« Fontaine aux poissons » de Folon.
En France, il reste avant tout le créateur de ce générique d’ouverture et de fermeture de l’ex « Antenne 2 », où des bonshommes bleus coiffés d’un chapeau s’envolaient dans le ciel sur un air mélancolique de hautbois...
Les vingt-cinq sculptures présentées à Cannes, issues de la collection personnelle des galeristes et collectionneurs belges Linda et Guy Pieters, ont pour ambition de faire découvrir une œuvre sculptée méconnue.
« Son œuvre, qui se veut universelle, n’en demeure pas moins inconnue du grand public », constate Frédéric Ballester, directeur du centre d’art La Malmaison , à Cannes (qui expose tout l’été une centaine de dessins de nus de Picasso).
« Depuis sa disparition, à l’automne 2005, nous gardons de lui l’image d’un homme au sourire émerveillé, au visage de sage, rayonnant et rempli d’humanité », souligne-t-il.
Folon, qui a terminé sa vie sur les bords de la Méditerranée, rêvait d’une exposition à Cannes, se souvient Frédéric Ballester qui l’a souvent croisé.
L’œuvre graphique de l’artiste belge s’était muée en trois dimensions tardivement, la cinquantaine venue. L’esthétique tranquille de ses sculptures éclôt un peu à contre-courant, au moment de la déferlante des installations et performances multimédia dans les années 80.
Le parc de l’ancienne demeure Art déco de Jean-Gabriel Domergue (1889-1962) dessinée par le peintre mondain, qui abrite tous les ans les délibérations du jury du Festival de Cannes, constitue un écrin parfait. Sa femme, sculptrice, Odette Maugendre, avait conçu l’admirable jardin méditerranéen en terrasse et les bassins de la propriété.
On y découvre les pieds dans l’eau, la Fontaine aux poissons, un bonhomme de Folon les bras chargés de poissons, ou cet autre personnage en bronze, impassible sous son chapeau portant une valise en forme d’oiseau.
Le monde imaginaire et méditatif du sculpteur, très inspiré des personnages de ses aquarelles et affiches, est aussi peuplé de formes hybrides comme dans sa série intitulée « Les pensées ». Ici, des personnages nous font face avec une tête en forme de cuillère, de point d’interrogation, de chat, de guitare ou de flamme. Ironie et mystère au rendez-vous.


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