La Russie s’est dit « déçue » de cette décision qu’elle a interprétée comme un refus de Washington de coopérer avec elle « sur un pied d’égalité », tout en se disant toujours prête à travailler avec les États-Unis. Washington n’a pas pour autant fermé la porte à la coopération avec Moscou, disant maintenir la rencontre prévue en fin de semaine dans la capitale fédérale entre les secrétaires d’État et à la Défense américains et leurs homologues russes.
La Maison-Blanche avait laissé planer le doute depuis des semaines sur le maintien de cette rencontre bilatérale préalable au G20 de Saint-Pétersbourg, alors que les relations entre Moscou et Washington se sont fortement détériorées en raison en particulier de l’asile accordé par les Russes à l’Américain Edward Snowden.
« Nous attachons une grande importance aux progrès effectués avec la Russie lors du premier mandat du président (2009-2013), dont le nouveau traité START et la coopération sur l’Afghanistan, l’Iran et la Corée du Nord », a expliqué M. Carney. « Toutefois, étant donné le manque de progrès sur des questions comme la défense antimissile, la prolifération, le commerce, les questions de sécurité et des droits de l’homme ces 12 derniers mois, nous avons informé le gouvernement russe que nous pensions qu’il serait plus constructif de repousser le sommet jusqu’à ce que nous obtenions plus de résultats », a-t-il ajouté. L’expression « ces 12 derniers mois » semble mettre en cause le rôle de M. Poutine, qui a repris les rênes du Kremlin en mai 2012. Les relations américano-russes ont connu depuis un coup de froid notamment en raison du dossier syrien.
La participation de M. Obama au G20 les 5 et 6 septembre n’est pas remise en cause, selon la Maison-Blanche, qui a aussi confirmé, après une annonce de Stockholm, que le président se rendrait en visite officielle en Suède avant d’aller à Saint-Pétersbourg.
Reproches
Mardi, M. Obama avait reproché à la Russie de revenir parfois à « une mentalité de la guerre froide ». « Ce que je dis en permanence (aux responsables russes), ce que je dis au président Poutine, c’est que c’est le passé et que nous devons penser à l’avenir. Et il n’y a pas de raison pour que nous ne puissions pas être en mesure de coopérer plus efficacement que nous ne le faisons », avait-il déclaré lors d’un entretien télévisé.
Pour Steven Pifer, spécialiste de la Russie à l’institut Brookings de Washington, l’annulation d’un sommet d’aussi haut niveau est pour le moins « inhabituelle », mais pas surprenante vu les désaccords persistants entre les deux capitales où l’affaire Snowden ne constituait selon lui qu’un « élément mineur ». Les Américains « ne voyaient pas l’intérêt d’un sommet qui n’aurait pas fait progresser les gros dossiers » comme la sécurité et le commerce, explique cet expert.
Dans l’émission télévisée, The Tonight Show with Jay Leno, le président américain avait aussi critiqué la Russie pour avoir adopté une loi qui réprime la diffusion aux mineurs d’informations sur l’homosexualité. Selon ses détracteurs, cette loi est de nature à renforcer les sentiments hostiles aux homosexuels en Russie. « Je n’ai aucune tolérance pour les pays qui essayent de traiter les personnes qui sont gays, les lesbiennes ou transgenres d’une manière qui les intimide ou qui leur fasse du mal », a déclaré M. Obama, en réponse à une question sur ladite loi.
(Source : AFP)

