terrain ?
Que reste-t-il de la crédibilité des politiciens quand elle est réduite à l’attentisme? Dépassés par la crise, les événements, la machine infernale des voleurs criminels, de corps innocents, ils existent surtout en images télévisées et paroles stériles.
Où se situent donc l’islam du prophète Mohammad et le christianisme du Christ dans ce contexte de violence pour promouvoir l’urgente action, profonde, conciliatrice, durable entre tous les frères afin de cerner le sens véritable du monothéisme ? Sommes-nous encore, entre nous et face à Dieu, des fils fidèles ou des traîtres ?
Le message divin spécifiquement arabe de l’islam implique l’appel indissociable à la miséricorde, la culture de l’apprentissage de la vie entre les individus, et particulièrement de la coexistence, aujourd’hui dramatiquement menacée par les faiseurs et manipulateurs de fanatismes, destructeurs des civilisations.
Qu’adviendra-t-il du chrétien dont le chemin est de suivre la voie du Christ par l’amour de Dieu et du prochain ?
De quelles valeurs et perspectives constructives se dotent des vues partisanes politiques pour soutenir et éclairer leurs adhérents alors que l’Évangile demeure une lumière de la conscience peu utilisée ? Cependant, l’enseignement particulier de l’Église perdure, limité aux discours religieux et aux orientations quotidiennes de certains gens sincères. Il a tant besoin d’être reconnu comme la politique salvatrice de tout chrétien, faute de mieux.
Où sont-ils ces comportements de « responsables », censés inspirer des actions bienveillantes ? Celles qui répondent à la perplexité et l’angoisse du Libanais ? Le déchirement et la dérive accélérés du monde arabe vers les tensions, les conflits, l’insécurité et la violence menacent ce qui reste de la cohabitation humaine chez eux et dans notre pays.
D’autres cherchent à définir leur identité à travers des appartenances diverses – affichées ou latentes – et l’expectative face aux événements dans la région.
Quelle place reste-t-il pour cette poignée de participants aux initiatives privées, ouverts et courageux ? Ils se démènent remarquablement pour les besoins du citoyen démuni de tout. Est-ce que le bénévolat se limite à éteindre les feux, nettoyer les décombres, reconstruire murs et habitats, ou bien devrait-il passer à un degré supérieur ? Celui qui pousserait les bonnes âmes à alléger la souffrance des familles de victimes lors des drames et attentats, réveiller une solidarité véritablement publique par les initiatives personnelles de la jeunesse et initier un ordre politique nouveau où les fonctions du cœur, du bon sens, du comportement pragmatique devraient être ce bouclier nécessaire pour effacer les séquelles de la catastrophique expérience vécue.
Si nous, Libanais, décidons de détourner notre regard de la triste réalité de notre dégringolade, nous contentant d’attendre Godot, alors cette fosse où finissent les morts d’hier ne ressemblerait-elle pas à celle des morts-vivants d’aujourd’hui ?
Joe ACOURY


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve