Interrogé sur l’initiative lancée au cours du week-end par le président de la Chambre, Nabih Berry, qui a appelé le chef de l’État à convoquer l’ensemble des protagonistes à une session de dialogue de cinq jours pour former un gouvernement, mettre au point un projet de loi électorale et débattre de la stratégie défensive, Ammar Houry, député de Beyrouth, s’est employé à enlever tout crédit à cette initiative.
« Il y a, a-t-il expliqué, une grande différence entre cette initiative et la déclaration de Baabda. Celle-ci stipule la neutralité du Liban alors que M. Berry propose autre chose. Jusqu’ici, le président de la Chambre n’est pas parvenu à se libérer du problème du Hezbollah et de ses armes. Ainsi, il prévoit dans son initiative une présence exclusive de l’armée et de la résistance à la frontière (méridionale), mais la résolution 1701 stipule que c’est l’armée libanaise et la Finul, seules, qui peuvent être déployées au sud du Litani ».
Quant à la résistance, elle « ne résiste plus que contre l’État, la légalité et la stabilité au Liban », a-t-il souligné.
Et d’ajouter : « La déclaration de Baabda est fondée sur la Constitution. Nous y sommes favorables et nous insistons pour qu’elle soit au cœur de la déclaration ministérielle du nouveau gouvernement. Elle est d’ordre stratégique alors que l’initiative de M. Berry n’est que tactique. »
De plus, a-t-il dit, cette initiative est de nature à « confisquer les prérogatives du président de la République et du Premier ministre désigné » dans ce qui a trait au processus de formation du gouvernement.
Henry Hélou, député de Aley, a souligné de son côté la nécessité de mettre en place un gouvernement sur la base de la formule des « trois 8 » (huit ministres pour le 14 Mars, huit pour le 8 Mars et huit pour les centristes) « ou toute autre formule pouvant déboucher sur le même résultat ».
« Rester dans le vide actuel ferait du Liban le pays des “trois zéros” : zéro sécuritaire, zéro économique et zéro social », a ajouté M. Hélou, appelant l’ensemble de la classe politique à « prendre conscience de la situation dangereuse à laquelle est parvenu le Liban à tous les niveaux. »
« Partant de là, il faut trouver une plate-forme commune pour former un gouvernement qui assure un minimum de protection pour le pays dans la phase présente », a-t-il dit.
Député de Zahlé et membre du bloc des Forces libanaises, Chant Djandjian a fait état de « la disposition des FL de participer au dialogue dans le cadre de la mise en œuvre de la déclaration de Baabda et rien d’autre ».
« Nous allons faire face à toute tentative d’installer le vide dans l’État parce que nous n’avons pas d’alternative à l’État », a-t-il ajouté. Sur ce point, « le discours du chef des FL, Samir Geagea (dimanche dernier) montre bien que la présidence de la République n’est pas abandonnée et que personne ne pourra en dernière seconde imposer un fait accompli sur ce plan ».
Amine Wehbé, député de la Békaa-Ouest, a souligné quant à lui qu’un retrait du Hezbollah de Syrie est un prélude nécessaire pour faciliter le reste.
Enfin, Élie Mahfouz, chef du mouvement du Changement, a dit « attendre avec impatience le prochain discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah », pour voir comment ce dernier « va relater aux habitants de la banlieue sud l’histoire du régime des Assad qui tue à Roueiss comme à Tripoli ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine