Les deux clubs, qui ont confisqué tous les titres de champion depuis neuf ans, ont chacun changé d’entraîneur à l’intersaison – mais pas dans le même contexte.
Le nouveau technicien du Real, l’Italien Carlo Ancelotti (54 ans), est arrivé auréolé de son titre de champion de France avec le Paris Saint-Germain et a promis aux Merengues une « saison de joie » après les orages de l’ère José Mourinho.
À l’inverse, le ciel barcelonais s’est obscurci mi-juillet avec le départ de Tito Vilanova, contraint d’abandonner le banc catalan pour soigner un cancer des glandes salivaires.
L’embauche en urgence de l’Argentin Gerardo « Tata » Martino (50 ans), méconnu en Europe, n’a pas forcément rassuré le camp blaugrana, comblé de trophées depuis cinq ans avec quatre championnats d’Espagne (2009, 2010, 2011, 2013) et deux Ligues des champions (2009, 2011).
Comme peu d’équipes de Liga semblent capables d’empêcher Real et Barça de briguer à nouveau le titre, l’issue de ce duel pourrait dépendre de la rapidité avec laquelle Ancelotti et Martino prendront leurs marques.
Pour « Tata », la clé sera d’entretenir « la faim de victoire » d’une équipe qui a tout gagné, sans pour autant bousculer l’identité de jeu barcelonaise.
Il lui faudra aussi reconstruire une défense souvent privée de sa clef de voûte Carles Puyol (35 ans) et parvenir à faire cohabiter en attaque la star argentine Lionel Messi avec Neymar, nouvelle icône du football brésilien. Le quadruple Ballon d’or, meilleur buteur de la Liga l’an dernier (46 buts), et l’attaquant de la Seleçao, débarqué en Catalogne pour 57 millions d’euros, ont subi cet été leur lot de contrariétés.
Messi et son père ont été mis en examen en juin pour fraude fiscale tandis que Neymar, opéré des amygdales, a connu selon la presse espagnole un problème d’anémie.
Le Real attend la « décima »
Du côté du Real, le défi de « Carletto » (54 ans) sera de raccommoder un vestiaire madrilène déchiré par José Mourinho, en conflit avec plusieurs cadres comme le gardien Iker Casillas ou l’attaquant portugais Cristiano Ronaldo.
L’expérience d’Ancelotti, combinée à l’aura de Zinédine Zidane (41 ans), qui fait ses grands débuts comme entraîneur adjoint, semblent déjà contribuer à un apaisement général.
En outre, la promesse d’un jeu offensif et le recrutement de grands espoirs du football espagnol – Isco, Asier Illarramendi, Dani Carvajal – devraient rendre le sourire au public merengue, qui scrute aussi les tractations autour de la star galloise de Tottenham Gareth Bale pour lequel le Real serait prêt à débourser 100 millions d’euros, selon les médias anglais et espagnols.
Mais pour séduire durablement les supporters, il faudra décrocher enfin la « décima », c’est-à-dire le dixième titre du Real dans la plus prestigieuse des compétitions européennes, plus de onze ans après son dernier sacre en Ligue des champions (2002).
Derrière le Barça et son dauphin madrilène, les poursuivants ne sortent pas forcément renforcés du mercato d’été.
L’Atletico Madrid, troisième, est parvenu à garder son ossature mais a dû laisser filer à Monaco son buteur colombien Falcao, auteur de 52 buts en deux saisons de Liga.
Pour le remplacer, les « Colchoneros » misent sur l’international espagnol David Villa, arrivé de Barcelone avec l’envie de retrouver sa pleine mesure après une longue blessure en 2011-2012.
La Real Sociedad (4e), sans son entraîneur fétiche Philippe Montanier désormais à Rennes, le FC Valence (5e), qui a cédé à Tottenham son meilleur buteur Roberto Soldado, ou le FC Séville (9e) ont tous laissé partir certains de leurs meilleurs éléments.
Quant aux clubs promus, de retour dans l’élite après une année de purgatoire pour Villarreal, deux pour Almeria et près d’un quart de siècle pour Elche, le maintien sera leur ambition première dans une Liga de plus en plus prévisible.
(Source : AFP)


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