Né en Irlande du Nord, il est l’auteur d’une œuvre poétique considérable en 12 volumes mêlant l’évocation sensuelle de la nature et de la culture celtique à la violence politique de l’île Emeraude.
Selon le communiqué de la famille publié par l’intermédiaire de son éditeur Faber and Faber, le poète a succombé après une courte maladie.
Parmi ses ouvrages figurent Death of a Naturalist («Mort d’un naturaliste»), publié en 1966, The Spirit Level («L’Étrange et le connu», dans la version française), District and Circle, ainsi qu’une traduction remarquée du vieux poème épique anglo-saxon Beowulf.
Aîné d’une famille de neuf enfants, Seamus Heaney a vu le jour le 13 avril 1939 dans une ferme à Mossbawn, dans le comté de Londonderry, et sa poésie traduisait la nostalgie d’une enfance campagnarde, avec ses paysages et ses odeurs.
Il a été le poète irlandais le plus célébré depuis William Butler Yeats, prix Nobel de littérature 1923. Né l’année même du décès de Yeats, il est mort à Dublin près de la maison où ce même Yeats avait vu le jour.
Très tôt reconnu, Seamus Heaney, qui avait appris le gaélique, a été professeur de poésie à Oxford et a occupé la chaire de rhétorique et d’éloquence à Harvard.
Le comité Nobel, en lui décernant son prix de littérature, avait salué «une œuvre de beauté lyrique et de profondeur éthique, qui exalte les miracles du quotidien et le passé vivant».
«Pour nous, Seamus Heaney était le gardien de la langue, de nos codes, de l’essence du peuple», a déclaré le Premier ministre irlandais, Enda Kenny.
Né au milieu des tensions entre catholiques et protestants dans une province divisée, Heaney avait quitté l’Irlande du Nord en 1972, au plus fort du conflit entre les deux communautés. À l’époque, un journal protestant de Belfast avait salué le départ «du célèbre propagandiste papiste Seamus Heaney».
Il s’était d’abord installé dans les monts de Wicklow avant de gagner Dublin.
Quand un éditeur de Londres avait demandé à publier ses œuvres dans une anthologie de la poésie britannique, il avait aussitôt répondu: «Ne soyez pas surpris que je m’y oppose. Mon passeport est vert (couleur de l’Irlande) et chez nous on n’a jamais bu à la santé de la reine.»


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine