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Liban

Entre un gouvernement « neutre » et de « partenariat », le clivage reste entier

Après le long congé de la fête du Fitr, la classe politique, dans son ensemble et dans ses différentes composantes, se soucie désormais de la formation d’un nouveau gouvernement. 14 et 8 Mars ont multiplié hier les déclarations sur ce sujet, mais pour les premiers, le gouvernement doit être neutre afin d’assurer un minimum de sécurité aux Libanais et parer en quelque sorte au plus urgent, c’est-à-dire éviter le vide au niveau de l’exécutif, alors que pour les autres, il faut un gouvernement politique capable de prendre des décisions radicales de nature à épargner au Liban les affres de la discorde confessionnelle. On pourrait de prime abord croire que ces positions peuvent se rapprocher et que les divergences sont minimes. Il n’en est rien, sous les mots qui paraissent familiers se cache une division profonde.
Marwan Hamadé s’est ainsi prononcé en faveur d’un gouvernement équilibré, loin des partis, capable de prendre des décisions importantes et d’assurer une couverture politique à l’armée. Selon lui, un cabinet formé des chefs de file politiques serait paralysé par ses propres contradictions et constituerait une façon de transposer les conflits actuels au sein du Conseil des ministres où l’on verrait se multiplier les barricades. En même temps, il a tiré la sonnette d’alarme sur l’urgence d’agir car, selon lui, les fonctionnaires pourraient bientôt ne plus avoir leurs salaires et le Parlement pourrait être totalement paralysé, sans parler de l’armée à laquelle il souhaite d’être le plus présente possible sur le terrain.
Même son de cloche chez le député Ammar Houri qui a estimé que la situation qui s’aggrave de jour en jour, notamment depuis l’enlèvement des deux pilotes turcs, exige plus que jamais la formation d’un gouvernement. Selon lui, le cabinet ne devrait constituer un défi pour aucune des parties en présence et bénéficier au contraire du respect de tous. Il a estimé qu’il faut agir au plus vite, notamment pour décider d’activer un autre aéroport, le contrôle du Hezbollah sur la route qui mène vers l’AIB constituant un grand danger et soulevant beaucoup d’interrogations.
Le député Mohammad Hajjar a estimé de son côté que la multiplication des incidents sécuritaires ces derniers jours constitue des messages politiques de la part du 8 Mars qui se résument ainsi : « Il est interdit de former un cabinet avec lequel nous ne sommes pas d’accord, sinon ce sera le chaos. »
Selon lui, ces incidents visent à empêcher le Premier ministre désigné de former un gouvernement neutre, chargé de se pencher sur les problèmes des citoyens. Il a aussi invité l’armée à frapper d’une main de fer les auteurs de l’embuscade de Laboué et d’assurer la sécurité sur la route de l’aéroport.
Dans le camp adverse, le ministre de la Culture Gaby Layoun et le député Farid el-Khazen ont tous deux rejeté l’idée d’un gouvernement neutre. Le premier a estimé que le fait de lancer cette idée est une manœuvre politique pour tester la réaction du CPL et de ses alliés, d’autant que l’appellation « neutre » est un gros mensonge, puisque les ministres seront à l’image des blocs parlementaires qui leur accorderont leur confiance. M. Layoun s’est ensuite demandé : « Quelle position adopterait un ministre neutre face aux questions vitales ? » Pour Farid el-Khazen, l’idée d’un gouvernement neutre est irréaliste en cette période de crise, d’autant qu’un tel gouvernement, dans une telle période, devient comme une équipe chargée de gérer les affaires courantes, avec la seule différence qu’elle a la confiance du Parlement. Selon lui, il faut au contraire former un gouvernement politique, appuyé par les forces politiques pour être en mesure de prendre des décisions importantes. Il a encore ajouté que le fait de lancer de telles idées vise à écarter du gouvernement des forces importantes comme Amal et le Hezbollah.
Pour les députés du bloc du Développement et de la Libération (Berry), il est essentiel de former un gouvernement « de partenariat national et politique », qui regrouperait toutes les parties afin qu’il puisse relever les graves défis qui guettent actuellement le Liban. Ce son de cloche a été répercuté par Kassem Hachem, Ali Khreiss, Michel Moussa et Hani Kobeissy. Pour ces députés, l’étape actuelle – avec l’exacerbation des tensions confessionnelles – exige un accord entre toutes les parties politiques en faveur d’un gouvernement rassembleur et qui serait donc en mesure d’apaiser la rue. Hani Kobeissy a ajouté que le Liban est en danger et il a évoqué à cet égard l’agression israélienne dans le secteur de Labbouné, estimant que « l’ennemi israélien guette la situation intérieure libanaise pour prendre sa revanche sur la défaite de 2006. C’est pourquoi, les Libanais doivent s’entendre et faire front commun à travers un gouvernement de partenariat national... ».
Après le long congé de la fête du Fitr, la classe politique, dans son ensemble et dans ses différentes composantes, se soucie désormais de la formation d’un nouveau gouvernement. 14 et 8 Mars ont multiplié hier les déclarations sur ce sujet, mais pour les premiers, le gouvernement doit être neutre afin d’assurer un minimum de sécurité aux Libanais et parer en quelque sorte au plus urgent, c’est-à-dire éviter le vide au niveau de l’exécutif, alors que pour les autres, il faut un gouvernement politique capable de prendre des décisions radicales de nature à épargner au Liban les affres de la discorde confessionnelle. On pourrait de prime abord croire que ces positions peuvent se rapprocher et que les divergences sont minimes. Il n’en est rien, sous les mots qui paraissent familiers se cache une division...
commentaires (1)

un gouvernement neutre, cela n'existe pas surtout au Liban, car tout le monde est pour un mois de mars, ou appartient à une communautée religieuse dépendant d'un parti

Talaat Dominique

10 h 38, le 13 août 2013

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Commentaires (1)

  • un gouvernement neutre, cela n'existe pas surtout au Liban, car tout le monde est pour un mois de mars, ou appartient à une communautée religieuse dépendant d'un parti

    Talaat Dominique

    10 h 38, le 13 août 2013

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