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Économie - Matières Premières

Offensive générale contre le stockage spéculatif d’aluminium

Le stockage spéculatif d’aluminium fait l’objet d’une offensive générale depuis les États-Unis, où les autorités ont lancé une enquête, jusqu’en Europe, où la Bourse des métaux London Metal Exchange (LME) s’attaque à ce problème.
D’énormes stocks d’aluminium (5,45 millions de tonnes), principalement entreposés à Detroit aux États-Unis (1,46 million) et à Vlissingen aux Pays-Bas (2,07 millions) dans des entrepôts agréés par le LME, faussent le marché de ce métal léger en créant une distorsion des prix.
En effet, les entrepôts n’ayant pour obligation de livrer qu’un minimum de métal chaque jour, les propriétaires doivent attendre de longs mois pour récupérer leur aluminium (et s’acquitter des frais de stockage) ou bien payer une prime pour l’obtenir immédiatement.
« Par exemple, pour une livraison immédiate d’aluminium dans le Midwest des États-Unis, vous devez actuellement payer une prime représentant environ 12 % du prix sur le LME », a regretté début juillet sur son blog Charles Li, le directeur général de la Bourse de Hong Kong, qui a racheté le LME l’année dernière.
Pour tenter d’éradiquer ce problème qui mine sa crédibilité, le LME a lancé le 1er juillet une consultation de trois mois sur un changement des règles de livraison : il propose d’obliger les entrepôts où les délais d’attente dépassent 100 jours à livrer plus de métal qu’ils n’en reçoivent chaque jour, afin d’empêcher toute nouvelle accumulation de stocks.
« L’impact final sur le marché est incertain jusqu’à ce que la consultation soit terminée (...) mais il n’y a aucun doute que c’est l’un des plus importants développements sur le marché des métaux du LME depuis longtemps », ont jugé les analystes de Macquarie.
Pour d’autres experts toutefois, les actions en cours aux États-Unis pourraient avoir un effet plus radical sur ce problème, les institutions financières concernées n’ayant pas envie de voir leur réputation ternie.
Selon le Wall Street Journal de lundi, l’agence fédérale américaine CFTC, qui a autorité sur les contrats de matières premières, a ainsi lancé une enquête pour déterminer si des banques ont agi pour manipuler les prix de l’aluminium.
Plusieurs poursuites ont également été lancées la semaine dernière par des groupes utilisateurs d’aluminium contre plusieurs acteurs du secteur, dont le LME, la banque Goldman Sachs (propriétaire de l’entrepôt de Detroit) ou encore le courtier de matières premières Glencore (propriétaire de celui de Vlissingen).
Les plaignants les accusent notamment d’orchestrer intentionnellement les retards en déplaçant l’aluminium d’un entrepôt à l’autre au lieu de livrer les entreprises consommatrices.
Une accusation taxée d’« inexacte » par Goldman Sachs, qui précise que ce sont les propriétaires du métal qui choisissent de récupérer ou de déplacer leur métal.
« Il faut noter que la plupart du métal bloqué n’est pas réclamé par des utilisateurs industriels, mais par des investisseurs financiers qui le déplacent d’un entrepôt à l’autre pour bénéficier d’un loyer moins élevé », a abondé Charles Li, sur son blog.
Mais s’il est vrai que peu d’entreprises consommatrices se fournissent directement sur le LME, puisqu’il s’agit d’un marché de dernier ressort, toutes subissent l’effet des primes de livraison, celles-ci se répercutant sur l’ensemble du marché de l’aluminium.
Selon le brasseur américain MillerCoors, les prix de l’aluminium auraient ainsi été gonflés de 3 milliards de dollars l’année dernière au niveau mondial, un coût supporté par les producteurs de canettes et in fine par les consommateurs.
Le stockage d’aluminium est devenu une activité hautement lucrative depuis l’éclatement de la crise financière en 2008 : les prix de l’aluminium se sont tellement effondrés que les producteurs préférèrent stocker leur métal plutôt que de le vendre à perte, occasionnant un triplement des stocks entre l’été 2008 et l’été 2009.
L’environnement de taux d’intérêt très bas et le fait que l’aluminium pour livraison dans quelques mois vaut plus cher que celui au comptant ont fait le reste, permettant d’engranger des profits juteux et peu risqués grâce au simple stockage du métal.
(Source : AFP)
Le stockage spéculatif d’aluminium fait l’objet d’une offensive générale depuis les États-Unis, où les autorités ont lancé une enquête, jusqu’en Europe, où la Bourse des métaux London Metal Exchange (LME) s’attaque à ce problème.D’énormes stocks d’aluminium (5,45 millions de tonnes), principalement entreposés à Detroit aux États-Unis (1,46 million) et à Vlissingen aux Pays-Bas (2,07 millions) dans des entrepôts agréés par le LME, faussent le marché de ce métal léger en créant une distorsion des prix.En effet, les entrepôts n’ayant pour obligation de livrer qu’un minimum de métal chaque jour, les propriétaires doivent attendre de longs mois pour récupérer leur aluminium (et s’acquitter des frais de stockage) ou bien payer une prime pour l’obtenir immédiatement.« Par exemple, pour une...
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