Réagissant à l’éditorial de Charles Ayoub, au titre saillant de « Grand voleur », le ministre Daouk a adressé hier deux lettres respectives au président de l’ordre de la presse, Mohammad Baalbacki, et au président de l’ordre des journalistes, Élias Aoun, les invitant à « prendre les mesures nécessaires et légales à l’encontre du rédacteur en chef d’ad-Diyar, Charles Ayoub, pour avoir publié de fausses informations contre le président Nagib Mikati, et indépendamment de l’action judiciaire qu’entamera ce dernier ». « Ces accusations font la honte du journalisme libre et honorable », a-t-il ajouté, soulignant que « ce que nous avons pu lire porte atteinte à la liberté d’expression que nous sommes soucieux de protéger (...) et se rapproche du journalisme à sensation autant qu’il s’écarte du caractère sacré du message médiatique ». Le ministre a déploré l’usage des médias comme « moyen d’incitation à de provocation, et comme support pour des insultes et des accusations viles, sous le couvert de la liberté de presse ». Le ministre Daouk a également contacté le ministre sortant de la Justice, Chakib Cortbaoui, le priant de prendre les mesures nécessaires pour faciliter, d’une manière générale, la procédure judiciaire devant le tribunal des imprimés, comme il avait été convenu lors de la dernière réunion entre les deux ministres.
En réponse à la lettre du ministre de l’Information, Mohammad Baalbacki a rappelé que « la liberté d’expression et d’opinion n’a pas pour enjeu de paver la voie aux atteintes à la dignité des citoyens ». Il a estimé nécessaire de « signaler à nos collègues journalistes l’importance d’éviter tout ce qui est susceptible de dénaturer la liberté d’opinion ».
De son côté, Élias Aoun est revenu sur la vocation des médias en faveur de la liberté, « l’une des assises de notre nation », avant de réaffirmer « le refus par ces mêmes médias de devenir des plateformes d’informations diffamatoires et de règlements de comptes personnels ». Il a révélé quil entreprend des efforts pour « la tenue d’une réunion urgente du Conseil supérieur de la presse pour étudier la teneur de la lettre du ministre Daouk ».


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