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Sport - Olympisme

Les six hommes qui rêvent d’être le prochain maître des anneaux

Après avoir confié à Tokyo les Jeux de 2020 et remis la lutte sous les anneaux, le grand conclave olympique s’achève aujourd’hui à Buenos Aires avec le choix du successeur de Jacques Rogge à la présidence. Dans les hautes sphères sportives, c’est l’élection dont on parle depuis des mois. Il faut dire que dans les derniers 40 ans, le CIO n’a changé de patron que deux fois.
Six hommes se verraient bien à la barre de l’instance suprême du mouvement sportif, mais un seul nom revient inlassablement dans les pronostics : Thomas Bach, le patron du Comité olympique allemand.
La question qui attise les discussions est de savoir si cet avocat et homme d’affaires, bientôt sexagénaire, sortira bien vainqueur du scrutin prévu à 13h00 (heure de Beyrouth). Avec six candidats et 94 électeurs au départ, il est peu probable que l’affaire soit réglée en un tour, sauf plébiscite.
Pour l’Allemand comme pour les cinq autres prétendants, le roi du saut à la perche Sergueï Bubka, le banquier portoricain Richard Carrion, le diplomate singapourien Ng Ser Miang, le Suisse Denis Oswald et le Taïwanais Ching-Kuo Wu, respectivement présidents des Fédérations internationales d’aviron et de boxe, il s’agira de ne pas récolter le plus faible nombre de voix, synonyme d’élimination directe.
Avec un candidat mis hors course à chaque tour tant que la majorité absolue n’est pas atteinte, les reports peuvent réserver des surprises. La fumée blanche est attendue avant 17h, et c’est Jacques Rogge lui-même qui annoncera le nom du neuvième patron de l’Olympe à 17h30.

Thomas Bach, le favori (allemand, né le 23 décembre 1953)
Le président du Comité olympique allemand passe depuis longtemps pour le futur patron de l’Olympe, depuis trop longtemps peut-être pour ne pas agacer certains de ses pairs. L’ancien escrimeur, sacré au fleuret par équipes aux Jeux de Montréal en 1976, fut le premier à ouvrir officiellement le bal des prétendants en mai. Parfaitement trilingue, doté d’une grande expérience au sein du CIO dont il est l’un des vice-présidents, Thomas Bach a de fait les compétences requises pour le poste. Son mot d’ordre : plus de souplesse dans les procédures de candidatures pour les JO comme dans le programme olympique. Parmi ses multiples activités, cet avocat et homme d’affaires, qui a travaillé notamment pour Adidas et Siemens, dirige la Chambre de commerce et d’industrie germano-arabe. Favori, il l’est et le sait. Mais il garde en mémoire le camouflet dans la bataille pour les Jeux d’hiver de 2018 subi par Munich, qu’il défendait.

Sergueï Bubka, la légende de la perche (ukrainien, né le 4 décembre 1963)
Côté palmarès, aucun autre candidat ne peut rivaliser avec la légende de la perche, qui a fait rêver les foules en devenant le premier homme à franchir 6 m. Si le CIO veut une icône du sport pour patron, Bubka est le candidat idéal, lui qui a poussé la barre toujours plus haut et détient toujours le record du monde (6,14 m, 6,15 m en salle). Mais le champion olympique de Séoul et sextuple champion du monde électrise bien moins un auditoire qu’un stade. Si sa jeunesse et son énergie sont ses meilleurs atouts face à cinq candidats déjà – ou presque – sexagénaires, plusieurs estiment qu’il peut encore attendre. L’Ukrainien, qui s’est reconverti dans les affaires, connaît bien les deux piliers du mouvement olympique, pour être le
président du Comité olympique ukrainien et le vice-président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF).

Richard Carrion, le banquier philanthrope (portoricain, né le 26 novembre 1952)
Le CIO doit beaucoup à ce banquier portoricain, président de sa commission des finances, qui lui a permis de décrocher le juteux contrat de 4,38 milliards de dollars avec la chaîne américaine NBC pour l’exclusivité des droits télé des Jeux aux États-Unis jusqu’en 2020. À l’heure où les institutions sportives tiennent plus de la multinationale que de l’association de bénévoles, ses talents d’homme d’affaires jouent en sa faveur. Mais le PDG de Popular Inc – une institution financière américaine – entend surtout mettre le sport au service de l’humanité, le voyant comme un moyen de réduire les inégalités. Son plus gros défaut : il est le seul des six à n’avoir jamais été athlète de haut niveau.

Ng Ser Miang, le diplomate (singapourien, né le 6 avril 1949)
Cet ancien compétiteur en voile est à la fois un grand entrepreneur (patron d’une chaîne de supermarchés à Singapour) et un diplomate (actuel ambassadeur non permanent de Singapour en Norvège). Toujours jovial, apprécié pour son extrême gentillesse, Ng Ser Miang pourrait bien devenir le premier Asiatique à diriger le CIO, ce qui permettrait à l’institution d’approcher les défis sous une autre perspective, selon lui. En pilotant les tout premiers Jeux de la jeunesse, chers au président Jacques Rogge, qui ont eu lieu dans la cité-État en 2010, le Singapourien a gagné en notoriété au sein de l’Olympe, dont il est l’un des vice-présidents.

Denis Oswald, le professeur émérite (suisse, né le 9 mai 1947)
Si l’élection ne se jouait qu’au mérite, le président de la Fédération internationale d’aviron (FISA) aurait de grandes chances de l’emporter. Mais Denis Oswald n’est pas un adepte des jeux de coulisses. Médaillé de bronze en aviron aux Jeux de Mexico en 1968, il est resté attaché à son sport, dont il est le patron depuis près de 25 ans. Surtout, cet avocat et professeur de droit polyglotte affiche un impressionnant CV dans le milieu sportif dans lequel il s’est investi à tous les niveaux. Passé par toutes les principales commissions du CIO, il a notamment dirigé la commission de coordination des Jeux d’Athènes en 2004, puis de Londres en 2012. Certains le voyaient bien à la tête de l’Agence mondiale antidopage (AMA), mais le Suisse a préféré se lancer dans la course à la présidence du CIO, avec des idées franches à défendre.

Ching-Kuo Wu, l’architecte (taïwanais, né le 18 octobre 1946)
Joueur de basket-ball dans sa jeunesse, Ching-Kuo Wu dirige depuis 2006 la Fédération internationale de boxe amateur (AIBA). Elle lui doit d’avoir mis un terme à la corruption et poussé pour l’introduction de la boxe féminine aux Jeux, qui a vu le sacre de ses trois premières championnes olympiques à Londres l’an dernier. Cet architecte réputé, aux manières élégantes, est tellement inspiré par l’olympisme qu’il a construit trois musées qui lui sont dédiés, dont le dernier en date a été inauguré en Chine en avril. Ching-Kuo Wu a prévenu que sa présidence se limiterait à un seul mandat de huit ans, suffisant pour mettre en œuvre sa vision, dans laquelle la lutte contre le dopage et les compétitions truquées sont une priorité.
(Sources : agences)
Après avoir confié à Tokyo les Jeux de 2020 et remis la lutte sous les anneaux, le grand conclave olympique s’achève aujourd’hui à Buenos Aires avec le choix du successeur de Jacques Rogge à la présidence. Dans les hautes sphères sportives, c’est l’élection dont on parle depuis des mois. Il faut dire que dans les derniers 40 ans, le CIO n’a changé de patron que deux fois.Six hommes se verraient bien à la barre de l’instance suprême du mouvement sportif, mais un seul nom revient inlassablement dans les pronostics : Thomas Bach, le patron du Comité olympique allemand.La question qui attise les discussions est de savoir si cet avocat et homme d’affaires, bientôt sexagénaire, sortira bien vainqueur du scrutin prévu à 13h00 (heure de Beyrouth). Avec six candidats et 94 électeurs au départ, il est peu probable...
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