Un documentaire, spécial Liban, va rassembler un soir tous ces nouveaux Martiens d’origine libanaise. Ils vont scruter dans le temps les conjonctures qui déclenchent des événements au niveau national, les statures des hommes « d’État », les influences diverses : orientales, occidentales et internationales qui ont pesé sur chaque grain de décision locale. Même la face d’une terre rouge va devenir pâle à force d’avoir été foulée, bafouée par des individus, des personnalités, des politiciens, des artistes, des hauts responsables affichant un individualisme banal et un opportunisme flagrant.
La scène finale montre une république de pure forme en quête de reconnaissance, ingouvernable, menacée par des forteresses partisanes aigries. L’ignorance du cloisonnement et le côté superficiel à en devenir écœurant de tous ces hommes et femmes seraient le fléau le plus grave, faute d’avoir perçu et cru aux valeurs véritablement humaines, dépouillées de tout fard.
Elles méritent qu’on les clame et les défende pour ensuite appartenir à la communauté des hommes.
Un seul commentaire cinglant sera exprimé par ce jeune. Il vient de voir et de découvrir en image ce jadis beau pays. Il dira : « Vivre l’esprit ailleurs, dans la Lune ou sur une autre planète, qui nous aurait rendus moins acharnés à transformer le beau en laid, la richesse culturelle en crises entre les fils d’Abraham, le droit en abus, l’héritage de nos pères en une mémoire figée sans le zeste d’un nécessaire apprentissage. »
Le prix de notre sauvegarde serait-il de regarder ailleurs, avant la désolation, le dégoût et le départ final ? Ou bien serait-il enfin temps de redéfinir l’identité du citoyen ? Ainsi, pour devenir libanais, il faudrait consacrer en parole, en action, en famille, à l’école, dans chaque structure de l’État la suprématie du respect pragmatique quotidien de la valeur humaine comme une alliée indissociable à toutes les croyances.
Sauvons l’homme avant de perdre la nation dans le chaos. Ce cri du cœur est à l’adresse de ceux qui formeraient le prochain gouvernement.
Joe ACOURY


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