Le ministre Charbel a présidé hier le Conseil central de sécurité à Sanayeh.
M. Charbel a présidé hier au ministère une réunion extraordinaire du Conseil central de sécurité sur la situation à Tripoli, en présence des principaux chefs sécuritaires du pays, du procureur général près la Cour de cassation par intérim, Samir Hammoud, et du mohafez du Nord, Nassif Kallouche.
Le ministre a placé cette réunion dans la foulée de la rencontre qui s’était déroulée hier au Sérail avec le Premier ministre Nagib Mikati et certains chefs sécuritaires sur le cas de Tripoli. L’objectif de la réunion d’hier était d’ailleurs de mettre en application un plan établi au cours de la réunion du Sérail.
Il a fait état, dans ce cadre, de nombreuses rumeurs selon lesquelles les incidents reprendraient après les fêtes, ce qui n’a pas été sans créer un certain sentiment d’angoisse chez les habitants de la ville. « Cette réunion vise à rasséréner les habitants et leur dire que les services de sécurité, à commencer par l’armée, ne permettront pas qu’il y ait des atteintes à la sécurité, a déclaré M. Charbel. Les FSI, la Sûreté générale et la Sûreté de l’État coordonnent avec l’armée pour dissiper les doutes implantés par ces rumeurs et faire face à toute tentative visant à porter atteinte à la sécurité. »
Et de poursuivre : « La situation à Tripoli n’est pas rassurante, mais elle est stable. Le calme relatif durant le mois de ramadan a été entamé par quelques conflits de familles à Bab el-Tebbaneh, plus dangereux que d’habitude, dans la mesure où ces querelles ont laissé des répercussions encore plus négatives que les affrontements passés, notamment sur le plan économique, puisque la ville devient presque fantôme la nuit tombée, en raison des rackets contre les établissements commerciaux, des apparitions armées et des incidents sécuritaires itinérants. Il n’est plus permis que 2 ou 3 % de la population prennent en otage 97 % de la ville de Tripoli. »
M. Charbel a ensuite été reçu par le Premier ministre désigné, Tammam Salam, à Mousseitbé, qu’il a tenu au courant du plan préventif mis en place par le Conseil central de sécurité.
Par ailleurs, le secrétaire général du Parti arabe démocratique, Rifaat Ali Eid, a estimé dans un entretien accordé hier à l’agence al-Markaziya que « le problème de Tripoli a été résolu dès qu’il a été traité loin des médias », mais qu’il subsiste encore « des incidents sécuritaires au quotidien ». « La guerre entre Jabal Mohsen et Bab el-Tebbaneh est plus simple que tout ce qui se produit dans la capitale du Nord, notamment les rackets qui visent les habitants de la ville de la part des sunnites », a-t-il dit, en allusion à « la présence de Jabhat al-Nosra et el-Qaëda et beaucoup de takfiristes » dans la ville. « Le feu vert pour le début des échauffourées entre Jabal Mohsen et Bab el-Tebbaneh n’a pas encore été donné, mais les habitants attendent l’heure H. Un petit incident fera exploser toute la région », a-t-il cependant indiqué.
Saïda
À Saïda également, l’armée et les forces de sécurité ont renforcé leurs mesures de sécurité afin de mettre en échec toute tentative de semer le chaos dans la ville durant le congé du Fitr, surtout après l’explosion de Daraya et les cartes saisies sur les lieux, prouvant la volonté des terroristes de frapper certaines cibles, et après le dernier message sur YouTube de cheikh Ahmad el-Assir, qui avait appelé à des rassemblements demain vendredi pour réclamer la libération des détenus à la suite des incidents de Abra.
Selon l’agence al-Markaziya, les services de renseignements de l’armée à Saïda et au Liban-Sud ont placé des dizaines de Libanais, de Palestiniens, de Syriens et de travailleurs arabes sous observation, et ont arrêté mardi soir deux Libanais et un Syrien proches d’Ahmad el-Assir qui se cachaient à Saïda après la fuite du cheikh salafiste.
Selon des sources de Saïda citées par al-Markaziya, un vaste plan de sécurité préventif a été mis en place pour arrêter ceux qui pourraient vouloir porter atteinte à la sécurité. Les mesures de sécurité seront notamment renforcées autour des lieux de culte et près du camp de Aïn el-Héloué, « notamment dans la région de Taamir, autour de Hay el-Taware’, qui est devenu une sorte d’îlot sécuritaire où se retrouvent des centaines de miliciens hors la loi, dont des partisans d’el-Assir, mais aussi des hommes de Jund el-Cham, de Fateh el-Islam et de Jabhat al-Nosra », selon ces sources. Le plan ne se limite pas uniquement à Saïda, mais englobe aussi le Liban-Sud.
C’est dans ce cadre que le mufti de Saïda, Sélim Soussane, et la députée Bahia Hariri ont réitéré au cours d’une réunion hier le souhait de la ville de « miser sur le projet de l’État, la paix et la stabilité », notamment au lendemain des affrontements entre l’armée et les miliciens d’el-Assir.


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