Selon des sources du Courant patriotique libre (CPL), citées par l’agence al-Markaziya, cette rencontre s’inscrit dans la lignée de la dernière réunion entre les deux hommes le 2 juillet dernier. Elle devait se produire au lendemain du congé du Fitr. Cependant, le diplomate saoudien a prolongé ses vacances en Arabie, ce qui aurait retardé l’entretien. Les deux parties ont poursuivi le débat initié entre elles, procédant à un tour d’horizon des derniers développements, notamment pour ce qui a trait aux dossiers de la formation du cabinet et de la frappe occidentale prévue sur la Syrie. Les sources du CPL ont fait état de « signaux positifs envoyés par l’Arabie, à travers son ambassade à Beyrouth, au général Aoun, et qui ne peuvent être accueillis qu’avec encore plus d’ouverture et d’attitude positive, ce que fait le général Aoun depuis que ces signaux se sont confirmés ». « Pour empêcher toutes sortes d’interprétations, le général Aoun élargit le panel de ses contacts avec les différentes forces politiques, notamment le courant du Futur, en vertu de l’importance de son rôle et de ce qu’il représente aux plans populaire et parlementaire, sans toutefois changer d’alliances. Il est convaincu que le Liban ne peut être gouverné que par l’équilibre et la participation de tous. Le soutien de la résistance et sa protection n’empêchent donc pas l’ouverture sur l’Arabie saoudite et les sunnites, à l’instar de l’ouverture sur l’Iran et la Syrie », ajoutent ces sources.
Ces mêmes sources soulignent que « le général Aoun a abandonné toutes ses réserves à l’encontre de l’ancien Premier ministre Saad Hariri et qu’il est disposé à tourner la page avec le courant du Futur dans le but d’immuniser le Liban, de préserver sa stabilité et de mettre fin à la crise politique et sécuritaire. Cependant, malgré cela, les efforts n’ont jusqu’à présent pas débouché sur un retour à la normale entre le CPL et le courant du Futur en dépit des efforts déployés dans ce sens ». Elles ajoutent enfin que le chef du CPL « n’a jamais dit qu’il ne souhaiterait pas se rendre en Arabie saoudite » et que « si une invitation lui est adressée, il est prêt à l’accepter, dans la mesure où Riyad commence à saisir la valeur, la présence et l’efficacité de l’influence du CPL sur la scène chrétienne ».
Gemayel multiplie ses contacts pour Maaloula
L’ambassadeur d’Arabie a par ailleurs été reçu par le chef du parti Kataëb, l’ancien président de la République Amine Gemayel, avec qui il a évoqué les derniers développements sur la scène locale, régionale et syrienne en particulier, notamment les préparatifs pour la frappe occidentale sur le régime syrien. L’occasion pour M. Gemayel de condamner l’interpellation par le Hezbollah la semaine dernière d’un convoi diplomatique saoudien dans les rues de Beyrouth.
Le chef du parti Kataëb a par ailleurs multiplié les contacts hier, notamment avec le sous-secrétaire général de l’ONU pour les Affaires politiques, Jeffrey Feltman, et le représentant personnel du secrétaire général de l’ONU à Beyrouth, Derek Plumbly, ainsi qu’avec le nonce apostolique et les ambassadeurs de France, de Grande-
Bretagne et des États-Unis, pour « mettre fin à l’attaque contre le village chrétien de Maaloula en Syrie et assurer le retrait des miliciens dans les plus brefs délais ». M. Gemayel a exprimé sa « crainte qu’une telle agression ne noie la Syrie dans davantage de violences sectaires, ce qui ébranlerait la détermination de la communauté internationale sur le dossier syrien ».


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