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Liban

Crise gouvernementale : une succession d’initiatives, mais pas de règlement en vue

C’est un début de semaine faussement dynamique qui commence aujourd’hui, le président de la Chambre, Nabih Berry, ayant décidé de poursuivre la série de contacts politiques en appui de son initiative de dialogue, avec pour objectif ultime d’aboutir à la formation d’un gouvernement, tandis que le Premier ministre démissionnaire, Nagib Mikati, s’apprête à lancer « une initiative de salut », qui s’articule également autour d’un dialogue. Sauf que l’initiative Berry reste très contestée, et rejetée au sein du 14 Mars, qui y voit une manœuvre pour court-circuiter l’initiative du président Michel Sleiman.
La délégation du bloc parlementaire de Berry poursuivra aujourd’hui sa tournée auprès des pôles politiques pour leur expliquer la proposition de règlement que le président de la Chambre avait lancée à l’occasion de la commémoration de la disparition, en Libye, de l’imam Moussa Sadr et de ses deux compagnons. Elle doit se rendre auprès des chefs des blocs parlementaires, avant de visiter les leaders des différents partis politiques.
Au cours du week-end, les députés membres du bloc se sont évertués à mettre en relief l’importance de la démarche de M. Berry et d’insister sur le fait qu’elle rejoint celle du président Michel Sleiman, qui appelle régulièrement à la reprise de la conférence nationale de dialogue et au respect de la déclaration de Baabda, approuvée par tous les participants lors des assises tenues en juin 2012.
« L’initiative Berry n’est nullement en contradiction avec la déclaration de Baabda », a ainsi indiqué le député Michel Moussa dans une déclaration à la radio, en précisant qu’avec ses interlocuteurs, la délégation souhaite « suggérer certaines idées pour un débat ». Des idées qui ne porteront pas cependant sur le gouvernement puisqu’il s’agit, toujours selon M. Moussa, d’une question « qui est du ressort du président de la République et du Premier ministre désigné », Tammam Salam. « Cette initiative a pour seul but de rapprocher les points de vue et de permettre le règlement des problèmes qui se posent pour protéger le pays face aux dangers qui le guettent », a affirmé à son tour le député Hani Kobeyssi, lors d’un meeting oratoire à Zawtar el-Gharbiyé. Il a critiqué « ceux qui, au Liban, refusent ce dialogue et restent attachés aux divisions ». « Nous craignons, alors que le Liban reste sans gouvernement et que le Parlement est paralysé, qu’ils n’attendent des instructions de l’étranger qui influeraient sur la formation d’un gouvernement, la reprise de l’activité parlementaire et plus tard, sur la présidentielle », a poursuivi M. Kobeyssi, en jugeant nécessaire d’accélérer le processus de formation du gouvernement, « pour que le Liban soit doté d’une équipe capable de le protéger contre toute lacune, notamment au niveau de la politique et de la sécurité, et de redynamiser la conférence de dialogue, à laquelle le président de la Chambre avait été le premier à appeler ».

Une Assemblée constituante
Son collègue Ali Osseirane a abondé dans le même sens, tandis que M. Kassem Hachem tombait à bras raccourcis sur le 14 Mars, l’accusant de « vouloir mettre des bâtons dans les roues de l’initiative Berry » et en insistant sur le fait que celle-ci « n’outrepasse aucune prérogative constitutionnelle ». Sa diatribe s’explique par les critiques formulées dans le camp opposé. Celui-ci s’est montré sceptique quant aux mobiles du chef du législatif. L’ancien ministre Mohammad Abdel Hamid Beydoun a ainsi relevé, dans une interview à la télévision, que M. Berry « cherche à gagner du temps pour le Hezbollah qui en a besoin pour poursuivre sa guerre en Syrie ». « Il essaie de marquer des points pour le parti de Dieu qui sent son rôle au niveau politique local diminué », a déclaré M. Beydoun.
Des pôles du 14 Mars ont été plus loin, accusant le président de la Chambre de « manœuvrer ». « Tant qu’il n’y a pas un engagement préalable en faveur de la déclaration de Baabda et de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, cette initiative n’a pas de sens et ne représente qu’une manœuvre politique. Je pense que Berry essaie d’œuvrer pour aboutir à une Assemblée constituante, davantage que pour un véritable dialogue », a ainsi affirmé le député Ahmad Fatfat, dans une déclaration à la télévision.
Après avoir insisté sur le fait que le chef de l’État est « la partie habilitée à appeler à un dialogue et à en établir l’ordre du jour », M. Fatfat a relevé que « plusieurs points dans l’initiative Berry portent atteinte aux prérogatives du président de la République, du Premier ministre désigné, du Parlement, et représentent une violation de la résolution 1701 » du Conseil de sécurité.
Faisant état d’une « tentative de se dérober aux résolutions passées » adoptées durant les assises de Baabda, M. Fatfat a rappelé que le président Sleiman avait « expressément indiqué, en appelant à la reprise de la conférence nationale de dialogue, que celle-ci devrait reprendre à partir de là où elle s’était arrêtée, à savoir avec la stratégie de défense ». « Un sujet d’autant plus important qu’il est au cœur du conflit entre nous », a-t-il indiqué, en jugeant que l’initiative Berry « porte un coup au système libanais ».
Idem pour le député Nidal Tohmé, qui a accusé M. Berry, sans le nommer, de « jeter de la poudre aux yeux », dénonçant des « initiatives fictives ». « Celui qui veut sérieusement sortir de la crise devrait changer de mentalité (...) et se conformer à la déclaration de Baabda contre laquelle une campagne de dénigrement est organisée pour tenter de la vider de son sens », a-t-il ajouté, dans une déclaration.
Plus nuancé, M. Boutros Harb a vu des éléments positifs et négatifs dans l’initiative Berry. « En agissant de la sorte, il reconnaît l’existence d’un problème qui doit être réglé, notamment l’engrenage des deux dossiers libanais et syrien, mais son initiative n’est pas globale dans la mesure où elle fait abstraction de la déclaration de Baabda, un document que le Hezbollah considère comme étant mort-né », a relevé M. Harb.
C’est un début de semaine faussement dynamique qui commence aujourd’hui, le président de la Chambre, Nabih Berry, ayant décidé de poursuivre la série de contacts politiques en appui de son initiative de dialogue, avec pour objectif ultime d’aboutir à la formation d’un gouvernement, tandis que le Premier ministre démissionnaire, Nagib Mikati, s’apprête à lancer « une initiative de salut », qui s’articule également autour d’un dialogue. Sauf que l’initiative Berry reste très contestée, et rejetée au sein du 14 Mars, qui y voit une manœuvre pour court-circuiter l’initiative du président Michel Sleiman.La délégation du bloc parlementaire de Berry poursuivra aujourd’hui sa tournée auprès des pôles politiques pour leur expliquer la proposition de règlement que le président de la Chambre avait...
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