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Nos lecteurs ont la parole

Les lecteurs ont voix au chapitre

Finies les vacances
De retour d’une de ces îles grecques paradisiaques qui attirent la moitié de la planète, on développe un sentiment de pure frustration. Pourquoi pas nous ? Le même soleil ardent baigne nos plages, la même Méditerranée lèche nos côtes, et pourtant...
Quel est leur secret ? Il se résume en deux mots, propreté et sécurité. L’étendue bleue bordant leurs plages ne contient aucun des déchets qui polluent notre eau, et les siestes des touristes ne sont nullement troublées par des rumeurs de voiture piégée. On circule d’ailleurs à pied entre des maisons étincelantes de blancheur, et des ruelles propres et briquées à souhait. Les nuits ne sont écourtées que par des fêtes et des soirées prolongées, et non point par des cauchemars d’attaque-éclair et autres massacres organisés .
Vous me direz : on a la vie qu’on peut. Bien sûr, mais il n’est pas interdit de rêver d’un futur qui verra déferler une manne de touristes avides de nos vieilles pierres surchauffées.
Allons, courage, c’est bientôt la rentrée.

Dolly TALHAMÉ

Les ministres les mieux payés
Avec le vide créé par la démission d’un cabinet qui ne fait qu’expédier les affaires courantes ou urgentes, et en attendant la formation d’un autre gouvernement, il serait utile de raconter cette histoire comme inspirée de notre situation sociopolitique actuelle. Il était une fois un roi qui voulait aller aux champignons. Il appela son météorologue et lui demanda le temps qu’il ferait pour les heures suivantes. L’homme le rassura en lui affirmant qu’il pouvait aller tranquillement aux champignons car pas de pluie. Sur le chemin, il rencontra un paysan monté sur son âne qui, en voyant le roi, lui dit : « Sire, il vaudrait mieux que vous rebroussiez chemin car il va beaucoup pleuvoir dans peu de temps. » Bien sûr, le roi continua en pensant : « Comment ce type peut-il être mieux informé que mon spécialiste très bien payé et qui vient de me dire le contraire ? » Il poursuivit donc son chemin et, bien entendu, il plut à torrents. Furieux, le roi retourna au palais et congédia son météorologue. Il manda le paysan et lui offrit le poste, mais le paysan refusa : « Seigneur, je ne suis pas celui qui comprend quelque chose dans ces affaires de météo ni de climat, mais je sais que si les oreilles de mon âne sont baissées, alors ça signifie qu’il va pleuvoir. » Le roi embaucha alors... l’âne.
Et à bon entendeur salut.

Antoine SABBAGHA

Bipolaire ? Non, juste fou
Quand je scrolle mon Facebook, que je vois les photos, que je lis les posts, les articles et les journaux, et que je zappe sur les chaînes de télé libanaises, j’assiste les yeux écarquillés à des : concerts magnifiques/attentats hideux, talk-shows houleux/music show délirants, feux d’artifice/rafales de tirs, tuxedos et robes glamour/chemises noirs et treillis, mariages euphoriques/funérailles de sang, sea, sex & sun/feu, sueur et sang, jubilation/horreur, luxe/dénuement, string/ burka, fanatisme/libéralisme, érudition/obscurantisme, euphorie/dépression, excitation/apathie, désinhibition/intolérance, colère/exaltation, délire de mégalomanie et/ou de persécution...
Pas de doute, le pays a des troubles bipolaires ! « Un diagnostic psychiatrique décrivant une catégorie de troubles de l’humeur définie par la fluctuation anormale de l’humeur oscillant de périodes d’euphorie marquée (manie) à des périodes de dépression, ou caractérisé par un état maniaque sans alternance de phases. » (Wikipedia)
En phase de manie – période d’euphorie –, l’individu (suivez mon regard) peut faire des gestes dangereux pour lui et pour les autres. Aïe !
On m’a dit : maniaco-dépressif ou bipolaire... Un siècle plus tôt, on aurait juste dit fou.

Diala El-YAFI

Quelle intervention ?
L’utilisation récente de l’arme chimique par le pouvoir syrien ayant fait plus d’un millier de victimes innocentes a choqué le monde entier. Soit. Mais depuis le déclenchement de la guerre en Syrie (qui a causé plus de cent mille morts et des millions d’exilés, sans parler de la destruction quasi totale de plusieurs villes), on se demande pourquoi le Conseil de sécurité n’a pas agi à temps afin de dénoncer les tueries atroces, les viols et les tortures qu’a subis le peuple, ces actes inhumains qui défient les règles de la moralité. Fallait-il attendre l’utilisation de l’arme chimique pour que l’Occident et l’Europe se réveillent ? Espérons qu’avec le recul pris par le président Obama, la rencontre des représentants de Genève 2 débouchera sur une solution politique et globale. S’engager sur la voie de la logique diplomatique permettra d’éviter l’embrasement. La situation est hautement explosive dans un Moyen-Orient marqué, dirait-on, par un destin cruel. Dans le cas contraire et si les pourparlers de Genève venaient à échouer, nous appréhendons que l’option militaire ne soit mise à exécution comme unique moyen de venir à bout d’un régime qui viole les normes internationales, et l’amener à les respecter et à les appliquer en temps de guerre, car l’utilisation de l’arme chimique, dans le contexte actuel, pourra atteindre et mettre en danger tous les pays voisins de la Syrie

Hilda DADOURIAN

Une cour de sages ?
C’est le temps de la rentrée scolaire. Les élèves entament la nouvelle année munis de tablettes, livres, cahiers et fournitures diverses. Les parents accompagnent le processus pédagogique en conseillant leurs enfants sur la conduite à suivre. Il y a pourtant un espace d’apprentissage d’un genre nouveau. Il vient d’être inauguré pour une équipe internationale d’élites spécialisées en « contrôle de situations extrêmes ». L’objectif est de former des personnes hautement qualifiées politiquement pour leur permettre de gérer efficacement des tensions émotionnelles extrêmes. On y enseigne spécifiquement : l’observation ciblée, l’écoute, la réflexion, le respect des différences entre les hommes avant l’expression du mot choisi à la bonne place, et l’installation du silence marquant le non-dit. La phase finale s’achèverait par un simple feu vert ou rouge, indiquant la permission de se présenter comme candidat aux plus hautes responsabilités de son pays et en particulier à la direction d’une nation. Les cours théoriques ne font pas partie du cursus. Les urgences dues à tant de mauvaises décisions ne laisseront place qu’aux exercices pratiques proposés. Ils serviront à tester, évaluer les capacités, faiblesses, blocages, paniques des personnalités concernées...
Un seul prérequis qui pourrait provoquer chez certains participants le refus de s’inscrire : en cas d’échec, les nom et prénom de l’apprenti aux manœuvres nécessaires et essentielles face aux crises de guerre éventuelle devraient être annoncés publiquement.
Devra-t-on attendre la résurrection des grands philosophes grecs et arabes pour que l’heure de la cour des sages sonne à nouveau ? Ou bien ne doit-il nous rester que la récréation balbutiante et chaotique des « grands » ?

Joe ACOURY
Finies les vacancesDe retour d’une de ces îles grecques paradisiaques qui attirent la moitié de la planète, on développe un sentiment de pure frustration. Pourquoi pas nous ? Le même soleil ardent baigne nos plages, la même Méditerranée lèche nos côtes, et pourtant...Quel est leur secret ? Il se résume en deux mots, propreté et sécurité. L’étendue bleue bordant leurs plages ne contient aucun des déchets qui polluent notre eau, et les siestes des touristes ne sont nullement troublées par des rumeurs de voiture piégée. On circule d’ailleurs à pied entre des maisons étincelantes de blancheur, et des ruelles propres et briquées à souhait. Les nuits ne sont écourtées que par des fêtes et des soirées prolongées, et non point par des cauchemars d’attaque-éclair et autres massacres organisés .Vous me...
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