane, peu à l'aise en public mais charmant en petit comité devant un verre de Chianti dont il est friand, est de ces marins au long cours qui parlent peu mais de façon efficace.
 
"Le +parbuckling+ (rotation) du Concordia, est mon plus grand défi", avait-il reconnu en présentant l'opération à la presse il y a quelques jours. "Tant par la taille du bateau (aussi long que trois terrains de foot et haut comme un immeuble d'une dizaine d'étages) que par la position dans laquelle il se trouve (couché sur des rochers)".Des difficultés qui n'ont cependant pas empêché ce Globe-trotter amateur de risques de redresser lors d'une opération sans précédent qui a duré une vingtaine d'heure, le paquebot de croisière géant échoué le 13 janvier 2012 avec 4.229 personnes à bord près de l'île...
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