Le fameux « Coup de tête » de Zidane à Materazzi.
La double statue évoquant le geste violent de «Zizou» lors de la finale France-Italie du Mondial de football 2006 «est un peu le symbole d’un conflit par la suite pacifié comme tous les rapports de couple. Car entre Italie et France, il s’agit bien de ce type de rapports, de liens très étroits», explique à l’AFP-TV Alessandro Romanini, codirecteur de l’exposition.
La sculpture exposée récemment pendant trois mois sur la place du centre Georges Pompidou (Beaubourg) à Paris n’est qu’en transit en Italie puisqu’elle partira ensuite pour Doha au Qatar, où elle sera vedette d’une exposition en octobre.
L’exposition de Pietrasanta, qui fait se croiser les œuvres de Français comme Yves Klein, César ou Arman avec des Italiens comme Michelangelo Pistoletto ou Maurizio Cattelan et d’autres célébrités comme l’Italienne vivant à Los Angeles Vanessa Beecroft ou le Grec basé à Rome Jannis Kounellis, a essaimé un peu partout dans le centre. Notamment dans la magnifique église Sant’Agostino et son cloître.
L’idée est d’un va-et-vient incessant entre les deux pays et les deux cultures.
À côté de stars confirmées, une place de choix est également réservée à de jeunes espoirs de l’art contemporain aussi bien sur le versant italien (Rossela Bisciotti) que français (Camille Henrot, récemment récompensée du Lion d’argent à la 55e Biennale de Venise).
Juste après le Coup de tête d’Abdessemed, «monument dédié à la défaite qui se veut aussi un appel à éviter de reproduire ce genre d’événements», le parcours co-imaginé par M. Romanini prévoit une «pacification » à travers une immense table-miroir de Pistoletto reprenant les contours de la mer Méditerranée, œuvre intitulée Love Difference – Mar
Mediterraneo.
Cette table et les chaises qui symbolisent les pays se faisant face «invitent à aimer les différences vues comme un instrument de richesse, et surtout une invitation à utiliser l’art et la culture de la Méditerranée pour unir les peuples de cette partie du monde», souligne M. Romanini.
L’exposition cherche aussi à «encourager les réflexions sur les politiques culturelles des deux pays» qui, selon M. Romanini, ont en commun de «mettre l’accent sur l’art et la culture pas seulement pour améliorer la qualité de vie des citoyens, mais aussi pour promouvoir le développement du pays y compris sur le plan
économique».
Pietrasanta entend ainsi confirmer sa vocation de ville-écrin pour les artistes du monde entier, attirés par la proximité des carrières de marbre de Carrare et par la présence de moult laboratoires et ateliers datant parfois de l’époque de Michelange.
Pour illustrer cette forte volonté de démocratisation de la culture à Pietrasanta qui abrite aussi un extraordinaire musée des Ébauches (Museo dei Bozzetti), l’exposition «L’Innocence du réel», ouverte au public et est totalement gratuite.


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