Selon le rapport de la Cnuced, l’expansion du commerce mondial est quasiment au point mort, son volume ayant progressé de moins de 2 % en 2012.
Passant en revue les tendances de l’économie mondiale, le rapport de la Cnuced note que la croissance de la production mondiale, qui avait déjà ralenti de 4,1 % en 2010 à 2,8 % en 2011 puis à 2,2 % en 2012, ne devrait pas se redresser en 2013 et pourrait même encore ralentir. En revanche, le rapport prévoit que les pays en développement (PED) obtiendront des taux de croissance analogues à ceux de 2012 (+4,5 %) et resteront donc les principaux moteurs de la croissance économique, contribuant pour environ deux tiers à l’accroissement de la production mondiale en 2013.
L’étude, sous-titrée « S’adapter à la nouvelle dynamique de l’économie mondiale », indique que les pays développés doivent agir plus résolument pour remédier aux causes fondamentales de la crise en s’attaquant à l’augmentation des inégalités de revenus, au rôle économique déclinant de l’État et au rôle prédominant du secteur financier, faiblement réglementé.
Les PED et les pays en transition, dont la croissance repose sur les exportations, doivent revoir leurs stratégies de développement et s’appuyer davantage sur la demande intérieure et régionale. « L’expansion du commerce mondial est quasiment au point mort, son volume ayant progressé de moins de 2 % en 2012 et au cours des premiers mois de 2013, à cause de la mollesse de l’activité économique dans les pays développés », a indiqué M. Khafif. Selon lui, cette tendance souligne les vulnérabilités auxquelles les PED continuent de faire face à un moment où la croissance dans les pays développés est faible. « Ainsi, si les PED pouvaient passer à une stratégie accordant un rôle prononcé à la croissance de la demande intérieure, cela réduirait leur dépendance et pourrait se traduire par une ouverture réciproque des marchés de ces pays, favorisant le commerce régional et le commerce Sud-Sud », a-t-il poursuivi, citant le rapport.
Vers des investissements productifs
Un autre grand point du rapport que souligne l’économiste concerne le système financier mondial, « qui n’oriente pas le crédit vers l’investissement productif ». L’étude indique que pour soutenir ce type d’action, il faudrait augmenter le financement à long terme de l’industrie, de l’agriculture, des services et des infrastructures. « Le crédit a trop souvent été orienté vers la consommation plutôt que vers l’investissement, contribuant ainsi au gonflement des bulles d’actifs, dans le secteur immobilier notamment », a affirmé M. Khafif. Le rapport préconise ainsi une attitude prudente et sélective à l’égard des flux de capitaux étrangers. Selon le rapport de la Cnuced, ces capitaux étrangers ont eu tendance à entraîner une instabilité macroéconomique, une appréciation de la monnaie et des investissements spéculatifs. Il est donc recommandé que les Banques centrales voient leur mandat étendu et, à travers une politique du crédit, s’employent davantage à stimuler l’investissement. « Elles devraient encourager ou obliger les banques à accorder plus de prêts pour financer l’investissement productif en finançant directement des entreprises non financières, en refinançant de manière sélective des prêts commerciaux à des taux préférentiels ou en exonérant certains types de prêts bancaires », a indiqué l’économiste.
En conclusion, la Cnuced appelle à l’instauration de politiques coordonnées et centrées sur la demande, qui verraient les pays excédentaires appliquer des mesures de relance plus vigoureuses, tandis qu’aucun pays n’adopterait de politiques restrictives. « Cela donnerait de meilleurs résultats du point de vue de la croissance, de la répartition des revenus, de l’emploi et du rééquilibrage mondial », a assuré M. Khafif. « Les PED, quant à eux, auraient encore la possibilité d’améliorer leurs résultats économiques en menant une politique de relance coordonnée. Le renforcement de la coopération régionale et du commerce Sud-Sud pourrait dès lors constituer un aspect important des stratégies de développement de ces pays », a-t-il conclu.

