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Liban - Sécurité

Les motocyclistes ne sont pas toujours fautifs sur les routes

Un convoi de motards a été organisé afin de promouvoir la sécurité routière pour les deux-roues, un an après le décès tragique de Habib Chamat.

De gauche à droite, Céline Chamat, la mère, les frères, le père de Habib Chamat, Eddy Nehmé, Ziad Akl et un membre de Wing Riders.

Le 15 août 2012, Habib Chamat fait ses adieux à ses deux filles et à sa femme Céline avant de partir, comme tous les jours, au travail. À peine en route à bord de sa moto, le jeune homme est renversé par une voiture. Il est mort sur le coup. Sa famille se bat depuis devant les tribunaux afin que justice soit faite, surtout qu’il a été victime d’un chauffard qui roulait à tombeau ouvert.
Un an après cet événement tragique, la veuve de ce père de famille organise un convoi commémoratif, dont le but est avant tout d’attirer l’attention des conducteurs sur l’importance du respect des règlements de la route. « Habib Chamat a toujours respecté le code de la route », insiste son épouse, Céline.
Une partie de la famille et des amis du jeune homme ainsi qu’une douzaine de membres de clubs de motos enfourchent leurs deux-roues à Zalka où le point de rassemblement est organisé. Les pare-brises des voitures qui les suivent affichent des slogans qui appuient leur cause : « Si tu possèdes une voiture, tu ne possèdes pas la route. » « Laissez-moi en vie, faites attention à moi quand vous conduisez ! » est un autre slogan qui figure sur les autocollants et les petits drapeaux dont sont équipés les participants.
Le convoi traverse plusieurs villages du Metn, dont Mansourieh, où l’accident mortel s’était produit. Il continue ensuite sa route, en passant par Broummana, Baabdate, Bickfaya pour arriver à Dbayé, où une conférence de presse clôt l’événement.
Tous les participants sont d’accord sur le fait que les automobilistes se comportent de façon irrespectueuse, surtout vis-à-vis des motocyclistes, « comme si la route leur appartenait ».
Il est vrai que sur les routes, de nombreux motocyclistes conduisent au mépris des règles les plus élémentaires de sécurité, mais tous ne doivent pas être mis dans le même sac, d’autant que les automobilistes ne sont pas, pour la plupart, respectueux du code de la route.
Ziad Akl, fondateur de l’organisation YASA, se bat depuis 20 ans pour plus de sécurité routière. Il indique que « l’on enregistre plus de 1 000 morts par an sur les routes du Liban ». « La situation ne s’améliorera pas tant que les responsables des accidents ne sont pas sanctionnés », insiste-t-il. Son association réclame plus de rigueur dans le suivi en justice des coupables. Elle organise des séminaires auprès des autorités afin que la police soit plus stricte par rapport aux infractions au code de la route. Parallèlement, la YASA travaille sur la sensibilisation des conducteurs. « L’un ne va pas sans l’autre », explique M. Akl. En effet, le manque de sanctions favorise une situation dans laquelle les accidents de voitures sont presque banalisés. « Même ceux qui causent des accidents mortels ne se sentent aucunement coupables. On observe au Liban un véritable manque de morale », ajoute Céline Chamat.
Mais les progrès pour améliorer la situation ne se font qu’à un rythme très lent. Ziad Akl relève que « la sécurité routière n’est en ce moment pas la priorité du gouvernement ». Pour l’instant, la YASA a du moins réussi à engager un dialogue au sujet du changement de la structure routière.
Une partie de la responsabilité revient tout autant aux conducteurs eux-mêmes. Ainsi, la condition pour pouvoir participer au convoi était de porter un casque. « Ceci n’est pas évident au Liban », indique Eddy Nehmé, président de Wing Riders, organisation qui regroupe aujourd’hui plus de 500 motocyclistes. La douzaine de motards qui participent à l’action font partie d’ailleurs de cette association qui n’accepte dans son cercle que les conducteurs respectueux – et respectables. « Nous voulons donner le bon exemple », poursuit-il. Si une partie des motards ne se conforme pas aux lois, cela ne veut pas dire pour autant que tous ne sont pas dignes de respect. »
Trois mois après l’accident mortel, Céline Chamat avait commencé à se battre pour plus de justice pour les motocyclistes. Sur un plus grand plan, elle prévoit la mise en place d’une ONG qui assurera un soutien psychologique aux victimes d’accident de la route. « Trop souvent, on oublie ces victimes. La situation ne pourra s’améliorer que si l’on commémore ceux qui ont laissé leurs vies et si l’on soutient ceux qui en souffrent », conclut-t-elle.
Durant son parcours, le convoi s’était arrêté à Mansourieh, à l’endroit même où l’accident mortel s’était produit. La famille Chamat, ses proches et la communauté de motocyclistes posent une fleur à l’endroit de l’accident. Puis la dizaine de motocyclistes, suivis de quelques voitures, continuent leur chemin, lentement mais sûrement.

Le 15 août 2012, Habib Chamat fait ses adieux à ses deux filles et à sa femme Céline avant de partir, comme tous les jours, au travail. À peine en route à bord de sa moto, le jeune homme est renversé par une voiture. Il est mort sur le coup. Sa famille se bat depuis devant les tribunaux afin que justice soit faite, surtout qu’il a été victime d’un chauffard qui roulait à tombeau...

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