Ali Shamkhani, ex-ministre de la Défense, a été nommé hier secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, en remplacement de Saïd Jalili. Photo AFP
« (...) Notre gouvernement (...) tentera (...) de faire avancer les négociations avec rationalité et des arguments », a ajouté M. Rohani, dont le pays est accusé malgré ses démentis de chercher à se doter de l’arme nucléaire. « L’Occident doit comprendre qu’il n’obtiendra aucun résultat par les menaces et les pressions », a encore souligné M. Rohani. Depuis 2012, l’AIEA tente de trouver un accord pour vérifier ses soupçons sur un possible volet militaire du programme nucléaire iranien. Élu en juin, M. Rohani avait promis un « changement » en politique étrangère, en disant vouloir mener des « négociations sérieuses sans perte de temps » avec les grandes puissances sur le nucléaire et qu’il était prêt à « plus de transparence ». Mais dans le même temps, il avait refusé de céder sur les « droits indéniables » de l’Iran, au centre des inquiétudes des Occidentaux qui ont imposé des sanctions économiques sévères à Téhéran.
« Dans les négociations, les deux parties doivent avoir deux objectifs communs. Le premier est de garantir le caractère pacifique du programme nucléaire, qui est l’objectif de l’Occident mais aussi le nôtre », a expliqué pour sa part le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif. Le second « doit être l’application du droit de l’Iran à l’enrichissement d’uranium sur le territoire iranien avec plus de transparence et dans le cadre des règles » de l’AIEA, a-t-il ajouté. « Nous pensons pouvoir parvenir à une solution médiane et sommes prêts à une totale coopération. Nous espérons que c’est aussi le cas de l’autre partie », a conclu M. Zarif.
Soucieux de négocier un allègement des sanctions, M. Rohani a pris une série de décisions montrant qu’il souhaitait une nouvelle approche dans les discussions avec les Occidentaux. Il a ainsi chargé M. Zarif, un de ses proches, des négociations nucléaires, nommé un diplomate de carrière, Reza Najafi, pour remplacer Ali Asghar Soltanieh comme ambassadeur auprès de l’AIEA, et Ali Akbar Salehi, ex-chef de la diplomatie connu pour son pragmatisme, à la tête de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique. Hier, il a désigné Ali Shamkhani, ex-ministre de la Défense, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, en remplacement de Saïd Jalili, un ultraconservateur qui était chargé des négociations nucléaires.
En outre, M. Zarif doit rencontrer fin septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton et s’entretenir avec son homologue français Laurent Fabius, une première rencontre bilatérale à ce niveau depuis deux ans.
(Source : AFP)

