Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Convive plutôt que menu...

Jean HARFOUCHE
Un pasteur protestant se dirigeant vers Saïda déclarait vouloir y fonder deux écoles. On lui fit valoir qu’une seule aurait suffi pour une si petite ville... – c’était au début du siècle dernier. «Oui mais mon antagoniste, le jésuite, m’y suivra automatiquement pour y fonder la sienne»,
répliquait-il.
Aujourd’hui, le même phénomène se reproduit : à peine le Hezbollah a-t-il digéré sa victoire politique sur Israël – ce dont nous lui sommes reconnaissants – qu’il a voulu avoir une envergure internationale en étendant sa zone d’influence un peu partout, en particulier en Syrie. Résultat, son antagoniste est apparu; peu importe qu’il s’appelle Assir, el-Qaëda ou tout autre. Le résultat est là : des attentats et contre-attentats, un peu partout, spécialement dans la banlieue sud et sur les fronts où le Hezbollah est présent. Voilà les deux antagonistes face à face, à la grande joie de tous ceux qui ont eu à souffrir de leurs agissements. Notre attention est malheureusement braquée sur ces deux partis locaux ennemis.
Mais on occulte le plus grave: les déplacements de population, celle-ci se dirigeant, pour plus de sécurité, vers les zones où ses coreligionnaires sont les plus nombreux. Exemple: les Kurdes syriens qui prennent la direction du Kurdistan irakien. Cela ne vous dit rien?
En consultant une carte du Grand Israël, établie et souhaitée par ses pères fondateurs et publiée vers l’époque de la déclaration Balfour (début XXe siècle), on constate que le Moyen-Orient était divisé en mini-États confessionnels groupés autour d’un point d’orgue : le Grand Israël. Nous constatons un début de réalisation de ce projet.
Que le découpage du Moyen-Orient s’appelle accord Sykes-Picot – du temps où les puissances coloniales se croyaient maîtresses du destin de nos régions et imposaient leurs lois sans nous consulter –, ou bien, comme à l’heure actuelle, ce découpage soit dû à un état de faits (encouragé en sous-main ?) par l’afflux de tous les auteurs et victimes d’attentats, en Syrie et au Liban, y aurait-il complicité avec certain gouvernant que cela n’étonnerait pas. Après tout, en faire un abcès de fixation pourrait faciliter l’affaiblissement des combattants. Cet état de fait soulage tous les grands de ce monde.
Tout confirme l’inquiétude que cause cet état de guerre que les grandes puissances installent chez nous.
La presse internationale, inutile de le souligner, occulte tout ce qui pourrait ouvrir les yeux de l’opinion publique (malgré l’arrivée tardive sur le marché américain de la chaîne de télévision al-Jazira). Sa puissance est considérable et, malgré nous, nous influence, ou tout au moins nous neutralise; elle motive et mobilise tous ces dons qui soutiennent Israël. Nous lisons chaque jour un rappel de la Shoah, horreur d’un État raciste nazi, par excellence, avec ses millions de victimes. Notre attention est éloignée des autres morts que ce parti destructeur a pu causer et qui sont au moins dix fois plus nombreux. Nous assistons à la montée en puissance à nos frontières du dernier État nazi du monde, à savoir Israël – puisque ce qualificatif désigne un État raciste. Ne pas oublier que le dernier État ayant adopté cette idéologie est responsable d’une guerre mondiale. Je rappelle que feu Michel Chiha, lucide parmi les plus lucides, avait prédit, lors de la création d’Israël, que la proclamation de la naissance de cet État ébranlerait la paix dans le monde jusqu’au fin fond de la Patagonie.
La question qui se pose est celle-ci: quel est donc cet État qui n’a pas encore défini ses frontières tant territoriales que maritimes qui négocie les nouvelles limites de la Palestine?
Autre question: à quel nouveau découpage à la Sykes-Picot de nos régions allons-nous assister? Feu Ghassan Tuéni disait que le Liban se débat pour être à la table des négociations plutôt que d’en être le menu...
Quelles nouvelles frontières tracées dans les sables du désert, qu’un chameau ne respecterait pas, allons-nous voir apparaître au gré des intérêts pétroliers? Ou des migrations forcées.
Ce simple billet, écrit par un simple lecteur de journal, a-t-il un sens? Sinon celui de rappeler à tous nos concitoyens-combattants que nos frontières, nos richesses en eau et en pétrole, nos terrains agricoles, notre patrie sont en danger. La plus grande victoire remportée par ces combattants, pour avantager un régime ou l’autre en Syrie, ne saurait compenser la mise en danger d’un mètre carré de notre territoire national.
Le Liban a besoin de tous ses fils et même, peut-être, de la plume d’un simple lecteur de votre journal.

Jean HARFOUCHE
Un pasteur protestant se dirigeant vers Saïda déclarait vouloir y fonder deux écoles. On lui fit valoir qu’une seule aurait suffi pour une si petite ville... – c’était au début du siècle dernier. «Oui mais mon antagoniste, le jésuite, m’y suivra automatiquement pour y fonder la sienne», répliquait-il. Aujourd’hui, le même phénomène se reproduit : à peine le Hezbollah a-t-il digéré sa victoire politique sur Israël – ce dont nous lui sommes reconnaissants – qu’il a voulu avoir une envergure internationale en étendant sa zone d’influence un peu partout, en particulier en Syrie. Résultat, son antagoniste est apparu; peu importe qu’il s’appelle Assir, el-Qaëda ou tout autre. Le résultat est là : des attentats et contre-attentats, un peu partout, spécialement dans la banlieue sud et sur les fronts...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut