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Liban - Société

Malgré les tensions, l’Institut français de Tripoli maintient le cap

Étienne Louÿs, directeur de l’Institut français de Tripoli (IFT), refuse de se laisser impressionner par les rumeurs qui hantent Tripoli depuis les événements de juin 2013.

L’Institut français de Tripoli continue d’accomplir sa mission d’échange culturel.

La ville de Tripoli est, avec ses 500 000 habitants, la seconde ville au Liban. Mais plus qu’aucune autre agglomération, elle subit les tensions qui rôdent dans le pays et secouent régulièrement la ville. Ainsi, les derniers conflits armés, fin juin, entre les alaouites du quartier de Baal Mohsen et les sunnites de Bab el-Tebbané n’ont fait qu’aggraver une situation déjà précaire. Il reste que le directeur de l’Institut français de Tripoli, Étienne Louÿs, tente contre vents et marées de maintenir une vie culturelle active.
« Nous avons dû annuler nombre de manifestations suite à des problèmes sécuritaires », explique M. Louÿs. Lorsque les conflits éclatent fin juin, il ne ferme pourtant ses portes que pour un après-midi. « Nous sommes là », est le message que veut promouvoir le directeur de l’IF, l’une des neuf implantations de la Mission culturelle française au Liban.
Des cours de langue, la projection régulière de films, et des expositions continuent à attirer l’attention d’un public majoritairement libanais. L’Institut travaille en outre avec les écoles françaises de la région ainsi qu’avec plusieurs organisations locales. Quant à la médiathèque, elle rassemble nombre d’œuvres francophones toujours accessibles aux Tripolitains et est vivement fréquentée. La mission de l’Institut est effectivement de développer les activités françaises au Liban et de promouvoir l’échange, même à l’ombre d’une situation sécuritaire tendue.

Un appel au jusqu’au-boutisme
« Le climat d’insécurité se perpétue depuis un an environ, et ne risque pas de s’estomper dans le proche futur », estime M. Louÿs. « Même s’il y a moins de spectateurs, l’Institut continue de vivre et maintient le cap », poursuit-il. Loin de freiner les projets de l’établissement, les tensions semblent être ici plutôt perçues comme un appel au jusqu’au-boutisme. La contrainte latente d’éventuels conflits devient une raison pour renforcer son activité. Ainsi, un grand projet dédié à la ville de Tripoli est prévu pour octobre. « Tripoli vue par... » rassemblera une multitude d’événements autour de la réflexion sur ce lieu ambivalent. Un concours de photo, un atelier d’écriture et la production d’un court-métrage feront l’objet d’une coopération avec la population locale. Le résultat sera présenté, parmi d’autres petits projets, lors de l’événement qui se déroulera dans un climat convivial, comme l’espère l’équipe.
La Fondation Safadi, qui coopère régulièrement avec l’IFT, observe elle aussi « des difficultés causées par la situation sécuritaire, dans la mesure où de nombreux partenaires sont contraints d’annuler ou de reporter les activités culturelles ». Mais Riad Alameddine, directeur général de l’organisation, reste persuadé que « la majorité de la population tripolitaine aime la joie et refuse le combat ».
C’est ce qu’observe aussi Étienne Louÿs, qui a réalisé en 2011 un CD, en coopération avec différentes écoles de la région. Le ton des chansons est « grave » mais ne manque pas d’espoir. Le texte et la musique du disque Jouer et Respirer ont été rédigés par les écoliers et finalement enregistrés en coopération avec le musicien Hervé Démon. L’on y entend : « Loin des combats, je peux penser à l’avenir, chanter et dessiner, rire et sourire ». Le divertissement redonne espoir, et ainsi, comme l’exprime M. Louÿs, le « programme ne cessera pas ». L’échange culturel semble intouchable.

 

M.B.

La ville de Tripoli est, avec ses 500 000 habitants, la seconde ville au Liban. Mais plus qu’aucune autre agglomération, elle subit les tensions qui rôdent dans le pays et secouent régulièrement la ville. Ainsi, les derniers conflits armés, fin juin, entre les alaouites du quartier de Baal Mohsen et les sunnites de Bab el-Tebbané n’ont fait qu’aggraver une situation déjà précaire....
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