Photo tirée du site trikapalanet-fr.com
« Ce fut un grand choc, confie la jeune femme. Je me voyais déjà me déplaçant avec une canne ou sur une chaise roulante. Je ne m’imaginais pas pouvant mener une vie normale, comme je le fais actuellement. En fait, en plus du traitement, c’est le support psychique des médecins et de la famille qui m’ont aidée à surmonter ma maladie. À cela s’ajoute bien sûr une bonne compréhension de la pathologie. »
Plus de 2,5 millions de personnes dans le monde souffrent de la maladie qui touche trois fois plus les femmes que les hommes et qui apparaît généralement à un âge jeune, entre 20 et 40 ans. Au Liban, on estime que quelque 2 000 personnes ont une SEP.
Maladie auto-immune
Décrite pour la première en 1868 par Jean-Martin Charcot, neurologue français, « la sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune, c’est-à-dire que le système immunitaire attaque les cellules et les tissus sains de l’organisme », explique le Dr Bassem Yammout, neurologue et directeur de la recherche clinique pour la sclérose en plaques au centre médical de l’Université américaine de Beyrouth (AUBMC). « Dans la sclérose en plaques, le système immunitaire attaque la gaine de myéline, c’est-à-dire l’enveloppe qui entoure les fibres nerveuses et qui est responsable de la conduction électrique du flux nerveux, ajoute-t-il, au cours d’une conférence organisée récemment par les laboratoires Novartis sur la sclérose en plaques. La gaine de myéline est donc détruite par endroits, causant des lésions du système nerveux, appelées aussi plaques de démyélinisation, ce qui ralentit ou empêche la conduction électrique de l’influx nerveux. »
Les causes de la sclérose en plaques sont inconnues, « mais nous constatons que la prévalence de la maladie est importante dans les pays qui se situent le plus au nord du globe terrestre comme le Canada, l’Europe du Nord, les États-Unis... », souligne le Dr Yammout. « La prévalence diminue significativement dans les pays qui sont proches de l’Équateur, comme l’Afrique, poursuit-il. Plusieurs théories ont été avancées pour expliquer cette différence dans la prévalence. Selon l’une d’elles, les rayons solaires et la vitamine D protégeraient de la SEP. On évoque aussi le facteur génétique. Les études menées sur la maladie ont montré que la SEP est une combinaison des facteurs génétiques et ceux environnementaux. »
Soutien social et psychologique
La SEP se manifeste d’une manière différente d’une personne à une autre. Les symptômes les plus fréquents restent les troubles visuels, un engourdissement, des fourmillements et/ou une raideur des membres, une perte d’équilibre et des problèmes d’incontinence. À ces symptômes s’ajoutent la fatigue, des difficultés dans la marche, des problèmes de concentration, d’attention et/ou d’anomalies de la parole, des troubles de la mémoire et une perte de sensations sexuelles.
Si la sclérose en plaques n’est pas bien traitée, la maladie évolue rapidement entraînant une paralysie. « Il est important de poser le diagnostic tôt pour retarder le plus possible la détérioration de l’état du patient », insiste le Dr Yammout, indiquant que l’IRM est indispensable pour diagnostiquer la SEP. Une ponction lombaire est également essentielle.
La sclérose en plaques progresse en deux étapes. Au début, le patient a des poussées, c’est-à-dire des à-coups d’attaques neurologiques, qui vont régresser dans la majorité des cas. Dans une deuxième étape, une neurodégénérescence commence à s’installer. « Les spécialistes disposent d’une panoplie de médicaments qui permettent de retarder et parfois même de freiner l’évolution de la maladie », fait remarquer le Dr Yammout, qui souligne enfin l’importance du soutien psychologique et social pour aider les patients.
N. M.


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