L’accolade entre le patriarche maronite et M. Siniora, hier, à Bkerké, sous les yeux des députés du Futur. Photo Émile Eid
M. Siniora, qui s’est rendu hier à Bkerké à la tête d’une délégation formée des députés Khodr Habib, Nabil de Freige, Hady Hobeiche, Ahmad Fatfat et Atef Majdalani, ainsi que du conseiller du député Saad Hariri, Mohammad Chatah, a mis l’accent sur la nécessité de former au plus vite un nouveau gouvernement à même de s’occuper des soucis des citoyens, formation « qui serait accompagnée simultanément d’une reprise du dialogue interlibanais pour régler les questions qui divisent ».
M. Siniora et la délégation ont été reçus durant plus de deux heures par le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, et les évêques Boulos Sayyah et Samir Mazloum. L’occasion de procéder à un tour d’horizon de la situation, tant au plan local que régional. Le patriarche a ensuite retenu tout le monde à déjeuner.
« La balle est désormais dans le camp du président de la République et du Premier ministre désigné afin de trouver un moyen de régler cette question de formation du cabinet, en fonction de la proposition présentée par le chef de l’État. L’on retournerait ainsi à l’idée qui était proposée par le passé, à savoir celle d’un cabinet de non-partisans qui gérerait le pays, de sorte qu’il n’y ait pas une partie qui soit représentée et l’autre qui ne le soit pas. Toutes les parties ne seraient pas représentées, mais toutes accorderaient leur confiance à ce cabinet et aideraient le navire de la gestion de l’État à arriver à bon port », a indiqué M. Siniora.
« Certains ne se rendent pas compte de la quantité de dangers et de maux qui proviennent de ces circonstances difficiles à l’échelle régionale que subissent les Libanais. Nous entendons tous les jours les doléances de la part des Libanais et les appréhensions nées en partie de ce qui se produit en Syrie, et en partie des développements aux plans économique, social, administratif et sécuritaire au Liban. Nous ne pouvons plus nous taire. Cette situation porte désormais atteinte à la vie des citoyens, à la situation économique et à la stabilité financière et monétaire du pays. Cela ne peut pas continuer éternellement », a souligné le chef du bloc du Futur.
M. Siniora a par ailleurs estimé que le patriarche Raï « soutient la voie qui conduirait à la formation d’un cabinet dans les plus brefs délais ».
Signalons par ailleurs que le patriarche maronite doit se rendre aujourd’hui en Roumanie pour une visite durant laquelle il doit rencontrer une série d’officiels, dont le chef de l’État roumain. Mgr Raï inaugurera par ailleurs l’église Saint-Charbel, dont il avait posé la première pierre en septembre 2010, alors qu’il était encore archevêque de Jbeil.


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