Nadim Gemayel prononçant son allocution à l’issue de l’office. Photo Hassan Assal
Contrairement aux années précédentes, et vraisemblablement pour des raisons évidentes de sécurité, la messe de requiem marquant cette commémoration de l’attentat du 14 septembre a eu lieu non pas à Achrafieh, mais en l’église Mar Mikhaël de Bickfaya. Étaient présents à l’office divin le leader des Kataëb, le président Amine Gemayel, frère du président martyr, le député Nadim Gemayel, Mme Solange Gemayel, veuve du grand disparu, Mlle Youmna Gemayel, sa fille, ainsi que les députés Sethrida Geagea, Samy Gemayel, Jean Oghassapian, Robert Ghanem, Fady Habre, Élie Marouni, Serge TerSarkissian, Atef Majdalani, Samer Saadé, l’ancien député Pierre Daccache, les anciens ministres Ibrahim Najjar et Karim Pakradouni, le président du Mouvement de l’Indépendance, Michel Moawad, le chef du Mouvement du Changement, Élie Mahfoud, les vice-présidents du parti Kataëb, Chaker Aoun et Sejaan Azzi, ainsi que de nombreuses autres personnalités politiques.
Dans son oraison funèbre, le père Georges Jalkh a mis l’accent sur la signification et le symbole du martyre du président Béchir Gemayel et de ses compagnons le jour de la fête de la Croix. « Le martyre du président Béchir Gemayel et de ses compagnons le jour de la fête de la Croix n’est pas un hasard, il constitue plutôt un témoignage de foi et d’espérance, a notamment souligné le père Jalkh. Il (le président Béchir Gemayel) a porté la croix du Liban des 10 452 kilomètres carrés, représentatif de toutes ses composantes et communautés, en étant le précurseur sur ce plan, et il s’est employé dès le premier jour (après son élection à la présidence) à jouer un rôle de rassembleur. Le président Béchir Gemayel est devenu, à l’échelle de tout le pays, le symbole du dialogue, de l’ouverture, de la liberté et de la souveraineté. Nous devrions briser toutes les barrières qui nous séparent et nous retrouver autour des principes nationaux défendus par Béchir Gemayel », a conclu le père Jalkh.
L’allocution de Nadim Gemayel
À l’issue de la messe de requiem, le député Nadim Gemayel a prononcé une allocution dans laquelle il a commencé par relever que trois décennies après l’attentat du 14 septembre 1982, le Liban officiel a finalement honoré la mémoire du président Béchir Gemayel en attribuant son nom à la principale rue de la place des Martyrs, dans le centre-ville de Beyrouth. M. Gemayel a mis l’accent sur le caractère hautement symbolique du choix de cette rue principale. « Il s’agit de la place des Martyrs, des martyrs de la première indépendance, de la place de la lutte des Kataëb et de leur fondateur Pierre Gemayel, a notamment déclaré M. Gemayel. Il s’agit là d’autant d’événements qui ont été à la base de la République du Liban. »
Et Nadim Gemayel d’ajouter : « En ce même lieu, (repose) un autre martyr tombé pour la même cause afin de redessiner la formule sur laquelle est fondé le pays. Le nouveau contrat social a besoin lui aussi de ses martyrs, les martyrs de la cause “le Liban d’abord”. Cette place a été également le théâtre d’un autre événement fondateur de la République, en l’occurrence le grand rassemblement de plus d’un million de personnes qui a abouti au retrait de l’armée syrienne du Liban. C’est dans cette place qu’a été scandé le slogan liberté-souveraineté-indépendance. »
« La primauté de la République est le leitmotiv lancé par (le président) Béchir qui a ainsi résumé son combat et son projet en un seul mot, la République, a poursuivi Nadim Gemayel. C’est pour cette raison qu’il est tombé en martyr, et c’est pour cette raison qu’il a gagné. La résistance libanaise (les Forces libanaises) était la plus forte, sur les plans militaire, financier, des renseignements, de l’information, des ressources et des relations extérieures. Mais Béchir est resté fidèle à son serment et il a conduit toutes les factions sur la voie de la République. Lorsqu’ils œuvraient pour le Liban des 10 452 républiques, Béchir prônait le Liban des 10 452 kilomètres carrés. Il a œuvré pour la primauté de la République alors que le plan à l’époque visait au démembrement du Liban et de l’État, ce qui semble malheureusement se réaliser aujourd’hui. La primauté de la République est le rêve de Béchir et son legs. Se trouvera-t-il quelqu’un pour en prendre conscience avant l’effondrement total ? »
Et Nadim Gemayel de conclure : « La primauté de la République devrait prévaloir afin que le pays ne paie pas une fois de plus le prix de la guerre des autres sur son territoire ou de la guerre menée par certains Libanais sur le territoire des autres. La primauté de la République devrait prévaloir afin de libérer la vie politique du chantage continu, et afin de promouvoir une vie démocratique et parlementaire, dans un climat de liberté, de manière à pouvoir former un gouvernement efficace et cohérent, et à pouvoir organiser des élections législatives susceptibles d’assurer l’alternance au niveau du pouvoir. La primauté de la République devrait prévaloir afin que le vide ne s’étende pas d’une institution à l’autre pour atteindre la magistrature suprême. La primauté de la République devrait prévaloir afin qu’aucune communauté, qu’aucun parti ou aucun clan ne tente d’imposer son diktat sur le pays. »
À la place Sassine
Signalons par ailleurs que des cierges ont été allumés samedi soir à la place Sassine, à Achrafieh, devant le monument érigé à la mémoire du président Béchir Gemayel. Des banderoles sur lesquels étaient inscrits des courts passages significatifs de discours prononcés par le président martyr avaient été accrochés sur la place Sassine. Des chants partisans à la gloire de Béchir Gemayel, des Kataëb et des Forces libanaises étaient en outre diffusés dans la région.


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IL EST BIEN CE JEUNE SHEÏKH GMAYÏL ; ON L'AIME BIEN.
11 h 23, le 16 septembre 2013