Toutes les centrales nippones avaient été progressivement mises hors service sine die par précaution supplémentaire à la suite de l’accident de Fukushima causé par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011. La compagnie Kansai Electric Power (Kepco) avait toutefois reçu en juin 2012 des élus locaux et du Premier ministre d’alors, Yoshihiko Noda, l’autorisation de remettre en exploitation les réacteurs 3 et 4 d’Ohi. L’unité 4 avait pour sa part été réactivée le 19 juillet 2012. Une fois celle-ci coupée, le Japon se retrouvera de nouveau totalement privé d’énergie nucléaire plusieurs mois. Il est en effet matériellement impensable que d’autres réacteurs japonais soient relancés sous peu, même si des compagnies, dont Kepco, ont postulé pour que la sûreté de plusieurs installations soit vite certifiée par l’autorité de régulation à l’aune de nouvelles normes plus strictes entrées en vigueur le 8 juillet dernier.
Du coup, le Japon, qui avait connu une période « zéro nucléaire », malgré un parc de 50 unités, de mai à juillet 2012, va se retrouver à partir d’aujourd’hui dans la même situation, alors que les réacteurs nucléaires du pays fournissaient environ un quart de la production électrique du pays avant le drame de Fukushima. Si les compagnies parviennent néanmoins à fournir assez d’électricité sans qu’aucun ne fonctionne, c’est qu’elles font turbiner à plein régime des centrales thermiques – dont une partie ont même été réactivées spécialement – et que les consommateurs font des économies.
Cette situation ne satisfait toutefois nullement le gouvernement actuel ni les industriels, car la facture d’importation d’hydrocarbures a explosé et le déficit commercial s’est creusé. Pourtant, aucun réacteur nucléaire ne peut redémarrer tant que l’autorité nucléaire – statutairement indépendante – ne s’est pas prononcée sur sa sûreté. Plusieurs dossiers sont en cours d’évaluation, mais des travaux sont prévus dans toutes les centrales pour que les équipements soient mis en conformité avec les nouvelles normes imposées par l’autorité elle-même, tant vis-à-vis des catastrophes naturelles que des actions terroristes.
Les organisations antinucléaires et une partie de la population aimeraient au contraire que l’arrêt des centrales soit définitif, puisque la situation actuelle prouve selon elles que le Japon peut se passer de l’atome. Beaucoup, tel le gouverneur de la préfecture de Niigata, qui héberge la plus importante centrale du Japon, estiment en outre que le pays ne doit pas réautoriser l’exploitation de réacteurs tant que n’est pas résolu l’accident de Fukushima provoqué par le tsunami du 11 mars 2011.
(Source : AFP)


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